- Home
- Worldwide
- Our regional offices
- West Africa - Forest and Humid Savannah
- Actualités : Afrique de l’Ouest – Forêt et savane humide
- B2A La banane agroécologique, c’est possible
Le projet B2A ouvre la voie à une banane d’export plus durable
Au cœur des bananeraies tropicales © B2A, Cirad
Une recherche partenariale pour accélérer la transition agroécologique des bananeraies
Lancé en 2017 et conduit jusqu’en 2025, le projet B2A (Banane agroécologique pour l’Afrique) est né d’un partenariat entre le Cirad et la Compagnie Fruitière, à travers ses filiales implantées en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Ghana et au Sénégal.
Face aux évolutions réglementaires sur les produits phytosanitaires et aux attentes croissantes en matière de durabilité, le projet a exploré plusieurs leviers pour réduire la dépendance aux intrants chimiques dans les systèmes de production de banane d’export.
Cette recherche partenariale a permis d’expérimenter, valider puis transférer des innovations aujourd’hui mises en œuvre dans les plantations.
Réduire les fongicides pour une protection sanitaire plus durable
L’un des acquis majeurs du projet concerne la lutte contre la cercosporiose du bananier.
Les travaux ont permis de développer des stratégies d’avertissement rendant possible l’abandon du mancozèbe, longtemps pilier de la protection phytosanitaire. Ce travail s’est accompagné d’un dispositif de suivi des résistances aux fongicides systémiques et de l’évaluation de 21 produits de biocontrôle.
Ces avancées ont permis de réduire de plus de 50 % la fréquence des traitements phytosanitaires et de 75 % les quantités de matières actives utilisées.
La stratégie « zéro mancozèbe » est aujourd’hui déployée sur 2 300 hectares de plantations en Côte d’Ivoire.
Repenser la gestion des ravageurs pour diminuer les pesticides
Le projet a également permis de renforcer la gestion des nématodes et du charançon du bananier.
L’amélioration des jachères, le broyage des résidus végétaux contaminés, le recours au piégeage grâce à la phéromone Cosmolure® et l’utilisation de vitroplants sains ont permis d’améliorer la prévention sanitaire.
Deux laboratoires, en Côte d’Ivoire et au Cameroun, ont été mis en place pour assurer le suivi de la contamination des plants, avec un transfert de compétences et des audits réguliers.
Ces innovations ont permis de réduire de 40 % l’usage des nématicides et de 97 % celui des insecticides en Côte d’Ivoire, ouvrant la voie à des stratégies visant le zéro pesticide.
Optimiser la fertilisation pour des systèmes plus sobres en intrants
Le projet a aussi travaillé sur la réduction des engrais minéraux.
L’évaluation d’un indicateur de nutrition azotée et une meilleure prise en compte des apports organiques ont permis d’ajuster les pratiques de fertilisation.
Les apports azotés ont été réduits de 20 %, tandis que les apports de potasse ont diminué de 30 %.
Ces résultats confirment qu’une intensification plus efficiente et plus sobre en intrants est possible.
Intégrer les plantes de service au cœur des systèmes de culture
Autre levier exploré par B2A, l’intégration de plantes de service dans les systèmes de culture.
Des couverts végétaux pendant les jachères, notamment des crotalaires, et des légumineuses comme Arachis repens sous bananeraie contribuent à améliorer le fonctionnement biologique des sols et à limiter le recours aux herbicides.
L’usage des herbicides a ainsi été réduit de 40 %.
Ces dispositifs illustrent le potentiel des approches agroécologiques à l’échelle du système de culture.
Des innovations de recherche déjà déployées dans les plantations
Au-delà des résultats obtenus, B2A montre que la transition agroécologique des filières bananières d’export est déjà engagée.
En articulant recherche, expérimentation en conditions réelles et déploiement dans les plantations, le projet ouvre des perspectives pour concilier compétitivité, réduction des intrants et durabilité environnementale.
Ces travaux contribuent à repenser les systèmes bananiers en Afrique et montrent que des alternatives crédibles aux modèles conventionnels sont déjà à l’œuvre.