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Valoriser l'usage des plantes locales pour protéger les cultures maraîchères
Matinée technique PNPP © G. Crétinoir, Cirad
Le 17 septembre 2025 s’est tenue une matinée technique consacrée aux Préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP) élaborées à partir de plantes locales dans le cadre du projet PARSITROP. Ce projet est financé par le Ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire dans le cadre du Plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures (PARSADA).
Cette matinée qui s’est tenue au CAEC était organisée par l’Institut technique tropical (IT2) porteur du projet, en collaboration avec le Cirad et l’INRAe.
Au programme de cette journée, une sensibilisation à la réglementation des préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP), une présentation des différents travaux préalables qui seront conduits en laboratoires pour identifier les extraits prometteurs de plantes avant la phase au champ et le choix fait dans le cadre du living lab de trois plantes locales et d’intérêt à étudier plus avant dans le projet.
Les Préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP) : définition
Les substances de base sont des préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP), souvent issues de plantes utilisées comme denrées alimentaires, reconnues sans danger pour la santé humaine et l’environnement (article 23 du règlement (CE) n°1107/2009). Elles ne sont pas destinées principalement à un usage phytosanitaire, mais peuvent être utiles pour la protection des plantes, dans le respect des équilibres biologiques. Les PNPP sont exclusivement à partir d’éléments naturels non génétiquement modifiés et par des procédés simples accessibles aux utilisateurs (Décret n° 2009-792 du 23 juin 2009 relatif à la mise sur le marché de préparations naturelles peu préoccupantes à usage phytopharmaceutique). Les substances de base constituent des solutions alternatives, généralement compatibles avec l’Agriculture Biologique et la protection biologique. Une fois approuvées au niveau européen via une procédure simplifiée, elles peuvent être utilisées sans autorisation de mise sur le marché (AMM) au niveau national, lorsqu’elles sont employées seules.
L’Institut technique tropical (IT2) explore la gestion de la cécidomyie des fleurs, une menace pour les cultures locales
Un dispositif expérimental a été mis en place pour tester l’efficacité d’extraits de plantes sur un insecte ravageur très problématique en Guadeloupe et responsable de pertes importantes sur les cultures maraîchères. Il s’agit des pupes de la cécidomyie des fleurs de la famille des diptères (Contarinia maculipennis). Elaboré et présenté par l'Institut technique tropical (IT2) ce dispositif a permis de réaliser des pré-tests avec des macérations aqueuses de plantes. Des résultats prometteurs ont été obtenus avec des solutions diluées à 25 % avec une seule application.
Le Cirad étudie l’efficacité d’extraits de plantes sur l’aleurode du tabac Bemisia tabaci
Le Cirad a présenté les dispositifs expérimentaux en clip-cage et en boite de Pétri mis en place pour tester l’efficacité des solutions à base d’extraits sur les adultes et les œufs d’un ravageur majeur des cultures maraîchères, notamment de la tomate : l’aleurode B. tabaci. Ces méthodes ont déjà permis de mettre en lumière l’efficacité de l’huile essentielle de gros-thym contre l’insecte Bemisia tabaci. L’application foliaire d’une solution diluée à 1 % a montré un effet probant sur les adultes et les œufs de l’insecte.
L’INRAE évalue le potentiel des extraits de plantes pour la gestion des chenilles défoliatrices des cucurbitacées
L’INRAE a présenté le cycle de la pyrale du concombre Diaphania hyalinata et les travaux qui ont été réalisés avec des extraits fermentés de Tithonia et de Gliricidia. Les applications, effectuées deux fois par semaine sur les parties aériennes de plants de concombre en station expérimentale, ont montré des effets prometteurs.
La citronnelle, l’oignon péyi et le basilic sont trois plantes locales retenues
A l’issue des ateliers, la citronnelle, l’oignon péyi et le basilic sont les trois plantes locales choisies pour tester l’efficacité de leurs extraits sur les trois ravageurs suivants : la cécidomyie des fleurs, l’aleurode et la pyrale du melon.
Les tests qui devraient suivre ouvriront de nouvelles options de lutte aux agriculteurs contre les ravageurs des cultures maraîchères, et ce à partir de ressources locales. Si ces tests sont concluants, s’en suivra une reconnaissance règlementaire pour des usages en substitution aux pesticides de synthèse.