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- Les biocarburants de deuxième génération ne s’improvisent pas
Des résidus tropicaux aux bioraffineries : organiser les filières avant les chocs pétroliers
Moisture, spatial fragmentation, relative availability, and economies of scale structure the cost of tropical second-generation biofuels. © CIRAD / C. Ong / J.-M. Roda
Les biocarburants demandent une préparation stratégique : évaluation des gisements, contrats d’approvisionnement, logistique, prétraitement, transport, montée en échelle industrielle et localisation des unités. Cette contrainte est particulièrement forte dans les pays tropicaux, où la biomasse est abondante, mais hétérogène, dispersée et souvent humide.
Ces résultats se basent sur deux articles scientifiques. Ong et al. (2020) montrent que la structure du paysage et la fragmentation spatiale affectent fortement les coûts de transport des résidus agricoles et forestiers en Malaisie. Ong et Roda (2025) quantifient ensuite l’effet de l’humidité, de la disponibilité relative, de la densité de rendement, des stratégies d’approvisionnement et de la localisation des bioraffineries sur les coûts de production en Malaisie péninsulaire. Le sens économique et politique est : un résidu n’est pas encore une ressource. Il ne devient une ressource que s’il peut être collecté, séché, transporté, concentré et transformé à la bonne échelle.
Nos travaux concernent les biocarburants de deuxième génération. Ils ne sont pas produits à partir de cultures alimentaires destinées au sucre, à l’amidon ou aux huiles végétales. Ils reposent sur de la biomasse lignocellulosique non alimentaire : résidus agricoles, résidus forestiers, coproduits agro-industriels, biomasse ligneuse, paille, bagasse, rafles, troncs, palmes et autres résidus. Ils relèvent donc d’une logique d’économie circulaire : transformer des résidus biologiques déjà produits en vecteurs énergétiques, sans concurrence directe avec l’alimentation humaine.
Pour l’Asie du Sud-Est insulaire, ces travaux positionnent le CIRAD sur un sujet stratégique reliant changement climatique, bioéconomie circulaire, biomasse tropicale, écologie industrielle et souveraineté énergétique. La région dispose de volumes importants de résidus agricoles et forestiers. Leur mobilisation dépend cependant d’analyses spatiales fines, d’une logistique robuste et de partenariats longs avec agences publiques, institutions de recherche et opérateurs industriels.