Africa Forward : le Cirad renforce ses partenariats en Afrique de l’Est et à l’international

Institutionnel 18 mai 2026
A l’occasion du sommet Africa Forward, le Cirad a rencontré plusieurs partenaires internationaux ou d’Afrique de l’Est et a concrétisé plusieurs accords en faveur du développement et du renforcement des filières agricoles africaines, de l’appui à l’entreprenariat et aux petits producteurs et productrices. Ces accords illustrent la manière dont le Cirad répond à la demande des pays africains dans le domaine de la recherche et de l’innovation agricole. Une demande forte et diversifiée qui s’est exprimée durant une table ronde dédiée à l’agriculture à laquelle Elisabeth Claverie de Saint Martin, alors PDG du Cirad, a participé.
Elisabeth Claverie de Saint Martin, alors PDG du Cirad, a assisté à la table ronde sur l’agriculture qui a rassemblé le 12 mai des chefs d’état et ministres africains, des entreprises privées, dont les PDG de Danone, Equity group et la directrice générale de la PME sénégalaise, Le Lionceau, et des organisations internationales comme le FIDA.
Elisabeth Claverie de Saint Martin, alors PDG du Cirad, a assisté à la table ronde sur l’agriculture qui a rassemblé le 12 mai des chefs d’état et ministres africains, des entreprises privées, dont les PDG de Danone, Equity group et la directrice générale de la PME sénégalaise, Le Lionceau, et des organisations internationales comme le FIDA.

Elisabeth Claverie de Saint Martin, alors PDG du Cirad, a assisté à la table ronde sur l’agriculture qui a rassemblé le 12 mai des chefs d’état et ministres africains, des entreprises privées, dont les PDG de Danone, Equity group et la directrice générale de la PME sénégalaise, Le Lionceau, et des organisations internationales comme le FIDA. © Brand Leadership

Avec plus de 1,5 milliard d’habitants, dont 60 % a moins de 25 ans, et une population appelée à atteindre 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, le continent africain incarne un fort potentiel humain et économique. L’agriculture qui représente entre 30 et 50 % du PIB de la plupart des pays africains et emploie en moyenne près de 60 % de la population active, constitue un secteur clé des économies africaines. 

En janvier 2025, le continent a adopté la déclaration de Kampala qui, avec le programme détaillé du développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA), constituent un cadre d’actions et une feuille de route pour des systèmes alimentaires africains productifs durables, résilients et générateurs d’emplois et de revenus.

L’agriculture en bonne place dans la déclaration finale du sommet Africa Forward

La déclaration finale du sommet Africa Forward le 12 mai a repris les conclusions de table ronde sur l’agriculture à laquelle Elisabeth Claverie de Saint Martin, alors PDG du Cirad, et Philippe Mauguin, PDG d’INRAE ont pu participer.

Les représentants d’une dizaine de pays africains y ont réaffirmé la nécessité de transformer l’agriculture en un secteur moderne, compétitif et résilient face aux défis climatiques. Cette ambition commune vise à faire de l’agriculture un moteur de croissance durable, de souveraineté économique et de création d’emplois. 

Les pays se sont engagés à renforcer les systèmes agricoles, alimentaires et d’élevage favorisant une meilleure nutrition, dans une approche « One Health ». Ils investiront dans la recherche agricole, l’innovation et les pratiques adaptées au changement climatique

L’agroécologie, l’agroforesterie, les semences locales de qualité et la gestion durable des sols seront encouragées, avec une attention particulière sur le développement de chaînes d’approvisionnement durables en engrais (soutien au Plan d’action africain sur les engrais et la santé des sols 2024-2034), et l’enseignement technique et supérieur agricole pour favoriser l’emploi des jeunes.

Accompagner l’enseignement, la formation, l’innovation et l’entreprenariat

Les pays africains présents au sommet, aux côtés de la France et du Kenya, ont annoncé souhaiter renforcer les chaînes de valeur agricoles en développant la transformation agroalimentaire, en mobilisant les investissements publics et privés, la logistique et les échanges dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

L’objectif est de faire de l’agriculture un moteur d’industrialisation, de création de valeur et de souveraineté économique. Ils entendent également soutenir les jeunes, les femmes et les petits producteurs agricoles. Cet appui passera par un meilleur accès au financement, au foncier et aux outils numériques innovants. 

Le développement des compétences et des incubateurs d’innovation constitue également une priorité, ainsi que le renforcement des partenariats de recherche et développement avec les institutions françaises.

