Agriculture ivoirienne : quels futurs possibles à l’horizon 2045 ?

01/07/2026
Cette vidéo d’animation issue du projet Terri4Sol invite à explorer les trajectoires possibles des territoires agricoles et forestiers de Côte d’Ivoire face aux défis du changement climatique, de la dégradation des sols, de la pression foncière et des transformations des systèmes alimentaires. Fruit d’un exercice de prospective participative réunissant chercheurs, producteurs, décideurs publics et acteurs du développement, cette production met en scène quatre scénarios contrastés pour nourrir la réflexion collective et éclairer les choix d’aujourd’hui.
Illustration extraite de la vidéo d'animation réalisée à partir des travaux de l'atelier de prospective « Les futurs de l'agriculture en Côte d'Ivoire », Yamoussoukro, juin 2024. © Projet Terri4Sol, Cirad
Illustration extraite de la vidéo d'animation réalisée à partir des travaux de l'atelier de prospective « Les futurs de l'agriculture en Côte d'Ivoire », Yamoussoukro, juin 2024. © Projet Terri4Sol, Cirad

Illustration extraite de la vidéo d'animation réalisée à partir des travaux de l'atelier de prospective « Les futurs de l'agriculture en Côte d'Ivoire », Yamoussoukro, juin 2024. © Projet Terri4Sol, cirad

Découvrir les futurs possibles de l’agriculture ivoirienne

Réalisée dans le cadre du projet Terri4Sol, cette vidéo d’animation restitue les principaux enseignements de l’atelier de prospective « Les futurs de l’agriculture en Côte d’Ivoire », organisé à Yamoussoukro en juin 2024. À travers quatre scénarios contrastés, elle offre un support accessible pour comprendre les défis à venir et alimenter le dialogue entre acteurs autour de l’avenir des territoires agricoles et forestiers ivoiriens.

Imaginer l’avenir pour mieux agir aujourd’hui

Comment l’agriculture ivoirienne évoluera-t-elle à l’horizon 2045 ? Quelles seront les conséquences du changement climatique, de la dégradation des sols, de l’évolution des marchés agricoles ou encore des pressions exercées sur les terres ?

Autant de questions qui ont guidé la démarche de prospective menée dans le cadre du projet Terri4Sol. Contrairement à une prévision, la prospective ne cherche pas à annoncer ce que sera l’avenir. Elle permet d’explorer différents futurs possibles afin de mieux comprendre les transformations en cours, d’identifier les incertitudes majeures et de nourrir la prise de décision.

Cette approche repose sur une vision systémique des territoires agricoles, où les dimensions environnementales, économiques, sociales et politiques interagissent en permanence. Elle constitue ainsi un outil particulièrement pertinent pour réfléchir aux conditions nécessaires à une agriculture plus durable et résiliente. L’horizon 2045 a été retenu comme cible, correspondant à l’échelle d’une génération, le temps nécessaire pour que les décisions d’aujourd’hui produisent leurs effets sur les territoires.

Un projet au service de la restauration durable des sols

La démarche prospective présentée dans cette vidéo s’inscrit dans le cadre du projet Terri4Sol, qui vise à accompagner la transition vers des systèmes agricoles plus durables dans les zones post-forestières de Côte d’Ivoire, c’est-à-dire les régions de la moitié sud du pays autrefois couvertes de forêt dense et progressivement transformées par l’agriculture. Face à des enjeux croissants de dégradation des sols, de sécurité alimentaire et de pression sur les ressources naturelles, le projet mobilise une approche participative associant chercheurs, agriculteurs, organisations professionnelles, institutions publiques et acteurs du développement.

Une réflexion collective ancrée dans les réalités du terrain

La démarche prospective engagée par Terri4Sol s’est construite progressivement. Une première étape, menée en 2023, a permis d’analyser les trajectoires historiques d’occupation des terres dans la zone post-forestière ivoirienne et d’identifier les principales cultures concernées. Elle a été complétée par des entretiens réalisés auprès d’un large éventail d’acteurs entre février et mai 2024 afin de recueillir leurs perceptions des enjeux, leurs préoccupations et leurs visions de l’avenir.

