Saison 8 Pastoralisme

Pastoralisme

Sous-estimé, parfois considéré comme un relent du passé, le pastoralisme fait pourtant vivre plus de 200 millions de personnes à travers le monde. Face aux crises actuelles, ce mode d’élevage, à la fois souple et résilient, présente des avantages inattendus. Retrouvez nos scientifiques et partenaires dans cette huitième saison de Nourrir le vivant, pour un voyage dans le temps et dans l’espace, au plus près des troupeaux et des humains qui les accompagnent.

Épisode 1 : C'est quoi, le pastoralisme ?

Que sait-on vraiment du pastoralisme, au-delà de nos imaginaires ? Entre l'image romantique du pasteur et de ses brebis, perdu au milieu des montagnes, et celle de l'éleveur de zébus avançant en plein désert, qu'y a-t-il de vrai ? Une chose est sûre : le pastoralisme fait vivre plus de 200 millions de personnes à travers le monde. Un chiffre très élevé pour une activité que l'on pense souvent désuète, peu productive, et peu adaptée aux réalités de notre siècle. Et si on avait tort ? Et si le pastoralisme, loin des idées reçues, était finalement un système extrêmement performant ?

Avec :

  • Véronique Ancey, socio-économiste au CIRAD

Épisode 2 : Lait de chamelle, le nouvel or blanc

L'élevage de chamelles est une activité traditionnelle pour de nombreuses tribus nomades à travers l'Afrique ou l'Asie. Cet animal, qui a besoin de marcher plusieurs kilomètres par jour, est fait pour la transhumance. Mais c'est surtout son lait qui attire aujourd'hui les convoitises : il est très doux, plus digeste que le lait de vache, et vendu parfois à plus de dix euros le litre. Depuis quelques années, Dubaï développe ainsi d'immenses fermes laitières avec des centaines de chamelles en traite. Qu'a-t-il donc de si exceptionnel, ce lait de chamelle ? Et est-ce qu'on pourrait en faire...du fromage ?

Avec :

  • Gaukhar Konuspayeva, professeur de biotechnologie alimentaire à l'université Kazakh Al-Farabi d'Almaty, au Kazakhstan

Épisode 3 : Une jachère en commun

À Diohine, dans l'ouest du Sénégal, certaines terres semblent parfois...vides. Ce sont généralement des espaces laissés en "repos" après une longue période d'activité agricole : une jachère. La jachère de Diohine est à la fois classique et particulière. Elle "tourne" selon une gestion communautaire, avec des fermes qui acceptent de ne pas cultiver une partie de leurs champs pour une période donnée. Cette démarche, traditionnelle pour la région, semble parfois étonnante d'un point de vue extérieur. Au-delà de la solidarité qui se dégage de cette organisation, on s'aperçoit aussi très rapidement que la jachère n'est pas si "vide" que ça. Des pasteurs la traversent pour y faire pâturer leurs troupeaux et laissent la fumure des animaux ré-enrichir les sols.

Avec :

  • Étienne Delay, Géographe au CIRAD

Épisode 4 : Une montagne sous contrat

Dans les Pyrénées, les éleveurs peuvent prétendre à des aides financières de l'Europe pour leurs activités pastorales...à condition de remplir certains objectifs très précis. Or les contrats ont généralement été pensés depuis Bruxelles, par une administration qui connaît mal les contraintes liées au pâturage de montagne. Face à ces textes rigides et conçus pour des exploitations en milieu relativement contrôlé, comment faire valoir le caractère aléatoire de l'élevage de haute montagne ? Entre météo changeante, mobilité des troupeaux et immensité des Pyrénées, peut-on vraiment se soumettre à un contrat ?

Avec :

  • Emmanuelle Cheyns, sociologue au CIRAD

Épisode 5 : Modélisation dans la pampa

Dans les années 2010, l'Uruguay est touché par des épisodes de sécheresse intense. Les éleveurs déplorent alors la hausse de mortalité de leur troupeau ; plusieurs fermes font faillite. La crise est nationale. Étonnamment, certains éleveurs semblent moins impactés. Pour mieux comprendre et offrir des solutions aux producteurs, une équipe de scientifiques franco-uruguayenne développe des modèles informatiques permettant de simuler l'impact des vagues de chaleur sur le bétail. Entre le point de vue des scientifiques et le point de vue des éleveurs, qui a raison ? 

Avec :

  • Pierre Bommel, spécialiste en modélisation participative au CIRAD