Après sept ans d'engagement dans la lutte contre les maladies zoonotiques en Afrique, le projet EBO-SURSY livre ses derniers résultats

Résultats & impact 21 juin 2024
Le 19 juin 2024, à Brazzaville, s’est tenu le dernier atelier de restitution du projet EBO-SURSY, à l’attention des partenaires congolais. Cet atelier était organisé par le Cirad et l’OMSA.

Capture d'une chauve-souris dans la grotte de Magweto - Hunrungwe © Angela Jimu

Lancé en 2017 en réponse à l'épidémie de virus Ebola de 2016, le projet EBO-SURSY a été mis en œuvre afin de renforcer les capacités de surveillance épidémiologique des maladies zoonotiques en Afrique, en particulier : les virus Ebola, Marburg, la fièvre de la vallée du Rift, la fièvre de Crimée-Congo, la fièvre de Lassa et les coronavirus. Le projet a étudié ces agents pathogènes, en suivant une approche « Une seule santé », c’est-à-dire à l’interface animal-humain-environnement. En effet, 60 % des maladies infectieuses humaines sont d'origine animale.

En République du Congo, le projet EBO-SURSY, a développé une approche multisectorielle pour améliorer la compréhension des mécanismes d’émergence des maladies zoonotiques. De nombreuses missions de terrain ont été réalisées dans la Cuvette congolaise, le Niari et la Bouenza pour étudier l’écologie des chauves-souris et la circulation des fièvres hémorragiques et des coronavirus en étroite collaboration avec l’université Marien Ngouabi (UMNG), le Laboratoire National de Santé Publique (LNSP) et la Direction Générale de l’élevage (DGE).

Mathieu Bourgarel
Ecologue de la santé & coordinateur de projet pour le Cirad.

Partant du principe que la diffusion des connaissances sur les zoonoses ainsi que le transfert des technologies de diagnostic aux acteurs locaux permettraient d’améliorer la surveillance et la préparation à la riposte, le projet EBO-SURSY était organisé en trois volets :

  1. le renforcement des capacités institutionnelles à travers l’enseignement et la formation ;
  2. la sensibilisation des communautés et des services techniques nationaux sur les risques associés aux maladies zoonotiques ;
  3. le renforcement des protocoles de surveillance au moyen d’études scientifiques de terrain multidisciplinaires et du développement de meilleurs tests de diagnostics.

Renforcement des capacités par l'enseignement et la formation

Pendant la durée du projet, plus de 75 étudiants et professionnels congolais ont été formés, contribuant ainsi à la création d’une « task force » de spécialistes en santé publique, en sciences vétérinaires et environnementales. En plus de ces nombreuses formations techniques et académiques, le projet EBOSURSY a renforcé la capacité des services vétérinaires (DGE) à travers une mission d’évaluation des Performances des Services Vétérinaires (PVS).

Sensibilisation des communautés sur les zoonoses

Au Congo, plus de 200 agents techniques locaux et des représentants des communautés ont été mobilisées à travers des actions de sensibilisation et d'éducation publique, visant à informer les populations locales sur les risques associés aux maladies zoonotiques. Le projet a également conduit à la publication de 12 articles scientifiques sur les travaux réalisés en République du Congo et au développement de 16 outils de sensibilisation adaptés aux contextes locaux, renforçant ainsi la résilience des communautés face aux menaces sanitaires émergentes, comme le jeu sérieux ALERTE et une mallette pédagogique.

Amélioration des protocoles de surveillance des fièvres hémorragiques virales

EBO-SURSY a contribué à élaborer une stratégie de surveillance intégrée sur le Fièvre de la vallée du Rift intégrant l’approche « une seule santé » et impliquant au niveau de la République du Congo, le ministère de la Santé, le ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, et le ministère de l’environnement, du développement durable. Pour renforcer la collaboration intersectorielle, le projet a organisé un atelier technique en partenariat avec l’OMS afin d’élaborer une feuille de route conjointe multisectorielle « une seule santé ».

De plus, de nombreuses données et échantillons ont été collectés sur les sites d’études congolais pour comprendre les dynamiques de transmission des maladies zoonotiques qui sont stockées dans une base de données générale accessible en ligne par les partenaires locaux et le grand public pour centraliser et partager toutes les informations produites par le projet EBOSURSY.

Enfin, des approches participatives ont été déployées pour renforcer l’implication des communautés locales dans les systèmes de surveillance et de détection rapide des émergences des fièvres hémorragiques.

Le projet EBO-SURSY

Le projet EBO-SURSY est une initiative collaborative majeure qui a renforcé les capacités de surveillance épidémiologique des maladies zoonotiques dans dix pays d’Afrique : République du Congo, Côte d’Ivoire, Cameroun, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Gabon, Guinée, Liberia, Sénégal et Sierra Leone. Financé par l'Union européenne à hauteur de 10 millions d’euro, le projet est coordonné par l'OMSA, le Cirad, l'IRD et l'Institut Pasteur.  Ce projet a été un catalyseur pour la formation, la sensibilisation et l'amélioration des protocoles de surveillance dans la région.

Quelques chiffres clés :
- 197 enquêtes de terrain
- 43000 échantillons animaux et 6000 échantillons humains
43 études publiées
- 25 méthodes ou outils de diagnostics développés
- 700 étudiants et professionnels formés

Retrouvez toutes les découvertes du projet au sein du numéro spécial du numéro Virologie paru à l’occasion du symposium de clôture du projet au Sénégal fin 2023.

Lire le rapport complet de fin de projet