Mieux détecter la maladie du balai de sorcière pour protéger le cacao en Guyane

17/04/2026
Face à la progression de la maladie du balai de sorcière (CWBD), le projet DECODE+ renforce la surveillance sanitaire des zones de production des espèces du genre Theobroma en Guyane. L’objectif est de mieux comprendre les risques pour le cacao et les espèces apparentées, tout en améliorant la détection précoce de la maladie. Ces cultures jouent un rôle clé dans les écosystèmes et l’économie de la région amazonienne. Afin d’accompagner les acteurs de terrain, le CIRAD a élaboré une fiche d’alerte visant à faciliter l’identification de la maladie et à préciser la conduite à tenir en cas d’apparition de symptômes.
Symptômes d'une infection naturelle par Rhizoctonia theobromae sur Theobroma cacao L. observés dans une exploitation mixte cacao-manioc en Guyane française (Maazou et al. 2026). © Abdoul-Raouf Sayadi Maazou, CIRAD
Symptômes d'une infection naturelle par Rhizoctonia theobromae sur Theobroma cacao L. observés dans une exploitation mixte cacao-manioc en Guyane française (Maazou et al. 2026). © Abdoul-Raouf Sayadi Maazou, CIRAD

Symptômes d'une infection naturelle par Rhizoctonia theobromae sur Theobroma cacao L. observés dans une exploitation mixte cacao-manioc en Guyane française (Maazou et al. 2026). © Abdoul-Raouf Sayadi Maazou, CIRAD

Une menace pour le cacao et la biodiversité

Déjà responsable d’impacts importants sur l’agrobiodiversité locale et les cultures de manioc, le champignon Rhizoctonia (Syn. Ceratobasidium) theobromae représente également une menace potentielle pour le cacaoyer (Theobroma cacao L.) ainsi que pour d’autres espèces proches comme le cupuaçu (T. grandiflorum) ou T. subincanum.

Des premiers résultats alarmants mais des incertitudes

Dans le cadre du projet DECODE, des essais ont été menés en Guyane en plaçant de jeunes cacaoyers à proximité de plants de manioc infectés. Des symptômes de nécrose ont été observés sur certains plants, et la présence du champignon a été confirmée par analyse moléculaire.

Cependant, une question essentielle reste en suspens : les souches présentes sur le manioc peuvent-elles provoquer des épidémies chez les espèces du genre Theobroma ?

Renforcer la surveillance et la recherche

Pour répondre à ces enjeux, le projet DECODE+ prévoit de poursuivre les travaux sur une durée d’un an. Les objectifs sont multiples : surveiller l’apparition de symptômes dans les cacaoyères, évaluer la capacité du champignon à infecter différentes espèces, et comparer la diversité génétique des populations présentes sur manioc et cacao.

Ces travaux permettront notamment de déterminer si le manioc peut constituer une source de contamination pour le cacaoyer.

Un appui à la prévention et à la gestion des cultures

En lien avec les services de l’État, les chercheurs et les acteurs agricoles, cette démarche vise à améliorer les capacités de détection et à orienter les stratégies de prévention. À terme, elle contribuera à protéger durablement les cultures de cacao et les écosystèmes associés en Guyane.

Les projets DECODE et DECODE+ sont financés par la Direction Générale de l’Alimentation, Ministère de l’agriculture et de la Souveraineté Alimentaire (DGAL).

Essai de pathogénicité croisée manioc-cacao en Guyane française (Maazou et al. 2026). © Abdoul-Raouf Sayadi Maazou, CIRAD

Essai de pathogénicité croisée manioc-cacao en Guyane française (Maazou et al. 2026). © Abdoul-Raouf Sayadi Maazou, CIRAD

Symptômes de l'infection par Rhizoctonia theobromae sur Theobroma cacao L. issus d'un essai de pathogénicité croisée manioc-cacao en Guyane française (Maazou et al. 2026). © Abdoul-Raouf Sayadi Maazou, CIRAD

Symptômes de l'infection par Rhizoctonia theobromae sur Theobroma cacao L. issus d'un essai de pathogénicité croisée manioc-cacao en Guyane française (Maazou et al. 2026). © Abdoul-Raouf Sayadi Maazou, CIRAD