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Le projet ABEE renforce l’adaptation de l’agriculture ouest-africaine aux défis climatiques et alimentaires
Champ de mil au Centre de recherches agricoles de Tambacounda au Sénégal, une station de recherche de l'ISRA. © I. Diallo, Cirad
Lancé en 2020 et coordonné par le Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) et mis en œuvre avec l’Institut de l'environnement et de recherches agricoles (INERA) du Burkina Faso, l’Institut national de la recherche agronomique (INRAN) du Niger et l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) du Sénégal, avec l’appui technique du Cirad et de l’Integrated Breeding Platform (IBP) représenté par AfricaRice, ce projet régional marque une avancée majeure dans l’adaptation de l’agriculture ouest-africaine aux défis climatiques et alimentaires.
Financé par l’Union européenne sous l’initiative DeSIRA, les résultats obtenus du projet ABEE témoignent de cet impact. Trente-quatre variétés provenant de trois pays (Burkina Faso, Niger et Sénégal) ont été inscrites dans les catalogues nationaux des trois pays et leurs données descriptives ont été actualisées sur la base des résultats des essais régionaux menés dans le cadre du projet ABEE. En moyenne, 20 400 producteurs, dont 37 % de femmes, ont été touchés grâce aux essais en milieu paysan et aux activités de distribution de semences menés par le projet.
En parallèle, plus de cinquante-sept tonnes de semences de prébase ont été produites, contribuant à renforcer durablement les systèmes semenciers dans la région.
Le projet a également investi dans le capital humain et les compétences. Soixante-deux étudiants ont été formés aux métiers de la recherche agricole, dont douze doctorants. Des sélectionneurs et techniciens ont été outillés avec des technologies de pointe, notamment le Breeding Management System et les marqueurs moléculaires. Ces avancées renforcent durablement les capacités scientifiques de la région. Une plateforme régionale de gestion des connaissances, E-chain, a par ailleurs été mise en place pour faciliter le partage des données et des innovations entre partenaires.
L’originalité du projet ABEE réside dans son approche centrée sur le renforcement des capacités en amélioration variétale, en plaçant les sélectionneurs au cœur du dispositif. Cette approche a permis de moderniser les pratiques de sélection, de mieux prendre en compte les besoins des producteurs et du marché, et de renforcer les synergies entre acteurs. Outre les résultats techniques, ABEE a contribué à structurer des réseaux, à promouvoir le partage de connaissances et à poser les bases d’une coopération régionale durable.
L’atelier de Dakar a réuni près de quatre-vingt participants issus des systèmes nationaux de recherche agricole, des organisations de producteurs, des partenaires techniques et financiers ainsi que des institutions publiques. Au-delà du bilan, les échanges ont permis d’identifier des perspectives concrètes pour amplifier les acquis du projet et renforcer la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest.
Cette rencontre de clôture est un moment clé pour capitaliser les acquis, partager les leçons apprises et ouvrir la voie à une nouvelle génération d’initiatives régionales à fort impact. Bien que le projet vient à sa fin, la dynamique créée continue et sera alimentée dans les pays pour la création de meilleures variétés adaptées aux utilisateurs.