Podcast | Quand biodiversité rime avec beauté - S.9 Ép. 5

Just out 30 October 2026
En juillet 2026 en France, la délégation sénatoriale aux Outre-mer mentionnait la cosmétopée parmi les filières d'avenir pour les territoires ultramarins. La cosmétopée est à la cosmétique ce que la pharmacopée est aux médicaments. Cela regroupe les plantes utilisées à des fins cosmétiques, mais aussi tout un ensemble de savoirs traditionnels. Or dans nos sociétés, la beauté et le soin sont des questions que l'on destine souvent aux femmes. Faut-il donc en conclure que les femmes sont les seules détentrices de ces savoirs ?
graines de Zépyant Jardin d'Ayo à Goyave, Guadeloupe
graines de Zépyant Jardin d'Ayo à Goyave, Guadeloupe

Graines de Zépyant cultivées par Sarah Gobert, cheffe de l'entreprise Jardin d'Ayo, située à Goyave en Guadeloupe. Ces graines cumulent des usages thérapeutiques et cosmétiques, par exemple pour le soin des cheveux ou de la peau © Ysaline Sanguine, CIRAD

Avec :

  • Alba Zaremski, chercheuse en biologie au CIRAD, spécialisée sur les interactions entre les arbres et leurs agresseurs biologiques
  • Addie Burton, chimiste cosmétique et dirigeante de S. Bio Group, une entreprise de consulting sur la science et la réglementation cosmétique. Elle est également la cofondatrice et présidente de Cariscos, premier réseau de scientifiques cosmétiques de la Caraïbe

En 2024, le marché d'export des cosmétiques français pesait pour 22,5 milliard d'euros. Si la cosmétopée représente une petite partie de ce marché, l'intérêt croissant pour les ingrédients naturels et les ressources végétales pourrait bien faire exploser la demande d'ici les prochaines années.

Les territoires ultramarins disposent d'une biodiversité exceptionnelle ainsi que de savoir-faire ancestraux liés aux plantes, notamment pour les soins du corps, de la peau et des cheveux. Dans ces savoirs, les femmes occupent une place essentielle. Elles contribuent à la connaissance, à l'utilisation et à la transmission de nombreuses pratiques traditionnelles. Mais ces connaissances ne sont pas exclusivement féminines : hommes et femmes participent, à différentes étapes, à la valorisation des ressources végétales.

En 2022, le réseau français « Cosmétopée ultramarine » est né de l'ambition de soutenir la construction de filières durables. Si les femmes sont pour l'instant largement majoritaires au sein des ateliers animés par ce réseau, les initiatives semblent partagées entre hommes et femmes. Face à un marché qui se développe, un enjeu se dessine : structurer des filières durables, capables de créer de la valeur pour les territoires ultramarins, sans épuiser les ressources naturelles ni déposséder les populations de leurs savoirs.

Nourrir le vivant, le podcast du CIRAD

La population mondiale devrait atteindre dix milliards de personnes en 2050, faisant bondir la demande en produits agricoles. Or, nos approches conventionnelles de la production et de la consommation ne permettent pas de répondre durablement à cette augmentation. Entre pollution, perte de biodiversité, réchauffement climatique… Comment ne pas scier la branche sur laquelle nous sommes assis ? Ce défi, colossal, nous impose de changer radicalement notre rapport au vivant. À travers son podcast Nourrir le vivant, le CIRAD vous emmène à la découverte de territoires et populations qui réinventent leur agriculture. Accompagnés de scientifiques, agricultrices, formateurs, étudiantes, éleveurs découvrent la force de transformation des systèmes agricoles, de la production alimentaire à l’emploi, en passant par la santé des écosystèmes.