TER-koes-nadi-unsplash Paysage d’Indonésie Unsplash © K. Nadi

Territoires

Le Cirad constate que les territoires constituent aujourd’hui l’échelle sur laquelle les avancées les plus significatives et des réponses tangibles se déploient en particulier pour atteindre les Objectifs de développement durable. Non plus perçues comme des mots d’ordre généraux et descendants, les problématiques diverses des territoires apparaissent comme des biens communs sous la gouvernance d’acteurs et d’institutions divers.

La prise en compte de la diversité des réalités locales conditionne souvent la réussite des transitions, qu’elles soient en œuvre (démographique, climatique, sanitaire, alimentaire…) ou souhaitables (agroécologique, énergétique, environnementale, nutritionnelle…), et milite donc aussi pour l’adoption d’approches territoriales. Ces approches sont particulièrement pertinentes au Sud du fait de l’intensité des défis et des faiblesses institutionnelles, qui obligent à mieux tirer parti d’une mise en cohérence des politiques nationales avec les dynamiques locales.

Le Cirad pose comme une priorité de mieux intégrer ces échelles territoriales et de valoriser les dynamiques en œuvre à ces échelles. Le territoire est entendu comme un mésosystème, multifonctionnel, à la fois construit social et économique et espace biophysique cohérent et multifonctionnel, dans lequel interagissent différents écosystèmes (naturels, artificialisés, agricoles), secteurs et acteurs économiques (agricoles et non agricoles, ruraux et urbains). Ces interactions et la cohérence entre différentes échelles et entre différents intérêts (publics, communs et privés ; local, national et global) structurent la construction d’un développement durable. Le territoire se définit en fonction des problématiques et besoins, allant de celui d’un bassin-versant ou d’une communauté jusqu’à une région, un pays ou une zone transfrontalière.

Plusieurs principes guident les approches territoriales, pour lesquels le Cirad, avec ses partenaires, a développé et mis à disposition des méthodes et des outils :

  • le partage de finalités (un changement à opérer, l’accès à de nouvelles ressources, actifs ou capitaux, la protection d’autres…) qui motivent l’action collective à engager, et la définition d’un périmètre territorial adapté, validés par les acteurs ;
  • l’implication effective des acteurs, privilégiée par les démarches de recherche-action, les outils de la participation et de l’appui à l’action collective ;
  • la prise en compte et la reconnaissance partagée de la diversité des acteurs, des réalités physiques du territoire et des temporalités du changement ;
  • la reconnaissance du caractère exploratoire et itératif de la démarche et des nécessaires apprentissages et partages de savoirs et de connaissances, en particulier sur les normes (cadres de régulation, politiques et mesures d’accompagnement du changement) et les dynamiques endogènes au territoire (stratégies des différents acteurs, jeux de pouvoir en œuvre) ;
  • l’accompagnement des processus de changement au-delà des microéchelles (exploitation agricole ou d’élevage, atelier de transformation, ménages…) lié à un partenariat avec d’autres acteurs et secteurs.