COP17 désertification : reconnaître le rôle du pastoralisme dans la gestion durable des écosystèmes

Événement 23 juillet 2026
La COP17 sur la lutte contre la désertification se tiendra du 17 au 28 août 2026 à Oulan-Bator en Mongolie. La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification reconnaît progressivement le rôle du pastoralisme dans la gestion durable des terres. Le CIRAD sera présent à cette COP17 pour appeler à une meilleure reconnaissance des socio-écosystèmes pastoraux, véritable richesse pour la planète.
La Mongolie, terre de pastoralisme, accueille la COP17 dans sa capitale Oulan-Bator, du 17 au 28 août 2026 ©  Tristan Parry Imageo
La Mongolie, terre de pastoralisme, accueille la COP17 dans sa capitale Oulan-Bator, du 17 au 28 août 2026 ©  Tristan Parry Imageo

La Mongolie, terre de pastoralisme, accueille la COP17 dans sa capitale Oulan-Bator, du 17 au 28 août 2026 ©  Tristan Parry Imageo

L’essentiel

  • Les scientifiques du CIRAD seront présents à la COP17 sur la lutte contre la désertification pour défendre une meilleure prise en compte des connaissances scientifiques sur le pastoralisme dans la lutte contre la désertification
  • Le pastoralisme contribue à préserver la biodiversité et à s’adapter au changement climatique, mais les systèmes pastoraux sont aujourd’hui fragilisés par une pression foncière accrue et une dégradation générale des ressources naturelles.
  • Près de 500 millions de personnes dans le monde vivent du pastoralisme, dont 70 % de jeunes et de femmes. 
  • Les parcours comprennent 67 % des points chauds de biodiversité dans le monde et couvrent près de la moitié des terres émergées. 
  • Les pâturages et parcours stockent près d'un tiers du carbone des sols mondiaux

Grâce à leurs pratiques agroécologiques, les sociétés pastorales participent à la durabilité des systèmes alimentaires mondiaux. Cependant, les systèmes pastoraux sont aujourd’hui menacés : les changements climatiques, le déclin de la biodiversité, les pollutions, ou encore la perte des connaissances coutumières et la marginalisation des pasteurs mettent ces systèmes en péril.

Soutenir le pastoralisme lors des conventions de Rio

S’il est reconnu par les Etats à sa juste valeur, le pastoralisme peut jouer un rôle clé pour relever ces défis planétaires. Il représente à la fois une pratique de production agricole, un mode de vie, une solution fondée sur la nature et un socio-écosystème capable de répondre aux crises environnementales en cours. Le pastoralisme est un allié indispensable pour atteindre les objectifs des trois conventions de Rio, avec cette année : la COP17 sur la lutte contre la désertification à Oulan-Bator en Mongolie, la COP17 sur la biodiversité à Erevan en Arménie (18-30 octobre) et la COP31 sur le climat à Antalya en Turquie (9-20 novembre 2026).

Le véritable défi n'est plus de démontrer l'intérêt du pastoralisme pour le climat, la biodiversité ou les terres, pris séparément, mais de reconnaître sa capacité à produire simultanément des co-bénéfices pour les communautés locales, les systèmes alimentaires et les écosystèmes. L'enjeu est de faire de l'approche fondée sur les synergies entre les trois Conventions de Rio le socle des politiques publiques et des investissements futurs, au service des pasteurs et de la gestion durable des parcours.

Jean-Daniel Cesaro
géographe au CIRAD et membre du Comité Scientifique Français de la Désertification

Le CIRAD travaille avec ses partenaires à mieux faire reconnaître ces systèmes pastoraux au niveau international.

Il porte trois axes prioritaires qu’il défendra lors de ces trois COP : 
1.    accompagner les transitions durables dans les territoires pastoraux ;
2.    coproduire des connaissances et des données pour activer des synergies internationales en faveur du pastoralisme ;
3.    renforcer la coopération multi-acteurs et multi-échelles au bénéfice du pastoralisme.

Pour en savoir plus, lire : 

Position Pastoralisme et conventions de Rio

Ré-écouter la conférence "Pastoralisme et défis globaux: terres, climat, biodiversité au cœur des négociations internationales" donnée sur le stand du CIRAD et de l'AFD au Salon international de l'agriculture 2026 :

Le CIRAD à la COP17

Retrouvez sur place à Oulan-Bator en Mongolie, Serena Ferrari, économiste, membre de l’IYRP, International Year of Rangelands and Pastoralists 2026, et Jean-Daniel Cesaro, géographe et membre du Comité Scientifique Français de la Désertification, ainsi que toute l’équipe France (AVSF, CARI, CIRAD, IRD, Association française de pastoralisme, etc.), sur le pavillon France. 

