Lancement officiel du projet BioStar : des bioénergies pour les PME d’Afrique de l’Ouest

Événement 16 avril 2021
Le projet BioStar a officiellement été lancé jeudi 15 avril à l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou. La cérémonie s’est déroulée, en présence des représentants de l’Université, du CNRST, de l’AFD, de la Délégation de l’Union européenne du Burkina Faso, du Cirad*, sous la présidence du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation du Burkina Faso.
BioStar vise à améliorer l'approvisionnement énergétique des PME agroalimentaires d’Afrique de l’Ouest en convertissant leurs résidus en chaleur, force motrice ou électricité © D. Dia, Isra
BioStar vise à améliorer l'approvisionnement énergétique des PME agroalimentaires d’Afrique de l’Ouest en convertissant leurs résidus en chaleur, force motrice ou électricité © D. Dia, Isra

BioStar vise à améliorer l'approvisionnement énergétique des PME agroalimentaires d’Afrique de l’Ouest en convertissant leurs résidus en chaleur, force motrice ou électricité © D. Dia, Isra

Contribuer à la sécurité énergétique et alimentaire en Afrique de l’Ouest, en développant un secteur bioénergie innovant et en répondant aux besoins des PME de transformation agroalimentaires : c’est l’objectif du projet BioStar financé pour 5 ans par le programme DeSIRA de l’Union Européenne et par l’Agence Française de Développement, à hauteur respective de 9,4 et 2 millions d'euros.

« BioStar vise à améliorer l'approvisionnement énergétique des PME agroalimentaires d’Afrique de l’Ouest en convertissant leurs résidus en chaleur, force motrice ou électricité », précise Joël Blin, chercheur au Cirad, coordinateur du projet.

L’introduction de ces innovations en bioénergies au sein de ces PME devrait permettre de sécuriser leurs approvisionnements énergétiques et ainsi de les rendre autonomes pour faire fonctionner leurs procédés de décorticage, séchage, extraction, étuvage, etc. « Cela va contribuer à l’implantation de ces PME en zone rurale, au plus près des productions agricoles pour limiter les transports de matière première, et ainsi les pertes post-récolte, et générer de l’emploi », poursuit-il.

L’ensemble de ces éléments ne peut durablement être réalisé que si des acteurs spécialisés accompagnent ces PME dans cette transition. Le projet BioStar ambitionne donc de faire émerger un secteur bioénergie en suscitant une organisation et un cadre de concertation pour ce secteur.

Cinq filières au cœur du projet

L’un des piliers de BioStar est l’optimisation de la transformation des aliments. Cinq filières agroalimentaires sont ainsi au cœur du projet : anacarde, karité, riz, mangue et arachide. Elles ont été choisies en fonction de leur importance économique dans les pays cibles, de l’implication massive des femmes au sein de ces filières et également parce qu’elles font l’objet de stratégies nationales pour leur développement durable.
En outre pour toutes ces filières, la transformation du produit agricole en produit alimentaire requiert de l’énergie et génère des résidus qui sont peu ou pas valorisés aujourd’hui.

Ainsi, des PME de transformation agroalimentaires de ces cinq filières vont être sélectionnées en début de projet pour y introduire une technologie bioénergie qui permette de valoriser leurs résidus agroalimentaires en énergie.

Un projet à vocation régionale rassemblant neuf partenaires

BioStar est un projet à vocation régionale avec des mises en œuvre au Burkina Faso, (8 PME pilotes) et au Sénégal (8 PME pilotes), et des activités de dissémination en Côte d’Ivoire, au Mali et au Niger.

Pour l’Ambassadeur de l’Union Européenne au Burkina Faso, S.Exc. Wolfram Vetter : « BioStar est un projet phare qui s’intègre parfaitement dans notre stratégie qui vise à promouvoir l’innovation des systèmes de transformation agroalimentaire afin de les rendre plus résilients aux effets du changement climatique ». Directeur de l’agence régionale Sahel de l’AFD, Gilles Chausse appuie : « BioStar est à la croisée des grandes ambitions que notre agence porte partout dans le monde, en matière de climat et de lien social, où la recherche est vraiment au service du développement durable ».

Coordonné par le Cirad pour 5 ans, le projet réunit un consortium de neuf partenaires d’Afrique de l’Ouest et d’Europe : l’institut 2iE (Burkina Faso), l’IRSAT (Burkina Faso), l’Université Thomas Sankara (Burkina Faso), l’ISRA (Sénégal), l’Université Gaston Berger (Sénégal), Nitidae (Burkina Faso/France), l’Université Catholique de Louvain (Belgique), l’Université de Hohenheim (Allemagne) et l’Université Roma Tre (Italie).

« Ce projet est une parfaite illustration d’une recherche scientifique qui veut avoir un impact sur le développement économique et social au bénéfice des populations. Une recherche qui est basée sur des partenariats de qualité inscrits dans la durée entre tous les acteurs concernés. Les clés de réussite d’un tel projet reposent en effet sur la confiance entre institutions, la complémentarité des compétences et les synergies fortes entre partenaires africains et européens regroupés au sein du consortium BioStar » , se réjouit également Michel Eddi, PDG du Cirad.

Le montant du projet BioStar s’élève au total à 11,4 millions d'euros.

Cérémonie officielle de lancement de BioStar

Cérémonie officielle de lancement de BioStar

*étaient présents à la cérémonie officielle de lancement de BioStar :

  • Pr. Roger Nebie, délégué général du CNRST
  • Pr. Adjima Thiombiano, président de l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou,
  • Pr Florent Song Naba, vice-président chargé de la recherche et de la coopération internationale,université Thomas Sankara,
  • José Sanchez Alegre, conseiller politique, chargé d’affaires, délégation de l’Union européenne au Burkina Faso,
  • Gilles Chausse, directeur de l’agence régionale Sahel de l’AFD,
  • Michel Eddi, PDG du Cirad.