Résultats & impact 11 septembre 2026
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Le sorgho, la prochaine céréale ?
Champ de sorgho sur une parcelle expérimentale du CIRAD accueillie à l'UE Diascope (INRAE) à Mauguio, en Occitanie © Y. Sanguine, CIRAD
L’essentiel
- Le sorgho est l’une des céréales les plus résistantes aux chaleurs intenses. Ses rendements sont en dessous de ceux du maïs dans des systèmes à haut intrant, néanmoins le sorgho assure une certaine stabilité de la production en cas de catastrophe climatique.
- Des investissements et des recherches accrues permettraient de combler les lacunes sur cette plante d’avenir et de développer un marché en France et en Europe.
Du 14 au 18 septembre se tient la Global Sorghum Conference, le plus gros évènement scientifique international dédié au sorgho. Montpellier avait accueilli la dernière édition en 2023. C’est désormais le tour de la ville de Lubbock au Texas.
Les recherches et les investissements autour du sorgho s’accélèrent depuis quelques années, et pour cause : la plante est particulièrement résistante face aux manques d’eau, un atout de taille face au réchauffement climatique.
Qu’est-ce que le sorgho ?
C’est la cinquième céréale mondiale en termes de production. Elle fait partie de l’alimentation de base pour plus de 300 millions de personnes, principalement en Afrique. Mais c’est aussi une céréale très utilisée pour l’alimentation animale, sous forme de fourrage notamment. Dans plusieurs pays africains, des paysans valorisent d’ailleurs des variétés de sorgho dites « à double usage », produites à la fois pour l’alimentation humaine et pour le bétail.
Des grains rouges, bruns, blancs, etc. : il existe une grande diversité de couleurs chez le sorgho. Côté taille, en fonction des utilisations, certaines plantes peuvent faire jusqu’à sept mètres de haut, tandis que d’autres stagnent à un mètre. Comme pour le blé, le sorgho présente une longue tige surmontée d’une panicule remplie de grains consommables.
Les avantages du sorgho face au réchauffement climatique
Le sorgho possède un système racinaire très profond, ce qui lui permet d’aller puiser l’eau plus bas que le maïs, par exemple. Il demande aussi moins d’eau et supporte des chaleurs extrêmes. En revanche, le rendement du maïs reste bien supérieur, et ce n’est pas étonnant : « le maïs a bénéficié de dizaines d’années de recherches et de sélection variétale poussée pour obtenir des variétés extrêmement productives », détaille Florentin Pietrus, technicien agricole au CIRAD et responsable d’un site expérimental de sorgho à Mauguio, près de Montpellier. C’est aujourd’hui ce qui manque encore au sorgho : des recherches, des investissements, et du temps.
En France, quelques agriculteurs se sont déjà lancés dans la culture de sorgho. Dans le Gard, des exploitations produisent des grains à destination de l’alimentation animale, sur un mode agroécologique appelé « l’agriculture de conservation ».
En cas de sécheresse intense, et si la première panicule meurt, certaines variétés de sorgho sont capables de reformer une seconde panicule une fois que les conditions climatiques s’améliorent. Une capacité étonnante qui témoigne de la résilience de cette plante, et qui assure aussi aux agriculteurs une stabilité de rendements même en cas de catastrophe climatique. Malgré ces avantages incontestables, Florentin Pietrus reste prudent. « Il n’existe aucune plante miracle, rappelle-t-il. Aucune plante ne peut pousser sans eau ».
Par ailleurs, le sorgho doit encore prouver sa viabilité économique pour les systèmes agricoles français. Au Mali par exemple, la stabilité des rendements et le double usage (alimentation humaine et alimentation animale) des variétés sont parmi les critères déterminants. En France, la filière sorgho pour l’alimentation humaine n’existe pas encore : les cultures de sorgho sont complètement destinées à l’alimentation animale.
Le sorgho pourrait-il un jour faire partie de notre alimentation de base, au même titre que le blé, le maïs ou le soja ?
Pour le CIRAD, le potentiel du sorgho est évident. Au-delà des recherches menées sur les systèmes de culture et sur l’amélioration variétale, menées aux côtés des partenaires scientifiques africains, les équipes du CIRAD travaillent aussi à la transformation agro-alimentaire du sorgho. Au Bénin, un projet de panification de la farine de sorgho a débuté cette année. Pourquoi pas du pain à la farine sorgho en France, d’ici quelques années ?