« Vers une alimentation saine pour tous » : le boom de la filière horticulture

Événement 28 septembre 2026
Fin août se tenait le Congrès international d’horticulture (IHC 2026) à Kyoto, au Japon. En 2024, les exportations horticoles ont été évaluées à 240 000 milliards de dollars. Un succès économique qui ne se voit pas toujours dans les assiettes : les prix augmentent pour les consommateurs, alors même que la majorité de la population mondiale ne mange pas suffisamment de fruits et légumes. Une douzaine de scientifiques du CIRAD étaient présents à Kyoto et ont pris part aux discussions, avec une idée en tête : faire en sorte que les avancées de la recherche se fassent avec et pour les agriculteurs.
Vente de légumes sur un marché aux produits frais à Jakarta (Indonésie)
Vente de légumes sur un marché aux produits frais à Jakarta (Indonésie)

Vente de légumes sur un marché aux produits frais à Jakarta (Indonésie) © A. Rival, CIRAD

« Libérer le potentiel de l’horticulture est essentiel pour transformer les systèmes agroalimentaires et garantir une alimentation saine pour tous. » Le directeur général de la FAO a lancé l’IHC 2026 avec un message fort : la filière horticole est garante de systèmes alimentaires sains. Sa croissance économique récente démontre un potentiel évident, mais également un besoin crucial d’investissements, d’innovation et de soutien politique.

Les scientifiques du CIRAD ont participé à une quinzaine de symposiums lors de ce congrès, ainsi qu’à de multiples ateliers et réunions. 

IHC 2026 CIRAD

Avec 15 présentations lors des symposiums, les scientifiques du CIRAD (unités de recherche : Agap, Geco, HortSys et QualiSud) ont compté pour quasi la moitié des présentations françaises lors du congrès (32 présentations françaises sur les 2300 présentations scientifiques totales) © DR

L’innovation se fera avec les agriculteurs ou ne se fera pas

Le Congrès international d’horticulture se tient tous les quatre ans. Il rassemble en priorité des scientifiques, qui échangent sur les récentes avancées de la recherche dans de nombreux domaines et disciplines. Programmes de sélection variétale améliorés grâce à l’édition du génome, méthodes agroécologiques de lutte contre les bioagresseurs, optimisation des méthodes post-récoltes, etc. Au milieu des symposiums et des présentations scientifiques, un impératif se dessine : toutes ces innovations n’auront de sens que si elles servent au champ du paysan et dans l’assiette du consommateur.

« Plus de la moitié de la production mondiale de fruits et légumes est produite par des exploitations agricoles de moins de vingt hectares, rappelle Rémi Kahane, agronome au CIRAD et animateur de la filière horticulture au CIRAD. En Asie et en Afrique subsaharienne, c’est 80 % de la production qui est dans les mains des petites exploitations. »

Les innovations imaginées par la recherche se doivent donc d’impliquer ces petites structures, en associant notamment les agriculteurs et les agricultrices dans la définition et la mise en œuvre des projets de recherche. L’autre volet consiste à rendre accessibles les innovations naissantes, autant par leurs impacts que par leurs méthodes d’adoption.

« La filière horticole est pleine de promesses, assure Rémi Kahane. La réduction des pesticides et la résilience face aux changements climatiques et aux menaces sanitaires occupent une grande partie de nos recherches au CIRAD. Nous menons nos travaux en partenariat avec de nombreux partenaires au Sud : institutions scientifiques, conseil agricole, organisations paysannes, entreprises de transformation agro-alimentaire… La mise en réseau et la collaboration entre toutes les parties impliquées nous permettront d’avancer plus vite, au plus près des exploitations agricoles. »

Ces quinze dernières années, la production mondiale de fruits et légumes a augmenté plus rapidement que la production céréalière. Malgré une croissance économique plus qu’intéressante, la consommation de fruits et légumes par personne au niveau mondial reste en deçà des recommandations de la FAO et de l’OMS, avec une moyenne de 270 g journaliers contre les 400 g recommandés.