Au Cameroun, des scientifiques croisent leurs travaux pour faire avancer la recherche sur les forêts du bassin du Congo

06/10/2026
Les forêts d'Afrique centrale jouent un rôle essentiel dans l'équilibre environnemental et le bien-être des populations. Si les taux de déforestation y demeurent relativement faibles, ils progressent notamment sous l'effet de la croissance démographique. Dans ce contexte, la recherche scientifique a pour mission de produire les connaissances nécessaires pour éclairer les décideurs et accompagner une gestion durable de ces écosystèmes. C'est précisément pour répondre à cet enjeu que sept programmes internationaux de recherche sur les forêts d'Afrique centrale, animés par une volonté commune de favoriser une gestion transparente, équitable et durable de ces forêts, ont uni leurs efforts. Afin de renforcer la contribution de la recherche à cette ambition, ils ont organisé les Journées scientifiques sur les forêts du bassin du Congo, évènement qui vise à favoriser le dialogue entre une soixantaine de jeunes chercheurs qu'ils soutiennent.
Une nouvelle génération de chercheuses et chercheurs réunie pour faire avancer la recherche sur les forêts d’Afrique centrale. © S. Koutchou, CIRAD
Une nouvelle génération de chercheuses et chercheurs réunie pour faire avancer la recherche sur les forêts d’Afrique centrale. © S. Koutchou, CIRAD

Une nouvelle génération de chercheuses et chercheurs réunie pour faire avancer la recherche sur les forêts d’Afrique centrale. © S. Koutchou, CIRAD

Du 23 au 25 septembre, les Journées scientifiques sur les forêts du Bassin du Congo ont réuni à Douala, au Cameroun, une communauté scientifique venue partager ses travaux, confronter ses approches et échanger autour des enjeux actuels de la recherche forestière en Afrique centrale. Organisées par l’Initiative One Forest Vision (OFVi), le Réseau de recherche sur les forêts d’Afrique centrale (R2FAC) et le programme Recherche appliquée en écologie et en sciences sociales en appui à la gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale (RESSAC), avec le soutien du Congo Basin Science Initiative (CBSI), du projet Océan durable et économie bleue en Afrique centrale (ODEBAC), de l’Observatoire des Forêts d’Afrique Centrale-Centre d’excellence (OFAC-CE) et du PEPR FairCarboN, ces Journées ont rassemblé, pendant trois jours, plus d’une centaine de scientifiques. Parmi eux figuraient une soixantaine de jeunes chercheurs et une vingtaine de chercheurs seniors, aux côtés de partenaires techniques et de représentants du secteur privé. Les participants étaient issus de huit pays : Cameroun, République du Congo, République démocratique du Congo, République centrafricaine, Tchad, Gabon, France et Burundi.

Huit thématiques pour explorer les recherches sur les forêts d’Afrique centrale

Les jeunes chercheuses et chercheurs ont présenté leurs travaux dans des sessions thématiques, offrant un espace pour confronter méthodes, hypothèses et résultats. Ces échanges ont permis de montrer la diversité des recherches menées sur les forêts et les territoires d’Afrique centrale. Ces travaux ont couvert huit grands thèmes scientifiques : gouvernance, biodiversité, écologie forestière, agroforesterie, gestion et usages, télédétection et carbone, écologie aquatique et hydrologie, sciences du bois.

Des temps forts pour croiser les regards et partager les connaissances

Au fil des trois journées, les participants ont assisté à cinq leçons inaugurales, consacrées notamment à la gouvernance des espaces forestiers, à la biodiversité, à l’écologie des arbres et des forêts, aux usages locaux et à la contribution des forêts d’Afrique centrale à l’environnement global. Deux tables rondes ont également rythmé les échanges, l’une consacrée aux perspectives de la recherche forestière en Afrique centrale, l’autre aux attentes du secteur privé à l’égard de la recherche publique sur les ressources naturelles.

Diversité des recherches et des parcours au cœur des Journées scientifiques

La valorisation des travaux des jeunes scientifiques a constitué l’un des fils conducteurs de l’événement. Huit doctorants ont été distingués pour la qualité de leurs communications lors des sessions thématiques. Leurs travaux illustrent la diversité des recherches menées sur les forêts et les territoires d’Afrique centrale. Ils portent notamment sur les relations entre éléphants de forêt et communautés locales au Gabon, les politiques de gestion forestière et la dégradation des forêts dans le Bassin du Congo, le stock de carbone des mangroves, la valorisation des essences forestières ou encore les dynamiques des systèmes alimentaires.

