Résultats & impact 29 juin 2026
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L’adoption des pratiques agroécologiques limitée par des besoins élevés en main-d’œuvre
Association maïs-haricots en rangs dans une petite exploitation agricole au Rwanda. © E. Tuyishime, One Acre Fund
Le Rwanda dispose d’un potentiel agricole considérable, mais peine encore à accroître les rendements des cultures. Les pratiques agricoles actuelles n’utilisent pas de manière optimale les ressources disponibles (eau, lumière et nutriments) et présentent des limites en matière de durabilité. Pour répondre à ces défis, l’ONG One Acre Fund a mené une étude à grande échelle sans précédent, couvrant différents environnements et saisons culturales, sur 382 parcelles réparties à travers le Rwanda. Cette étude met en évidence les bénéfices économiques de l’association de cultures en rangs et souligne les principaux freins à son adoption par les exploitations agricoles familiales.
Association de cultures en rangs : des rendements plus élevés, mais davantage de travail
Fondée sur l’association maïs-haricot en rangs, cette étude démontre les bénéfices de cette pratique. Comparée à d’autres systèmes de culture, tels que l’association par semis à la volée ou les cultures pures, elle obtient les meilleurs résultats en termes de productivité céréalière, de production nutritionnelle et de rentabilité économique. Néanmoins, les agriculteurs ont tendance à privilégier d’autres systèmes, moins intéressants financièrement mais également moins exigeants en main-d’œuvre.
Les besoins en main-d’œuvre sont particulièrement élevés au moment du semis. Comme les autres techniques de culture en rangs, l’association en rang nécessite un investissement en temps de travail trop important pour de nombreuses exploitations familiales, les conduisant à choisir des systèmes de culture moins productifs et moins rentables. Il est essentiel de travailler main dans la main avec les agriculteurs afin de co-concevoir des systèmes adaptés à leurs situations spécifiques et, à terme, de faciliter l’adoption d’associations de cultures en rangs au Rwanda.
Pour accroître l’adoption de l’association de cultures en rangs et exploiter pleinement son potentiel, il est essentiel de réduire les besoins en main-d’œuvre. Parmi les solutions proposées par les chercheurs figure notamment l’intégration d’outils de semis semi-mécanisés, co-conçus avec les agriculteurs.
Chaque exploitation étant soumise à des conditions environnementales et à des besoins propres, les systèmes d’association de cultures doivent rester flexibles et être adaptés à la diversité des situations individuelles.
Une évolution des perceptions au sein du secteur agricole
L’association de cultures par semis à la volée est pratiquée depuis longtemps par les petits exploitants rwandais, bien qu’elle ait fait l’objet de peu de promotion pendant de nombreuses années. Les résultats de cette étude démontrent les bénéfices de l’association de cultures en rangs, une forme d’association relativement nouvelle au Rwanda, et mettent en évidence sa contribution potentielle à la sécurité alimentaire. Ils témoignent ainsi d’une reconnaissance croissante, parmi les acteurs du secteur agricole, de la valeur des associations de cultures pour une intensification durable.
Si les besoins en main-d’œuvre restent un défi majeur à relever pour permettre une adoption plus large des systèmes de culture en rangs, notamment de l’association de cultures en rangs, les associations de cultures au sens large demeurent une opportunité importante pour améliorer durablement la santé des sols et contribuer à la sécurité alimentaire au Rwanda. Des efforts supplémentaires pour développer des outils et des dispositifs permettant de réduire les besoins en main-d’œuvre pourraient contribuer à libérer ce potentiel et à maximiser les bénéfices des associations de cultures dans les systèmes agricoles rwandais.
Référence
Couëdel, A., de Dieu Mbarushimana, J., Nyombayire, A. et al. Maize-bean row intercropping in Rwanda: labor constraints limit application despite nutritional and economic benefits. Agronomy for Sustainable Development 46, 39 (2026). https://doi.org/10.1007/s13593-026-01103-z