Podcast | Des femmes et des machines - S.9 Ép. 3

Just out 16 October 2026
Au Burkina Faso, la transformation agro-alimentaire représente entre 5 et 7 % du PIB. Mais c'est aussi une source d'emplois importante, et notamment d'emplois féminins : les femmes comptent pour 90 % de la main-d'œuvre dans ce secteur. De 2020 à 2024, le projet BioStar a travaillé avec 16 PME burkinabés et sénégalaises pour développer la bioénergie au sein des unités de transformation. Les nouveaux équipements, qui fonctionnent grâce aux résidus de la transformation agro-alimentaire, sont plus performants, moins pénibles à utiliser, et plus efficients en termes de consommation d'énergie. Mais est-ce que l'ensemble des salarié.e.s en profitent ?
unités de séchage mangue burkina faso
unités de séchage mangue burkina faso

Chaque année dans la filière mangue, les campagnes de production attirent de nombreuses femmes en quête d’emploi saisonnier dans les unités de séchage. Bobo Dioulasso, Burkina Faso - 2025 © BioStar - Amadou Cissé

Avec :

  • Léa Fulloy, ingénieure en génie énergétique et environnement au CIRAD, spécialisée en bioénergies
  • Kadidia Diallo, promotrice d'ANASAM BURKINA, une unité de transformation de la noix de cajou

Le secteur de la transformation agro-alimentaire au Burkina Faso, comme au Sénégal, est majoritairement féminin. Les employées sont des femmes, à hauteur de 90 %, et la direction des unités et des entreprises est aussi très souvent féminine. Parmi les huit PME burkinabés partenaires du projet BioStar, six sont dirigées par une femme.

Malgré cette écrasante majorité, on retrouve encore dans certaines filières des tâches genrées, c'est-à-dire attribuées soit à une femme, soit un homme. Et notamment quand il s'agit de tâches mécanisées. Dans les filières mangues et anacarde par exemple, les équipements sont souvent opérés par la minorité d'hommes. 

Les nouveaux équipements introduits par le projet BioStar n'ont pas cherché à changer cette organisation du travail. En revanche, l'utilisation de la bioénergie a permis le développement de machines plus propres, qui améliorent l'environnement de travail des hommes comme des femmes. 

Nourrir le vivant, le podcast du CIRAD

La population mondiale devrait atteindre dix milliards de personnes en 2050, faisant bondir la demande en produits agricoles. Or, nos approches conventionnelles de la production et de la consommation ne permettent pas de répondre durablement à cette augmentation. Entre pollution, perte de biodiversité, réchauffement climatique… Comment ne pas scier la branche sur laquelle nous sommes assis ? Ce défi, colossal, nous impose de changer radicalement notre rapport au vivant. À travers son podcast Nourrir le vivant, le CIRAD vous emmène à la découverte de territoires et populations qui réinventent leur agriculture. Accompagnés de scientifiques, agricultrices, formateurs, étudiantes, éleveurs découvrent la force de transformation des systèmes agricoles, de la production alimentaire à l’emploi, en passant par la santé des écosystèmes.