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Une agriculture durable et sans pesticides grâce aux recherches du Campus agro-environnemental Caraïbe
Accueil visite ANR. © L. Parrot, Cirad
Un temps d’échanges autour de solutions durables
Le 28 octobre, le Campus agro-Environnemental Caraïbe (CAEC) a reçu Claire Giry, présidente directrice générale de l’Agence nationale de la recherche (ANR), accompagnée de sa délégation, pour une immersion au cœur de l’innovation agricole. Les représentants de l’ANR ont pu explorer de manière concrète les missions et axes de recherche du CAEC sur l’autonomie alimentaire, la production agricole saine et durable, la valorisation de la biodiversité et la protection de l’environnement. Ensuite ils ont échangé avec les scientifiques sur des solutions alternatives aux produits phytosanitaires et sur les leviers permettant de développer une agriculture plus respectueuse de l’environnement et adaptée aux spécificités locales.
Cette visite s’inscrivait dans le cadre du séminaire scientifique à mi-parcours des projets lauréats du premier appel à projets sur la Chlordécone, organisé en Martinique.
Appel à projets sur la pollution par la chlordécone aux Antilles : six projets de recherche lauréats
L’Observatoire des pollutions agricoles aux Antilles - OPALE
L’observatoire OPALE implanté sur le bassin du Galion en Martinique, permet de suivre les pollutions agricoles depuis les parcelles jusqu’à la mer et d’analyser les processus de transfert en jeu et leurs impacts sur les milieux naturels et les ressources en eau. Ces résultats, acquis grâce à un dispositif sur le long terme, sont mobilisés pour mieux gérer et limiter l’exposition aux pollutions à l’échelle du territoire.
Trois stations suivent l’hydrologie et la contamination par les pesticides des cours d’eau, couvrant différents systèmes de culture : banane, canne à sucre, agriculture diversifiée. L’objectif est de quantifier l’impact des pratiques agricoles sur la qualité de l’eau à moyen et long terme.
Le projet a permis de développer une instrumentation adaptée, de mieux comprendre le fonctionnement hydrologique et de diagnostiquer deux types de pratiques polluantes : les pratiques historiques, pour la contamination par la chlordécone et les pratiques actuelles pour d’autres pesticides, en lien avec l’usage dans le temps et la disposition spatiale des parcelles. Les données collectées alimentent des modèles qui sont utilisés pour simuler à moyen terme l’impact de solutions conçues par des approches participatives sur les transferts et la qualité des eaux et des sols du bassin versant. L’objectif de ces simulations est de mieux évaluer les nouvelles pratiques qui seront déployées à l’échelle du territoire tout en gagnant du temps sur l’expérimentation, réalisée de manière virtuelle.
Les résultats attendus incluent une meilleure connaissance des transferts de pesticides vers les eaux superficielles et souterraines, de leur évolution pluriannuelle en fonction des facteurs naturels et anthropiques, ainsi que des impacts des pratiques agricoles sur les agro- et hydro-systèmes. Ces observatoires offrent également la possibilité d’expérimenter des méthodes de remédiation ou de confinement des contaminants persistants comme la chlordécone.
Limiter les intrants chimiques : des solutions agroécologiques pour la banane
Afin de limiter les pollutions, la réduction des intrants à la source est une stratégie. Par exemple, l’utilisation de légumineuses arborées permet de diminuer les apports d’engrais azotés, tandis que le recours aux pièges à phéromones et aux bioressources, dans le cadre de l’écologie chimique, contribue à la lutte biologique contre le charançon du bananier. L’objectif de réduction des intrants de synthèse dans les bananeraies peut être également atteint en combinant pratiques agroécologiques et systèmes agroforestiers. Le dispositif BANABIO compare système conventionnel, innovation en agroforesterie et itinéraire biologique, avec des résultats prometteurs à moyen terme sur la lutte efficace contre la cercosporiose noire et le charançon, et en limitant l’utilisation d’engrais chimiques.
Vers une réduction concertée des produits phytopharmaceutiques
De manière générale, et sur les filières fruits et légumes, le Cirad défend une approche globale et anticipatrice pour renforcer la résilience des systèmes de production avec la mobilisation de différents leviers à toutes les étapes. Par exemple, la mise en œuvre de solutions agroécologiques préventives sont particulièrement efficaces pour la protection des cultures.
Les projets PUMAT (Pour un maraîchage attractif : le cas de la tomate en Martinique) et TRANUM (Transition agroécologique et numérique) s’attachent à repenser les pratiques dans les filières maraîchères, notamment celle de la tomate, en fédérant les acteurs du territoire autour d’un objectif commun : réduire l’emploi de produits phytopharmaceutiques tout en maintenant la performance économique des exploitations.
Le projet TRANUM, candidat aux fonds Feder, évalue l’importance du numérique pour l’exploitation agricole (agroéquipements, réseaux sociaux et outils de gestion), afin d’évaluer la performance de l’action collective, d’améliorer les prix et le revenu au producteur et de faciliter l’adoption de pratiques agroécologiques.
Le projet PUMAT rappelle que l’analyse de la faisabilité technique et économique pour les agriculteurs et les acteurs de la filière est un préalable au changement de pratiques, pour limiter l'utilisation des produits phytosanitaires en Martinique, un guide est disponible pour la gestion de l’enherbement.
Télécharger le guide en scannant le QRcode
Préserver et innover : la collection ananas du Centre de ressources biologiques, un atout pour l’agriculture tropicale
La visite s’est achevée par un focus sur l’innovation variétale, avec la présentation de la collection unique d’ananas du Centre de ressources biologiques plantes tropicales à Petit Morne. De nouvelles variétés plus résistantes aux bioagresseurs illustrent le rôle clé de la sélection variétale, et de la diversité cultivée, dans la résilience des productions tropicales.
La stratégie du Cirad pour réduire les pesticides et accélérer la transition agroécologique en Martinique
Les priorités du Cirad sont l’élaboration d’outils diversifiés pour limiter le recours aux pesticides dans les systèmes agricoles martiniquais, avec des innovations portant sur différents leviers de la transition agroécologique, sans pour autant occulter l’impact de ces pratiques sur la qualité des ressources en eau et des sols, sur les chaines alimentaires et les écosystèmes avec des dispositifs originaux à l’échelle territoriale, comme l’observatoire Opale.