Plaidoyer 25 novembre 2025
- Accueil
- Les actualités du Cirad
- Actualités
- One Health Summit, 7 messages
One Health Summit, les sept messages clés du Cirad
Capture de chauve-souris au Zimbabwe dans le cadre du projet Cazcom © A. Jimu, Cazcom
Pendant deux jours, le One Health summit va réunir ministres, chefs d’État et de gouvernement, scientifiques, représentants d’organisations internationales, du secteur privé, de la société civile, des collectivités locales… Cela avec un objectif commun : accélérer la mise en œuvre de l’approche « Une Seule Santé », qui relie la santé humaine, animale et des écosystèmes.
Le Cirad est au carrefour de nombreux objets d’études : pathogènes, plantes, animaux, systèmes agricoles et alimentaires, et plus largement socio-écosystèmes. Ancré dans les pays du Sud et engagé aux côtés des populations les plus vulnérables, il mobilise des expertises multidisciplinaires, au plus près des réalités locales, qui lui confèrent une position singulière pour promouvoir et soutenir la mise en œuvre de l’approche One Health.
C’est ainsi que le Cirad a copiloté l’organisation du colloque scientifique « Une seule santé, une seule science » qui se déroule le 6 avril avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace et l’Anses. Ses experts et expertes portent des messages pour chacune des sept thématiques de ce sommet.
Réservoirs zoonotiques et vecteurs
Prévenir les crises plutôt que de les guérir
Marisa Peyre, épidémiologiste coordinatrice de PREZODE pour le Cirad
« Les systèmes actuels de santé sont conçu pour réagir plutôt que pour prévenir. Pourtant la prévention est bien plus efficace et 100 fois moins coûteuse. Les communautés locales jouent un rôle clé, car elles détectent et réagissent en première ligne. La co-construction de solutions avec ces acteurs améliore la détection et réduit durablement les risques. »
Résistances antimicrobiennes
Les résistances aux antimicrobiens dépassent le simple usage de médicament
Sophie Molia et Flavie Goutard
Vétérinaire épidémiologistes au Cirad, spécialistes de la résistance aux antimicrobiens
« La résistance aux antimicrobiens est un phénomène complexe et systémique qui menace l’efficacité des traitements antibiotiques, antiviraux, antifongiques et antiparasitaires. La gestion de ce problème dépasse la simple amélioration de l’usage des médicaments, elle implique aussi la prévention des infections, l’accès équitable à des soins de qualité, à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène. Les solutions doivent inclure l’amélioration des systèmes de santé, l’accès aux infrastructures de base et la transformation des modèles agricoles intensifs ainsi que des chaînes de valeur agroalimentaires. La coopération internationale est indispensable face à la circulation mondiale des résistances. Enfin, les réponses doivent être co-construites et adaptées aux contextes locaux. »
Expositions aux pollutions
Vers une réduction coordonnée du recours aux pesticides
Servane Baufumé Spécialiste des interfaces science-politique en santé-biodiversité au Cirad et François-Xavier Côte, coordinateur de l’initiative PRETAG (Pesticide Reduction for Tropical Agricultures)
« La réduction coordonnée de l’usage des pesticides est un impératif pour protéger notre santé, les écosystèmes et la biodiversité. Cette transition doit être pragmatique, progressive et adaptée aux contextes locaux. Mais surtout, elle doit reposer sur une responsabilité partagée impliquant tous les acteurs, des producteurs aux consommateurs en passant par le secteur privé.
La science doit soutenir les transformations agroécologiques nécessaires, en mobilisant des connaissances à la fois biologiques, agronomiques et socioéconomiques pour développer des alternatives aux pesticides, et en associant ces connaissances aux savoirs locaux et ruraux afin de repenser les transitions avec les acteurs concernés. »
Systèmes alimentaires durables
De nos systèmes alimentaires dépendent les santés humaine, animale, végétale et environnementale
Muriel Figuié, sociologue et coanimatrice de la thématique santé au Cirad
« Notre santé et celle de la planète sont étroitement liées aux systèmes alimentaires. Par ce que nous mangeons, par nos modes de production qui influent sur nos santés à travers leurs effets sur l’environnement, mais aussi par la manière dont nos systèmes alimentaires contribuent aux grands déséquilibres planétaires (déforestation, perte de biodiversité, dérèglement climatique) qui eux même en retour ont un impact sur la santé humaine, celles des plantes, des animaux et de l’environnement. Ces constats nous amènent à promouvoir par nos recherches, une transition agroécologique de nos modèles agricoles et une écologie de nos alimentations, pour des systèmes alimentaires visant la santé de tous, et respectueux de toutes les formes du vivant. »
Gouvernance
Pour que la santé devienne une question DES santés
Thierry Lefrançois, conseiller de la PDG du Cirad et expert One Health
« Structurer la gouvernance de l’approche One Health à toutes les échelles est crucial, du local à l’international. Cette approche implique une collaboration multisectorielle, interdisciplinaire et multiacteur. Il est aussi nécessaire qu’on opère collectivement un changement de paradigme pour que la santé devienne une question DES santés. Les systèmes agricoles et alimentaires doivent être au cœur de cette réflexion. C’est ce qu’on fait au Cirad en incitant ces interactions et en organisant des événements "santé" dans les grandes instances internationales sur le climat, la biodiversité, et l’alimentation. »
Sciences humaines et sociales
Penser global, agir local : les sciences sociales au cœur du One Health
Aurélie Binot, directrice adjointe de la MSH Sud et responsable du pôle sciences-sociétés au Cirad
« Les sciences sociales ont un rôle pivot pour rendre opérationnelle l’approche One Health à l’échelle territoriale. L’enjeu principal est de traduire ce cadre théorique en politiques locales concrètes et adaptées. L’approche One Health implique une multitude de types d’acteurs et peut s’intégrer dans des outils déjà existants, comme par exemple les plans climat des municipalités. Enfin, ces mesures doivent tenir compte des inégalités territoriales et des impératifs de justice sociale. »
Data
Des données qui dialoguent pour une seule santé
Jean-François Dufayard, bio-informaticien au Cirad et référent "données de la recherche"
« Comprendre les interactions entre pathogènes, écosystèmes, plantes, animaux et humains est un défi scientifique majeur pour améliorer la santé globale. Cela nécessite de faire se parler entre elles des données très diverses (génomiques, environnementales, imagerie, etc.). L’enjeu est de rendre ces données interopérables et partageables à l’échelle internationale. La coopération entre pays est donc essentielle, notamment au travers d’initiatives comme PREZODE. »