Collaboration en matière de formation avec la faculté d’agriculture de l’université de Nairobi

Dans ce cadre, le Cirad a signé le 13 mai une lettre d’intention pour la naissance du projet SHIFT-KF (Strengthening Higher Institutional Agriculture and Food Training – Kenya-France) coordonné par l’université de Nairobi et AgroParisTech qui vise à moderniser les formations supérieures dans les domaines de l’agriculture, de l’agroécologie et des systèmes alimentaires

Organismes de recherche français, dont le Cirad, signataires de partenariats avec l'Université de Nairobi, aux côtés d'Eleonore Caroit, Ministre déléguée chargée de la francophonie et des partenariats internationaux de France, et Béatrice Inyangala, secrétaire principal chargé de l'enseignement supérieur et la recherche du Kenya.   Le Cirad, l’IRD, l’Institut Agro participent avec des entreprises privées Kenyanes et trois lycées agricoles de La Réunion et Mayotte au projet SHIFT-KF coordonné par l’Université de Nairobi et AgroParisTech. © S. Della Mussia, Cirad

Organismes de recherche français, dont le Cirad, signataires de partenariats avec l'Université de Nairobi, aux côtés d'Eleonore Caroit, Ministre déléguée chargée de la francophonie et des partenariats internationaux de France, et Béatrice Inyangala, secrétaire principal chargé de l'enseignement supérieur et la recherche du Kenya.   Le Cirad, l’IRD, l’Institut Agro participent avec des entreprises privées Kenyanes et trois lycées agricoles de La Réunion et Mayotte au projet SHIFT-KF coordonné par l’Université de Nairobi et AgroParisTech. © S. Della Mussia, Cirad

Ce projet part du constat qu’une transformation durable du secteur agricole et alimentaire nécessite des compétences nouvelles, davantage tournées vers l’innovation, l’entrepreneuriat et les technologies numériques. L’ambition du projet est de créer un véritable écosystème d’innovation associant universités, recherche, entreprises et pouvoirs publics.

Le projet entend renforcer durablement l’attractivité et la compétitivité du secteur agroalimentaire kenyan tout en favorisant l’insertion professionnelle des jeunes diplômés.

Une ambition partagée avec l’International Innovation Hub, qui était en visite à la faculté d’agriculture de Nairobi le 8 mai, dans le cadre de son déploiement en Afrique de l’Est.

L'International Innovation Hub (IIH), porté par Agropolis international, le Cirad et d'autres partenaires français et africains, accueilli par Catherine Kunyanga, vice-doyenne de la faculté d'agriculture de Nairobi, avec des partenaires tanzaniens, dans le cadre du déploiement de l'IIH en Afrique de l'Est. © S. Della Mussia, Cirad

L'International Innovation Hub (IIH), porté par Agropolis international, le Cirad et d'autres partenaires français et africains, accueilli par Catherine Kunyanga, vice-doyenne de la faculté d'agriculture de Nairobi, avec des partenaires tanzaniens (universités Irringa et Sokoine), dans le cadre du déploiement de l'IIH en Afrique de l'Est. © S. Della Mussia, Cirad

Par l’intermédiaire de l’unité de recherche Qualisud, le Cirad accompagnera notamment l’université et les acteurs économiques dans l’identification des principaux verrous technologiques liés à la transformation alimentaire, et dans la conception de solutions adaptées pour une meilleure gestion des pertes post-récolte et une amélioration de la qualité des produits. L’objectif étant ainsi de mieux répondre aux attentes des marchés et d’augmenter la valeur ajoutée créée sur le territoire kényan. L’accompagnement des filières à potentiel d’indications géographiques sera ciblé, en particulier.

Accompagner le développement des filières agricoles en Afrique de l’Est

Dans ce même esprit, le Cirad a signé un accord avec Equity bank Kenya et Equity group fondation le 10 mai en amont du sommet en présence des présidents Macron et Ruto ; puis le 11 mai, durant le forum d’affaires, avec la Sonader (Société Nationale de Développement Rural) pour appuyer le développement des filières horticoles, en particulier sur le sol et l’accès à l’eau, ainsi que la filière lait avec plusieurs institutions et fédérations agricoles mauritaniennes. 

Signature entre le Cirad, Equity bank Kenya et Equity group foundation, en amont du sommet Africa Forward, en présence des présidents Macron et Ruto. © Ambassade de France au Kenya

Signature entre le Cirad, Equity bank Kenya et Equity group foundation, en amont du sommet Africa Forward, en présence des présidents Macron et Ruto. © Ambassade de France au Kenya

Figurant parmi les plus grandes banques agricoles d’Afrique de l’Est, Equity accompagne la création d’entreprises et le développement des filières agricoles. Ce partenariat ambitionne de développer des initiatives innovantes dans les domaines de la résilience climatique, du développement durable, de l’entrepreneuriat agricole, de la santé, des technologies et de l’intelligence artificielle. Fondée sur le partage d’expertises, la formation, l’innovation et la mobilisation des acteurs publics et privés, cette collaboration vise à faire émerger des projets à fort impact, capables de répondre durablement aux défis agricoles, économiques et environnementaux du continent et accélérer la transformation durable des systèmes agricoles et alimentaires. Dans un premier temps, le Cirad et Equity Group pourraient s'engager, aux côtés d'institutions kényanes,  pour la création d'indications géographiques pour la filière thé.

