Des bioénergies durables pour les petites entreprises agroalimentaires des territoires ruraux d’Afrique de l’Ouest - BIOSTAR

Coques de noix de cajou, balle de riz, noyaux de mangue : ces résidus produits par les PME agroalimentaires sont autant de sources potentielles de bioénergie. Une option énergétique durable que le Cirad et 9 de ses partenaires ambitionnent de développer en Afrique de l’Ouest.
Le projet valorise les sous-produits émanant du karité (tourteaux de pressage, boue de barattage et coques) en tant que combustible, au lieu du bois de feu, non renouvelable, utilisé traditionnellement. © J. Blin, Cirad
Le projet valorise les sous-produits émanant du karité (tourteaux de pressage, boue de barattage et coques) en tant que combustible, au lieu du bois de feu, non renouvelable, utilisé traditionnellement. © J. Blin, Cirad

Le projet valorise les sous-produits émanant du karité (tourteaux de pressage, boue de barattage et coques) en tant que combustible, au lieu du bois de feu, non renouvelable, utilisé traditionnellement. © J. Blin, Cirad

Enjeux

En Afrique de l’Ouest, l’accès à l’énergie en zones rurales est souvent fluctuant, cher et insuffisant. Pour sécuriser leur approvisionnement énergétique, les PME de transformation agroalimentaire sont contraintes de s’implanter en banlieues des villes. Conséquence : le transport des matières premières depuis les zones de production agricole engendre un surcoût et s’accompagne de la perte d’une partie des récoltes. La concentration urbaine croît au détriment des zones rurales qui peinent à se développer, avec une activité alors limitée à l’agriculture. Par ailleurs, ces entreprises de transformation agroalimentaire génèrent des résidus organiques qui, mal gérés, entraînent des problèmes en termes de santé et de sécurité publiques et/ou de contamination environnementale. Or, cette biomasse - coques des noix de cajou et d’arachide, noyaux de mangue ou balle de riz - est une source potentielle d’énergie : chaleur, force motrice, électricité.

Descriptif

Le projet BioStar vise à implanter dans les PME agroalimentaires ou à proximité, des unités de production de bioénergies à partir de leurs résidus organiques. 5 filières ont été identifiées - noix de cajou (anacarde), arachide, karité, mangue et riz – au sein desquelles, en collaboration avec les organisations interprofessionnelles locales, des PME en capacité d’innover seront choisies. La qualité d’un approvisionnement durable en résidus constituera un facteur clé.  Seize prototypes d’équipements de production de bioénergie seront adaptés à la situation de chaque PME et installés par des équipementiers sahéliens et/ou européens. À la fin du projet, les unités expérimentales seront rétrocédées aux PME. Enfin, une filière de formation sera déployée afin de développer le secteur des bioénergies en Afrique sahélienne, grâce à l’implication des décideurs politiques locaux, nationaux et sous régionaux. Cette démarche vise à la mise en place d’un cadre politique plus favorable à ce développement dans les territoires ruraux.

Impacts attendus

  • L’autonomie énergétique des PME, permettant leur implantation au plus près des productions agricoles et contribuant à l’emploi rural et la sécurité alimentaire des populations
  • Un meilleur fonctionnement des filières agricoles dans leur ensemble
  • Une hausse des revenus des femmes ; la transformation du karité et de l’anacarde par exemple étant très majoritairement réalisée par des groupements féminins
  • Le développement du secteur bioénergie dans les territoires ruraux, en favorisant l’installation d'entreprises spécialisées sur la bioénergie (équipementiers, maintenance des infrastructures, fourniture de services énergétiques)
  • Une protection de l’environnement renforcée, via l’abandon de dérivés pétroliers pour la production d’énergie ainsi que la valorisation énergétique de sous-produits, co-produits, déchets des filières agroalimentaires

Partenaires

  • 5 instituts de recherche et de formation nationaux d’Afrique de l’ouest (2iE, IRSAT, Université Ouagadougou II, ISRA/Bame, Université Gaston Berger de Saint-Louis-du-Sénégal)
  • 3 institutions de recherche européennes (l'Université catholique de Louvain en Belgique, l'Institut d'ingénierie agricole de l'Université de Hohenheim en Allemagne et l'Université Roma III en Italie)
  • Une ONG (Nitidae)