- Accueil
- Dans le monde
- Nos directions régionales
- Afrique de l’Ouest - Zone sèche
- Actualités
- L’agroécologie s’implante dans les terroirs du Sénégal
Cap sur 2050 : la commune d’Oussouye au Sénégal prépare son avenir agroécologique
Séance plénière pour définir et mandater les instances de pilotage de la DyTAEL. © R. Belmin, Cirad
Les 28 et 29 octobre 2025, les acteurs de l'agroécologie d'Oussouye au Sud du Sénégal se sont réunis dans le cadre d'un atelier pour réfléchir sur les actions concrètes à mettre en oeuvre pour rendre effective la Vision Oussouye 2050.
Repartis en cinq groupes thématiques, ces acteurs, composés d'organismes de recherche, d'ONG, de coopératives, d'organisations de producteurs et des autorités locales et coutumières, ont identifié les actions à entreprendre dans le court, moyen et long terme pour concrétiser la Vision Oussouye 2050. Agriculture, forêts, conservation des ressources halieutiques, valeurs socioculturelles et économie fondée sur le terroir sont les thématiques de réflexion de cette vision qui sont illustrées par des images graphiques.
Cette rencontre stratégique pour la Dynamique pour une transition agroécologique locale (DyTAEL) d’Oussouye a permis de :
- Définir et mandater les instances de pilotage de la DyTAEL.
- Identifier les rôles, responsabilités et articulations entre ces différentes instances de gouvernance.
- Construire un scénario de backcasting* permettant de planifier les étapes stratégiques menant de la situation actuelle à la vision Oussouye 2050.
- Elaborer une série de supports pédagogiques, posters illustrés, traduisant la vision Oussouye 2050 et facilitant la communication et la mobilisation des acteurs.
* Le backcasting est une méthode de planification qui commence par la définition d'un avenir souhaitable, puis travaille à rebours pour identifier les politiques et les programmes qui permettront de relier cet avenir au présent.
Consolider la dynamique pour une transition agroécologique locale à Oussouye
Le collectif « Potentiels de résilience et d’autodétermination des territoires agroécologiques menacés » (Pratam) accompagne la dynamique de transition agroécologique à Oussouye. Il rassemble des acteurs académiques et non académiques dans le but de produire des connaissances activables sur le patrimoine agroécologique de Basse Casamance, et accompagner sa reconnaissance, son maintien et sa valorisation.
Depuis mars 2025, le collectif Pratam appuie la dynamique agroécologique à Oussouye dans son émergence et sa structuration. La mobilisation a démarré en mars 2025 avec l’atelier d’idéotypage régional de Cap Skirring, qui a permis de construire une « vision Casamance 2050 » et d’acter la décision d’aller vers une DyTAEL à Oussouye, complémentaire de celle de la commune de Bignona, ayant des ressources naturelles similaires et une proximité géographique.
Initiée par la Dynamique pour une transition agroécologique au Sénégal (DyTAES), la Caravane agroécologique de mai 2025, en sillonnant les quatorze régions du Sénégal, a marqué le démarrage officiel de cette dynamique, et son orientation particulière autour des enjeux de maintien du patrimoine agroécologique du département. En juillet 2025, la DyTAEL d’Oussouye, organisme local faisant la promotion de l'agroécologie et une des satellites de la DyTAES au niveau local, a été réunie une nouvelle fois permettant de transposer la « vision Casamance 2050 » en une vision spécifique pour le département d’Oussouye. Une première cartographie des acteurs de la DyTAEL a été réalisée et un comité d’organisation provisoire a été institué.
Nourrir le dialogue territorial et la planification stratégique de la DyTAEL
Le Cirad, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) et l’Université Assane Seck de Ziguinchor (Sénégal) ont lancé un vaste inventaire du patrimoine agroécologique de la Basse Casamance. Une méthode d’inventaire a été élaborée, validée collectivement et mise en œuvre de manière systématique sur l’ensemble de la région. Certains membres du groupe d’experts Pratam ont accompagné le lancement de l’inventaire en se concentrant sur deux entités emblématiques du patrimoine régional :
- Le Eneng, liane forestière menacée mais hautement symbolique des forêts sacrées.
- Les cases à impluvium, architectures locales représentatives du génie écologique et social diola.
En Basse Casamance, le patrimoine agroécologique désigne le tissu vivant et évolutif qui relie les sociétés humaines, les milieux naturels et les activités productives au sein d’un territoire exceptionnellement riche et diversifié. La rencontre d’idéotypage de Cap-Skirring de mars 2025 a révélé que le patrimoine agroécologique de Basse Casamance englobe les systèmes agricoles (rizicultures de bas-fonds, cultures vivrières, vergers, élevages familiaux), les écosystèmes forestiers et halieutiques qui soutiennent la vie et la subsistance (forêts, brousses, mangroves, bolongs), ainsi que les savoirs, institutions et pratiques socio-culturels qui organisent leur usage, leur protection et leur transmission. Ce patrimoine comprend aussi les dynamiques économiques de valorisation des produits et services du territoire, qu’il s’agisse de la transformation artisanale, du commerce local ou du tourisme écologique et culturel.