Vers l’amélioration de la transformation alimentaire et de la restauration scolaire à Madagascar

24/04/2026
Les acteurs malgaches de la transformation agroalimentaire et de la restauration scolaire se sont réunis lors d’un atelier technique du projet ITALIQ, co-organisé par l’ESSA, l’ED SVE, le FOFIFA et le CIRAD. Les échanges ont mis en lumière des besoins clés pour les transformateurs (maîtrise des procédés, diversification, formations pratiques) et des priorités pour les cantines scolaires (approvisionnement régulier, diversification des repas, implication communautaire via les FEFFI). L’atelier a permis d’identifier des actions concrètes pour mieux valoriser les produits locaux et renforcer leur intégration dans l’alimentation scolaire.
Photo de groupe de l’ensemble des participants présents à cette journée d’atelier à Antananarivo © Cirad
Photo de groupe de l’ensemble des participants présents à cette journée d’atelier à Antananarivo © Cirad

Photo de groupe de l’ensemble des participants présents à cette journée d’atelier à Antananarivo © Cirad

Le 14 avril 2026, le projet ITALIQ « Innovations Technologiques et organisationnelles pour des ALIments de Qualité » a rassemblé à Antananarivo, 67 participants pour échanger sur la transformation agroalimentaire et sur la restauration scolaire. Cet atelier a été co-organisé par l’ESSA (Ecole Supérieure des Sciences Agronomiques), l’ED SVE (Ecole Doctorale Sciences de la Vie et de l’Environnement), le FOFIFA (Centre national de la recherche appliquée au développement rural) et le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement).

Discours d’ouverture par Pr. RAKOTO Danielle Doll, Directrice de l’ED-SVE et par Mme. ANDRIANASOLO Harinony, directrice générale à la protection des végétaux, Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire © Cirad

Discours d’ouverture par Pr. RAKOTO Danielle Doll, Directrice de l’ED-SVE et par Mme. ANDRIANASOLO Harinony, directrice générale à la protection des végétaux, Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire © Cirad

Les résultats d’enquêtes conduites à Madagascar auprès de transformateurs de cultures vivrières locales et d’acteurs de la restauration scolaire, ont été restitués et discutés. Il s’agissait de caractériser les activités des acteurs concernés, puis d’identifier leurs contraintes et d’ébaucher des pistes d’action pour améliorer leur contribution à une alimentation saine et durable, basée sur des produits locaux. 

Une mobilisation multi acteurs

Restitution en plénière des résultats des enquêtes conduites auprès de transformateurs de cultures vivrières locales et d’acteurs de la restauration scolaire © Cirad

Restitution en plénière des résultats des enquêtes conduites auprès de transformateurs de cultures vivrières locales et d’acteurs de la restauration scolaire © Cirad

Cet atelier technique a rassemblé des acteurs directs de la transformation (majoritairement des PME), et de la restauration scolaire, des ONG et partenaires des projets, des organisations professionnelles, des institutions de recherche et de formation, ainsi que des représentants des principales institutions publiques concernées.  Les présentations des résultats d'enquête ont été suivies de groupes de travail afin d’affiner, de façon collective, les freins et les leviers d’action dont certains, définis collectivement comme prioritaires, pourraient être mis en œuvre au cours de la deuxième phase du projet ITALIQ.  

Transformation agroalimentaire : défis et besoins

Groupe de discussion sur la transformation agroalimentaire © Cirad

Groupe de discussion sur la transformation agroalimentaire © Cirad

Concernant la transformation agroalimentaire, les difficultés rencontrées par les acteurs du secteur ont été précisées en fonction des matières premières transformées, principalement fruits, racines et tubercules, céréales et arachides. 

Sur cette base, les besoins prioritaires ont été exprimés et concernent la formulation et une meilleure maîtrise des procédés pour améliorer la qualité organoleptique et sanitaire des produits finis existants pour leur commercialisation. Les opérations unitaires de séchage des matières premières et de stockage ont été particulièrement citées comme critiques. La diversification des produits alimentaires fabriqués constitue une autre priorité. 

Par ailleurs, l’appui technique sur site et les formations pratiques avec démonstrations sont les modes d’interventions privilégiés par les transformateurs.

Restauration scolaire : modèles et enjeux

Concernant la restauration scolaire, il existe différents modèles : des formes endogènes, reposant sur les ressources des parents et des communautés locales, à des dispositifs plus structurés offrant un service continu et des repas quotidiens plus équilibrés. Il n’existe pas de modèle idéal, mais plutôt des trajectoires de transition où les questions d’organisation et de coordination sont centrales.

Trois questions jugées prioritaires par les participants ont été approfondies en groupes de travail 

  • Comment garantir un approvisionnement régulier en aliments de base aux écoles ?
  • Comment régulariser et diversifier la composition des repas offerts aux enfants ?
  • Comment favoriser l’appropriation des dispositifs de restauration scolaire par les parents et la communauté locale ?

Pistes de solutions proposées

Groupe de discussion sur la restauration scolaire Groupe de discussion sur la restauration scolaire © Cirad

Groupe de discussion sur la restauration scolaire © Cirad

Le rôle de l’État et des Partenaires Techniques et Financiers, à travers des budgets conséquents pour assurer les achats locaux, a été mis en avant concernant la première question, ainsi que la promotion de la production locale par la dotation en semences.

Pour améliorer la régularité et la diversité des repas, l’accent a été mis sur le développement de jardins scolaires ou communautaires, sur l’appui à une production de proximité diversifiée, mais également sur l’éducation nutritionnelle en privilégiant la formation par des démonstrations culinaires « de la parcelle à l’assiette ».

Enfin, pour renforcer l’appropriation communautaire, la sensibilisation des parents comme des autorités locales a été mise en avant, ainsi que le renforcement des capacités de gestion des FEFFI (comités de gestion présents dans chaque école) pour favoriser la transparence et l’implication des parents dans des tâches spécifiques.  

Des perspectives concrètes

Les échanges ont été particulièrement riches et constructifs, révélant un fort intérêt et un réel enthousiasme des participants. Des pistes d’action concrètes ont été identifiées pour renforcer la valorisation des cultures vivrières locales par la transformation et améliorer le recours aux produits locaux dans l’alimentation scolaire et l’appropriation des programmes de restauration scolaire par les parents d’élèves. ​​​​​