Réinventer des systèmes alimentaires durables, résilients et inclusifs

Plaidoyer 3 février 2021
Nutrition, santé, emploi, climat, biodiversité… Les systèmes alimentaires sont au carrefour des grands défis de l’humanité. Ils constituent un élément absolument incontournable dans les trajectoires du développement durable. Fort d’une expertise de plusieurs décennies dans les pays tropicaux et méditerranéens, le Cirad plaide pour une transformation profonde des systèmes alimentaires. Il publie une note de positionnement qui identifie les cinq priorités qu’il se donne pour contribuer à ces transformations.
Le Cirad milite pour réinventer des systèmes alimentaires durables, résilients et inclusifs © S. Dury, Cirad

Deux milliards de producteurs, sept milliards de consommateurs. Les systèmes alimentaires concernent tout le monde et englobent une très large palette d’activités humaines liées à l’alimentation. Ils génèrent de fait d’importants effets — positifs et négatifs — à différentes échelles.

Des systèmes alimentaires à réinventer

Les systèmes alimentaires tels qu’ils existent aujourd’hui posent plusieurs problèmes :

  • Ils sont encore loin d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, avec encore de très grandes disparités en termes d’accès alors que l’offre calorique est globalement suffisante.
  • Ils sont responsables d’une forte empreinte environnementale et climatique. L’intensification de l’agriculture selon un modèle où les ressources étaient pensées comme illimitées, se révèle être une impasse.
  • Leur fonctionnement des systèmes alimentaires entretient généralement une forte inégalité. Il favorise certains acteurs plus que d’autres, entrainant des concentrations de richesses pour une minorité au détriment de milliards d’autres.

Le Cirad milite pour la transformation systémique et profonde. Car les fondements mêmes de l’appréciation de leur performance sont remis en cause : d’une finalité exclusivement productive et quantitative, l’attente est maintenant multifonctionnelle, couplant des défis de différentes natures.

Des défis qui se posent avec plus d’acuité dans les pays du Sud, et des opportunités à soutenir

Les défis d’un développement durable concernent tous les pays du monde. Toutefois, les pays à faibles revenus auxquels s’intéresse le Cirad sont confrontés à des contraintes encore plus fortes, que ce soit au niveau de leur croissance démographique et des demandes d’emploi qu’elle engendre. Ils subissent plus que d’autres les effets du changement climatique. Enfin, la faiblesse de leurs ressources limite leurs capacités d’action et d’adaptation.
Néanmoins, les systèmes alimentaires des pays du Sud prennent des formes variées selon les contextes, en particulier entre campagne et villes. Les acteurs innovent en permanence et font preuve d’un très fort dynamisme.

La science a un rôle majeur à jouer

Pour proposer des solutions techniques, mais aussi contribuer à éclairer les débats, la science est appelée à jouer un rôle pivot. Notamment, en explicitant les compromis à faire entre divers objectifs divergents, renforcer les compétences des différents acteurs et leurs capacités à innover, présenter des scénarios prospectifs avec leurs potentiels et leurs risques.

Les 5 priorités d’action du Cirad

  • Créer et diffuser des technologies et des pratiques innovantes de production agricole et de transformation alimentaire.
  • Améliorer la qualité de l’alimentation à travers des recherches promouvant la diversité et l’accessibilité des aliments sains et nutritifs à tous.
  • Développer des approches méthodologiques innovantes. Résolument systémiques, ces approches permettent d’analyser la complexité des systèmes alimentaires, d’en comprendre le fonctionnement, et d’en évaluer la durabilité.
  • Caractériser et faire reconnaitre les systèmes alimentaires qui contribuent à des dynamiques sociales, économiques et de santé satisfaisantes.
  • Faire émerger une gouvernance multi-acteurs, en particulier au niveau des territoires, pour permettre les changements structurels attendus.

Dans tous ses travaux, le Cirad s’engage à partir des savoirs et savoir-faire des acteurs ainsi que des systèmes locaux d’innovation, à co-construire les diagnostics, les méthodes d’évaluation, les solutions techniques ou organisationnelles et l’appui aux politiques. Il s’appuiera en particulier sur des partenariats élargis, le renforcement des compétences et la mise en œuvre de démarches et d’outils prospectifs.

Au Cirad, une équipe de participation au sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires a été mise en place. Elle est constituée des expertes et des experts suivants : Arlène Alpha, François Bousquet, Marie Delattre-Gasquet, Sandrine Dury, Etienne Hainzelin, Emilie Klander, Eric Malézieux, Paule Moustier, Dominique Pallet, et Nadine Zakhia-Rozis.