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Du chocolat sans déforestation ? Le défi relevé par le Cirad en Guyane
Vers une cacao culture durable © Cirad
C’est une réalité méconnue qui bouscule nos habitudes de consommation : le chocolat figure parmi les produits alimentaires au bilan carbone très lourd. Contrairement aux idées reçues, ce n'est pas le transport qui pèse le plus, mais bien la phase agricole. En cause ? La déforestation massive. Le constat est sans appel : l'impact carbone du cacao dépasse celui de l'huile de palme ou du porc. Ce reportage de Brut, dont le tournage a été réalisé en novembre dernier, nous emmène dans la collection vivante du Cirad en Guyane, véritable sanctuaire de biodiversité, qui regroupe plus de 200 clones.
L'innovation au service de la forêt
Pourtant, une alternative existe. A travers un reportage passionnant et didactique, le média Brut est allé à la rencontre de celles et ceux qui dessinent la cacaoculture de demain. Au Cirad en Guyane, Abdoul-Raouf Sayadi Maazou, sélectionneur et généticien, mène un combat essentiel : mobiliser la diversité génétique pour décarboner la production. En croisant des espèces endémiques résistantes aux maladies avec des variétés plus productives, les scientifiques créent des clones capables de répondre aux défis climatiques. Ce travail de précision est aussi porté sur le terrain par nos experts : Ellen Alves Cavalcante assure la délicate opération de la pollinisation, Edouard Thinot gère la collection. En bout de chaîne, l'ingénieur Fabien Doaré, se dédie à la transformation du cacao. Dans la micro-chocolaterie, Fabien s'attache à développer la filière "cacao Guiana" tout en poursuivant une mission de formation des agriculteurs.
L’agroforesterie : le retour à l'équilibre
« Il est possible de cultiver tout en protégeant la nature », témoigne Abdoul-Raouf S Maazou. La solution ? L’agroforesterie. Au lieu de raser la forêt, l'idée est de co-concevoir avec les producteurs des systèmes où le cacaoyer s'épanouit à l'ombre d'autres essences forestières. Et cela, tout en proposant des revenus décents aux agriculteurs.
En suivant Abdoul-Raouf, Ellen, Edouard ou Fabien au milieu de cette collection vivante, on comprend qu'une partie du futur bas carbone se dessine là, entre science et terrain. Un reportage de 12 minutes, à voir absolument, pour mesurer l'importance de ces travaux et la force de cette diversité génétique qui, alliée à une transformation globale de nos pratiques, sera l'une des clés pour préserver la planète.