agricultrice vendeuse de mangue Sénégal © R. Belmin, CIRAD

2026 : Année internationale des agricultrices

Les femmes comptent pour 41 % de la main d’œuvre agricole à travers le monde. Pourtant seules 20 % sont propriétaires de leur terre. À ces inégalités systémiques s’ajoute le manque de données et de connaissances sur leur travail ou leur condition. La plupart des études se concentrent sur la figure de l’agriculteur type, ou du « chef d’exploitation », au masculin. C’est dans ce contexte d’invisibilisation des femmes que les Nations unies lancent une « année internationale des agricultrices ».

Le CIRAD s’engage

La vision binaire homme vs femme, qui organise nos sociétés, a des conséquences bien réelles pour chacun et chacune. En agriculture, ce sont souvent des « rôles » associés tantôt à l’homme, tantôt à la femme. Le « genre », que ce soit en tant qu’objet de recherche ou en tant que cadre conceptuel, conduit ainsi les scientifiques à explorer différemment leurs catégories d’analyse habituelles pour produire des résultats originaux. En agronomie, ces catégories recouvrent par exemple la parcelle, le ménage, l’exploitation agricole, la charge de travail, etc.

Pour la recherche, prendre en compte le genre, c’est aussi s’assurer de la pertinence des résultats de recherche tout en assumant une posture transformative. Comme le dit Magalie Jannoyer, chercheuse au CIRAD et co-coordinatrice de l’ouvrage « Le genre en recherche », « si on ne cherche pas à impliquer les femmes dans nos projets de recherche, on est susceptible de rendre nos travaux inutiles ».

Donner la parole aux femmes du monde rural

Cette année est donc l’occasion de donner de la visibilité aux agricultrices, aux transformatrices, aux commerçantes, chevilles ouvrières de l’agriculture et de l’alimentation. Tout au long de 2026, on vous propose de partir à leur rencontre, à travers des interviews-portraits, des parcours de vie, relayés sur notre site web ou sur nos réseaux sociaux. 

En orientant le projecteur sur les contributions des femmes aux systèmes alimentaires, l’objectif est d’inciter la recherche à prendre davantage en compte la participation des femmes au secteur agricole. Cela conduira également à mieux les représenter dans la formulation des politiques publiques, mais aussi à nous sensibiliser à la manière dont s’expriment les rapports de pouvoir dans les modèles agricoles.