Les travaux récompensés abordent également la modélisation hydrologique, la diversité génétique, morphologique et ethnobotanique du palmier à huile, ainsi que la reconstruction écologique des forêts secondaires à travers la télédétection.

Cette richesse des sujets s’accompagne d’une diversité de parcours, avec des doctorants/post-doctorants issus de plusieurs universités d’Afrique centrale et de France, parmi lesquelles les universités de Dschang, Ngaoundéré, Marien Ngouabi, Denis Sassou Nguesso, Omar Bongo, Aix-Marseille, Bordeaux et Montpellier. Leurs travaux ont été soutenus par des programmes/initiatives de recherche, notamment One Forest Vision (OFVi), le Réseau de recherche sur les forêts d’Afrique centrale (R2FAC), le programme Recherche appliquée en écologie et en sciences sociale en appui à la gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale (RESSAC), Congo Basin Science Initiative (CBSI), et PEPR FairCarboN.

Cette mise en avant des jeunes scientifiques répond à l’une des ambitions des Journées : favoriser leur visibilité, leur développement professionnel et leur intégration dans les réseaux de recherche régionaux.

Les huit jeunes scientifiques distingué.e.s

Les 8 chercheurs distingués pour la qualité de leurs communications. © S. Koutchou, CIRAD

Les 8 chercheurs distingués pour la qualité de leurs communications. © S. Koutchou, CIRAD

  • Maganga Evny : coexistence entre éléphants de forêt et communautés locales au Gabon, rôle des facteurs écologiques et de la tolérance dans les dynamiques de conflits et d'atténuation
  • Cédric Adengoyo Beguide : cartographie des politiques de gestion forestière et de leurs impacts sur la dégradation des forêts dans le Bassin du Congo
  • Wendy Loys Keedi À Bougen : évaluation du stock de carbone dans les mangroves de l'estuaire du Wouri
  • Menelik II Prince Zengle: valorisation des essences forestières de promotion dans l'industrie du bois au Cameroun
  • Solange Maïmouna Solange : Dynamique du système alimentaire des Baka de l’Est-Cameroun du XXe siècle à 2025
  • Guy Junior Ahmed Molo :  Modélisation hydrologique de l'estuaire de la Sanaga, étude de l'impact des barrages hydroélectriques sur les écosystèmes avals (lac Ossa et lac Tissongo)
  • Emmafie Bonda : Analyse intégrée de la diversité génétique, morphologique et ethnobotanique du palmier à huile : comparaison entre formes sauvages et cultivées en République du Congo
  • Styven Mahoungou : Trajectoires de reconstruction écologique des forêts secondaires du nord Congo : Mécanismes, indicateurs et changement d’échelle par télédétection

Institutions présentes

  • Institut centrafricain de la recherche agronomique (ICRA) – République Centrafricaine
  • Institut national de recherche agronomique (INERA) – République démocratique du Congo
  • Landscape Alliance (CIFOR-ICRAF)
  • Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD)
  • Institut de recherche pour le développement (IRD)
  • Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) – Cameroun
  • Data Terra
  • Université de Douala – Cameroun
  • Université de Ngaoundéré – Cameroun
  • Université de Dschang – Cameroun
  • Institut de recherche en écologie tropicale (IRET) – Gabon
  • Institut national de Recherche Forestière (IRF) – République du Congo
  • World Wide Fund for Nature (WWF)
  • Université de Yaoundé I – Ecole normale supérieure (ENS)
  • Ecole régionale postuniversitaire d’aménagement et de gestion intégrés des forêts (ERAIFT) – République démocratique du Congo

Chiffres clés

  • 3 jours d’échanges scientifiques
  • Plus de 100 chercheurs/chercheuses réuni.e.s
  • 8 pays représentés
  • 8 thèmes scientifiques abordés
  • 5 leçons inaugurales
  • 8 doctorant.e.s distingué.e.s pour leurs communications
  • 2 tables rondes consacrées aux relations entre recherche, secteur privé et communauté scientifique