Appuyer les petits producteurs et productrices les plus vulnérables en Afrique et dans le monde

En marge du sommet, le Cirad, accompagné de l’IRD et d’INRAE, a également signé un accord stratégique avec le FIDA. En conjuguant l’expertise opérationnelle du FIDA et les capacités de recherche de classe mondiale du Cirad, de INRAE et de l’IRD, ce partenariat ouvre la voie à des solutions concrètes, fondées sur la science, capables d’accélérer la transition des territoires ruraux.

Au cœur de cette dynamique : le soutien aux petits exploitants agricoles, le renforcement des filières, la mobilisation du secteur privé et l’appui à des politiques publiques fondées sur des données probantes. Une attention particulière sera portée aux régions en situation de vulnérabilité, où les défis climatiques, économiques et sociaux exigent des réponses innovantes, inclusives et rapidement déployables.

En officialisant cette coopération, les quatre partenaires ont affirmé une vision commune : faire émerger et changer d’échelle des solutions porteuses de transformation, capables de renforcer la résilience face aux changements climatiques, de préserver la biodiversité et de bâtir des économies rurales plus durables et plus équitables.

Cet accord marque ainsi une étape décisive : celle d’une alliance entre science, innovation et action de terrain pour maximiser l’impact du développement rural, du niveau local jusqu’aux grandes politiques internationales.

Des rencontres partenariales à la suite du sommet 

Partenariat entre CGIAR, la France et les systèmes nationaux de recherche et vulgarisation agricole (NARES)

Le Cirad s’est ensuite mobilisé le 13 mai à l’ILRI pour une rencontre visant à renforcer les partenariats entre CGIAR, la France (Cirad, INRAE, IRD) et les systèmes nationaux de recherche et de vulgarisation agricoles (NARES). Un bilan de la collaboration a été tiré, avant de discuter de la suite du plan d'actions engageant les partenaires.

Avec CGIAR, partenaire historique, le Cirad a mené 45 projets impliquant des NARES entre 2020 et 2025 et poursuit ces collaborations au sein du nouveau portfolio du réseau. Les collaborations portent sur les thématiques de l’agroécologie, de l’agriculture et du changement climatique et des systèmes alimentaires. Riches de près de 800 publications sur 5 ans, elles s’appuient sur deux atouts majeurs : l’accueil mutuel de nos scientifiques, notamment les jeunes, et des réseaux complémentaires en particulier en Afrique.

Elisabeth Claverie de Saint Martin
PDG du Cirad (jusqu'au 17 mai)
Participants à la rencontre CGIAR-France-NARES. © S. Della Mussia, Cirad

Participants à la rencontre CGIAR-France-NARES. © S. Della Mussia, Cirad

4e assemblée générale de l’initiative TSARA

Les directions générales du Cirad (France) et de l'ENA de Meknès (Maroc) passent la co-présidence de TSARA aux directions générales de INRAE (France) et icipe (Kenya). © S. Della Mussia, Cirad

Les directions générales du Cirad (France) et de l'ENA de Meknès (Maroc) passent la co-présidence de TSARA aux directions générales de INRAE (France) et icipe (Kenya). © S. Della Mussia, Cirad

Le lendemain, lors de l’assemblée générale de TSARA, initiative qui vise à Transformer les Systèmes Alimentaires et l’Agriculture par une Recherche en Partenariat avec l’Afrique, à l’ICRAF à Nairobi, le Cirad et l’Ecole Nationale d’Agronomie de Meknès au Maroc ont passé la co-présidence de TSARA pour l’année à venir à INRAE et icipe

A l'occasion de cette passation, Eric Justes, directeur du département Persyst qui représentait la PDG du Cirad, a déclaré : « Pour promouvoir l'agroécologie et les systèmes alimentaires durables en Afrique, nous devons changer le paradigme agricole actuel, car l'époque où l'on cherchait à maximiser les rendements par un recours intensif et mal contrôlé aux intrants chimiques et aux énergies fossiles est révolue ».

Deux axes scientifiques structurent en effet la feuille de route de TSARA : la transition agroécologique appuyée par les outils géospatiaux, et le lien entre transformation, marchés locaux, innovation frugale et nutrition-santé. TSARA mise sur des approches participatives de terrain, de type living labs, associant entrepreneuriat local et dialogue avec les décideurs publics. L’alliance veut renforcer son rôle à l’interface science-politique, en écho à la Déclaration de Nairobi adoptée par les chefs d’État africains. Les jeunes chercheurs et l’ouverture aux partenaires européens restent au cœur de la dynamique.

Durant cette 4e assemblée générale, six nouveaux membres ont été intégrés : l’université de Nairobi (Kenya), l'Université du Sine Saloum El-Hâdj Ibrahima Niass (Sénégal), l'Université de Dilla (Éthiopie), l'EIAR, Institut éthiopien de recherche agricole, l'IAV Hassan II (Maroc) et l'INRAB, Institut national des recherches agricoles du Bénin, portant le nombre de partenaires à 38 (de 16 pays africains et de la France). Voir la liste des membres.