Programme du CIRAD à la COP17

A l’issue de cette COP17, le CIRAD organisera un point presse (pour les journalistes) en ligne le 15 septembre 2026 (10h30-12h) sur « L’année des trois COP : enjeux pour l’agriculture des Suds ». 
Information et inscription : presse@cirad.fr

L’année internationale du pastoralisme

Afin de valoriser le rôle et savoir-faire des pasteurs face aux défis planétaires et faire reconnaître l'importance de ces socio-écosystèmes au sein des trois conventions de Rio, l’année 2026 a été déclarée par les Nations Unies comme l’année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux (IYRP). 

Le CIRAD est mobilisé tout au long de cette année internationale, et participera au Global pastoralist gathering and conference, qui rassemblera 300 délégués de 102 pays en amont de la COP17 à Oulan-Bator. A l’issue de cet événement, des recommandations seront formulées et communiquées à l’ouverture de la COP17 à l’attention des décideurs. 

Le Global Pastoralist Gathering, organisé en amont de la COP17 en Mongolie, marque l'aboutissement d'une mobilisation internationale sans précédente des communautés pastorales et le point de départ d'une Alliance mondiale pour les parcours et les pasteurs. Son ambition est de faire en sorte que la voix des pasteurs continue d'influencer les politiques publiques bien au-delà de l'Année internationale des parcours et des pasteurs. Les pasteurs ne demandent pas seulement à être entendus : ils demandent à être reconnus comme des partenaires à part entière dans la construction d'un avenir plus durable.

Serena Ferrari
économiste au CIRAD, membre de l’International Year of Rangelands and Pastoralists 2026

Le CIRAD porte par ailleurs avec ses partenaires une exposition immersive, « Transhumance 360° », qui emmène les spectateurs au milieu des paysages pastoraux à l'aide de casques de réalité virtuelle. L’exposition, qui a déjà été présentée à plusieurs événements internationaux, sera accessible durant la COP17 sur le stand commun de l’équipe France. 

Découvrir l'exposition Transhumances 360

Les expertes et experts du Cirad ont présenté les enjeux du pastoralisme ainsi que les grands rendez-vous de cette année internationale lors d’un point presse en ligne, disponible en replay.

Des travaux concrets pour soutenir les pasteurs

Le CIRAD travaille avec les pasteurs du monde et ses partenaires pour répondre aux défis auxquels ils font face. 

Son expertise repose sur les résultats de projets de recherche-action menés depuis plusieurs années aux côtés des communautés pastorales, de l'Afrique de l'Ouest à l'Asie centrale, en passant par l'Afrique australe : restauration des terres pilotée par les éleveurs, cohabitation entre bétail et faune sauvage, résilience face aux crises climatiques et sécuritaires, ou encore prospective territoriale transfrontalière.

Cinq terrains, cinq histoires pour raconter le pastoralisme autrement

Cinq de ces terrains font l'objet de fiches d'angle dédiées, mises à disposition des journalistes sur simple demande à presse@cirad.fr :

  • Mongolie : dans le pays hôte de la COP17, les éleveurs dessinent leur avenir
    À quelques mois de la COP17, la Mongolie — près de 77 % de son territoire dégradé — teste ses propres réponses avec ses éleveurs.
  • Mozambique : bétail et faune sauvage : une cohabitation à réinventer
    Aux abords d'un parc national, éleveurs et grands mammifères sauvages doivent apprendre à partager l'eau, les pâturages… et les maladies.
  • Burkina Faso/Togo : une frontière imagine sa transhumance apaisée à l'horizon 2035
    Et si, plutôt que de subir les tensions autour de la transhumance, un territoire transfrontalier écrivait lui-même plusieurs scénarios pour son avenir ?
  • Sénégal : quand les éleveurs pilotent eux-mêmes la reforestation 
    Et si la meilleure façon de restaurer des terres dégradées était de laisser les éleveurs en décider ? 
  • Sahel : le pastoralisme face aux crises climatiques et sécuritaires
    Au Sahel, la résilience des éleveurs se joue aussi sur une carte : celle des pistes de transhumance, des points d'eau et des marchés à bétail. (Voir 10 ans d'action au pastoralisme au Sahel)