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Forêts du Gabon : l’initiative One Forest Vision relance l’étude des lianes à la station d’Ipassa
Identification d’une espèce de liane. © B. Kacamak
Du 21 juillet au 15 août 2025, autour des parcelles permanentes historiques d’Ipassa à Makokou, 192 lianes ont été récoltées, appartenant à 16 familles botaniques et représentant plus de 75 espèces. Déjà inventoriées en 1979 et 1992 par Guy Caballé et son équipe, ces plantes restent encore peu connues. Aujourd’hui, les arbres sont suivis dans 14 parcelles permanentes par les chercheurs de l’Institut de recherche en écologie tropicale (IRET) dans la même zone. Chaque liane a été documentée grâce à des herbiers et des photographies détaillées des feuilles, de l’écorce, du latex, de leur mode d’accrochage et du flash (section faite sur la tige de la liane où l'on peut voir l'écorce interne et externe, la couleur du bois et le latex). Ces informations permettront de mieux identifier les lianes via l’application Pl@ntNet et de concevoir des guides de terrain.
Explorer la diversité morphologique et anatomique des feuilles et des tiges des lianes
Pour mieux comprendre comment les lianes vivent, se développent et s’adaptent à leur environnement, certaines caractéristiques ont été mesurées, appelées traits fonctionnels. Ces traits montrent comment une plante fonctionne et s’organise pour survivre. Pour les feuilles, leur taille, leur épaisseur, leur surface et leur masse fraiche et sèche ont été mesurées afin de comprendre comment elles captent la lumière, s’investissent dans la photosynthèse et dans la structure mécanique.
Pour les tiges, deux échantillons ont été mesurés. D’abord, la densité du bois après écorçage, c’est-à-dire combien de matière se trouve dans un certain volume de bois. Pour cela, la technique de la poussée d’Archimède qui permet de mesurer le volume d’eau déplacé par le bois a été utilisée. Cette mesure permet de savoir à quel point la tige est solide et capable de soutenir la plante tout en transportant l’eau et les nutriments vers les feuilles. Ensuite, après ponçage, la structure interne des tissus a été scannée pour identifier et délimiter les différents tissus anatomiques et comprendre comment elles sont organisées et reliées. Cette combinaison de traits fonctionnels illustre les stratégies écologiques des lianes, c’est-à-dire la manière dont elles s’adaptent pour survivre, grimper, résister aux perturbations et tirer parti de la lumière dans la forêt. Avec une diversité anatomique parmi les plus originales du règne végétal, l’agencement des tissus confère aux lianes des propriétés uniques de flexibilité et de résilience face aux perturbations.
Inventorier pour mieux comprendre le fonctionnement et la biodiversité des forêts gabonaises
Lors de la prochaine campagne de terrain, un inventaire des lianes supérieur ou égale à un centimètre de diamètre sera lancé dans les 14 parcelles permanentes de la station d’Ipassa, l’un des super-sites de référence du réseau GEO-TREES, dédié au suivi de la biomasse et du carbone des forêts tropicales. Ce travail, ainsi que le suivi de la végétation dans les parcelles permanentes prévu en 2026, constituent des études importantes pour mieux comprendre le fonctionnement et la biodiversité des forêts gabonaises. Ces recherches sont rendues possibles grâce au renouvellement de l’accord-cadre entre le Cirad et le Centre national de la recherche scientifique et technologique (CENAREST) en février 2025 et au financement de l’initiative One Forest Vision.