Ces travaux ont alimenté l’atelier de prospective organisé du 4 au 6 juin 2024 à l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) de Yamoussoukro. Pendant trois jours, agriculteurs, représentants de coopératives, organisations de la société civile, institutions publiques, chercheurs et enseignants-chercheurs ont travaillé ensemble pour imaginer les futurs possibles de l’agriculture dans la zone post-forestière ivoirienne.

Ensemble, les participants ont mis en commun leurs connaissances et leurs expériences afin de faire émerger plusieurs visions cohérentes mais contrastées de l’avenir.

Les grands facteurs qui façonneront les territoires de demain

Les échanges ont permis d’identifier plusieurs facteurs déterminants susceptibles d’influencer l’évolution de l’agriculture ivoirienne au cours des prochaines décennies.

Parmi les facteurs externes figurent notamment l’évolution des prix internationaux des cultures de rente, la répartition des précipitations au fil de l’année, la stabilité politique du pays ou encore la fréquence des maladies et ravageurs. Du côté des facteurs internes, les participants ont souligné l’importance du revenu des agriculteurs, de la gouvernance foncière, du développement des activités minières, de l’intérêt des jeunes pour l’agriculture, de la qualité du conseil agricole et du renforcement des institutions publiques.

Quatre scénarios pour explorer les futurs possibles

À partir de ces facteurs, quatre scénarios ont été élaborés collectivement. Ils ne constituent ni des prévisions ni des feuilles de route, mais des récits plausibles destinés à nourrir le débat et à mettre en lumière les conséquences de certaines dynamiques actuelles.

« La terre nourrit son homme »

Ce scénario décrit un futur favorable où stabilité politique, gouvernance foncière renforcée, revenus agricoles satisfaisants et accompagnement des producteurs permettent de concilier développement agricole, sécurité alimentaire et préservation des ressources naturelles.

« Une agriculture durable en marche »

Malgré un contexte climatique plus contraignant, cette trajectoire repose sur le développement des innovations agroécologiques, la gestion durable de l’eau, le renforcement des organisations agricoles et l’engagement des politiques publiques pour soutenir la transition.

« Déstructuration socio-économique de la Côte d’Ivoire »

Dans ce scénario, l’instabilité politique, la faiblesse des revenus agricoles et l’affaiblissement des institutions fragilisent l’agriculture familiale. L’exode rural s’accélère, les jeunes se détournent du secteur agricole et l’insécurité alimentaire progresse.

« On est dans RAMBA !! »

Ce dernier scénario dont le titre signifie en argot ivoirien “on est dans les problèmes !” présente une situation marquée par une forte dépendance économique et alimentaire. Les agro-industries dominent les terres agricoles tandis que les effets du changement climatique, l’expansion minière et la pression sur les ressources naturelles accentuent les vulnérabilités des territoires.

Des scénarios au service de l’action

Au-delà de la construction de récits d’avenir, les participants ont analysé les dynamiques actuelles susceptibles de conduire vers ces différentes trajectoires. Cet exercice a notamment mis en évidence plusieurs leviers d’action : le renforcement du conseil agricole, la sécurisation foncière, l’appui aux petits producteurs, la structuration des filières, le développement des marchés agricoles ou encore la lutte contre l’orpaillage clandestin.

En donnant vie à ces scénarios, la vidéo produite dans le cadre du projet Terri4Sol vise à rendre la prospective accessible au plus grand nombre. Elle offre un support de dialogue pour les acteurs du développement, les décideurs publics, les chercheurs et les citoyens intéressés par l’avenir de l’agriculture ivoirienne.

Plus largement, cette initiative illustre l’importance d’anticiper les transformations à venir pour construire collectivement des trajectoires durables, inclusives et résilientes pour les territoires agricoles et forestiers de Côte d’Ivoire.