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COMBAT : cinq années de recherche pour renforcer la lutte contre la trypanosomose animale en Afrique
Contrôle vétérinaire à Gaoua, Burkina Faso © Alain Boulangé, Cirad
Le projet COMBAT en bref
Nom : COntrolling and progressively Minimizing the Burden of Animal Trypanosomosis (COMBAT)
Période : septembre 2021 – août 2026
Coordination : CIRAD
Financement : Union européenne – Horizon 2020
Contribution de l’Union européenne : 5,9 millions d’euros
Consortium : 21 partenaires
Pays africains directement concernés : 13
Coordinateur scientifique : Alain Boulangé, chercheur au Cirad, unité Intertryp
Cartographier la maladie et ses vecteurs pour mieux agir
L’un des principaux acquis du projet réside dans l’amélioration des connaissances sur la répartition de la trypanosomose animale et de ses vecteurs.
COMBAT a contribué à la production de huit nouveaux atlas nationaux et à l’amélioration de cinq atlas existants. Ces outils permettent de rassembler et de structurer les données disponibles sur la présence des mouches tsé-tsé et de la maladie afin d’identifier plus précisément les zones à risque et de mieux orienter les interventions.
En Afrique de l’Ouest, plusieurs pays ont bénéficié de ces avancées. En Côte d’Ivoire, les travaux ont notamment abouti à l’élaboration d’un atlas national de la distribution des glossines, publié en 2026. Des travaux de modélisation ont également permis d’affiner les connaissances sur leur distribution.
Au Burkina Faso, le projet a contribué à l’amélioration de l’atlas national de la trypanosomose animale et de ses vecteurs. D’autres recherches ont porté sur les populations résiduelles de glossines dans des zones faisant l’objet d’actions de lutte, notamment en Côte d’Ivoire et au Sénégal.
Ces informations géographiques et épidémiologiques constituent des ressources importantes pour les services vétérinaires et les acteurs de la lutte, qui peuvent ainsi mieux identifier les zones prioritaires.
Des outils de diagnostic et de lutte améliorés
COMBAT ne s’est pas limité à la production de connaissances. Le projet a également travaillé au développement et à l’amélioration d’outils permettant de détecter la maladie et de lutter contre ses vecteurs.
Les recherches ont notamment porté sur des méthodes de diagnostic plus accessibles ainsi que sur de nouvelles solutions de contrôle des insectes vecteurs. Parmi les pistes étudiées figure le développement de dispositifs de piégeage utilisant des matériaux biodégradables, avec l’objectif de proposer des méthodes de lutte plus respectueuses de l’environnement.
Le projet a également permis d’approfondir les connaissances sur les interactions entre les parasites, leurs vecteurs et leurs hôtes et sur le rôle de différents insectes dans la transmission de la maladie.
L’utilisation des systèmes d’information géographique et de la modélisation complète ces travaux en permettant de mieux comprendre la distribution des vecteurs et d’améliorer l’évaluation des risques.
En Côte d’Ivoire, une recherche au plus près du terrain
La Côte d’Ivoire a occupé une place importante dans le dispositif de recherche de COMBAT. Le coordinateur scientifique du projet, Alain Boulangé, parasitologiste moléculaire au Cirad, est basé à l’Institut Pierre Richet à Bouaké.
Le pays a notamment servi de terrain pour étudier les effets des actions de lutte antivectorielle et approfondir les connaissances sur les populations de glossines encore présentes après les interventions de contrôle.
Cette proximité avec les terrains d'étude illustre l’approche portée par COMBAT : associer production de connaissances scientifiques, besoins des services vétérinaires et réalités opérationnelles des pays concernés.
« La force de ce projet réside dans le fait qu’il rassemble à la fois des institutions de recherche, européennes mais surtout africaines, et les autorités vétérinaires des pays concernés. »
Alain Boulangé, coordinateur du projet COMBAT au Cirad
Accompagner les pays vers un contrôle progressif
L’un des enjeux du projet était également de transformer les résultats scientifiques en outils utilisables par les acteurs chargés de la surveillance et du contrôle de la maladie.
COMBAT s’est notamment appuyé sur le parcours de contrôle progressif – PCP (Progressive Control Pathway). Cette démarche permet aux pays d’avancer par étapes dans la lutte contre la trypanosomose animale en fonction de leur situation épidémiologique, de leurs capacités et des priorités identifiées.
Des stratégies, lignes directrices et feuilles de route ont ainsi été développées pour accompagner les pays dans la construction de programmes de lutte adaptés à leurs contextes.
Le renforcement des capacités a également occupé une place centrale. Chercheurs, techniciens, services vétérinaires et autres acteurs impliqués dans la surveillance et la lutte ont été associés aux différentes activités du projet, afin de favoriser l’appropriation et l’utilisation durable des outils développés.
Faire vivre les acquis au-delà du projet
Achevé le 31 août 2026, COMBAT laisse derrière lui des données, des atlas, des méthodes, des outils et un réseau de collaborations scientifiques et institutionnelles mobilisables au-delà du projet.
Pour la Côte d’Ivoire et les autres pays d’Afrique de l’Ouest concernés, l’enjeu est désormais de poursuivre l’exploitation et l’actualisation de ces connaissances, tout en renforçant leur utilisation dans les dispositifs nationaux de surveillance et de lutte.
Les acquis de COMBAT offrent ainsi de nouvelles bases scientifiques et opérationnelles pour mieux cibler les interventions et accompagner les pays africains vers un contrôle progressif et durable de la trypanosomose animale.