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Valorisation des bioressources martiniquaises pour l’innovation agricole
Gros thym, atoumo, pourpier, chardon béni, brisée, fruit à pain.© Cirad
En Martinique, la transition vers une bioéconomie s’appuyant sur les ressources locales s’accélère grâce au projet Réseau de coopération pour la valorisation des bioressources (Bio-R). Depuis 2024 et pour une durée de 4 ans, ce projet structurant est porté par le Pôle agro‑ressources et de recherche de Martinique (PARM), avec l’appui scientifique majeur du Cirad, membre fondateur du réseau. L’objectif du projet est de transformer les ressources végétales du territoire en innovations agricoles, alimentaires, cosmétiques et environnementales, tout en structurant durablement les filières locales.
Une ambition : stimuler la bioéconomie martiniquaise
- La biostimulation et le biocontrôle, les biostimulants étant des produits naturels utilisés pour améliorer la croissance et la résilience des cultures face aux stress environnementaux et face aux pressions exercées par différents bioagresseurs.
- L’alimentation relocalisée et durable, notamment la valorisation du fruit à pain.
- La cosmétique issue de végétaux tropicaux.
Deux filières ciblées : celles des plantes médicinales et du fruit à pain
Deux filières structurantes sont particulièrement étudiées : les plantes aromatiques et médicinales (PAM), riches en molécules d’intérêt ; et la filière émergente du fruit à pain, avec le développement de produits sans gluten et la valorisation de ses coproduits.
Le Cirad, moteur scientifique du projet
Le Cirad mobilise son expertise en agroécologie, chimie analytique et sciences du végétal pour concevoir des solutions innovantes adaptées aux conditions tropicales.
Développement de biostimulants d’origine végétale : des engrais naturels
Dans le cadre de la biostimulation, les chercheurs expérimentent des extraits aqueux de plantes aromatiques locales issus de la pharmacopée créoles et sélectionnées dans le projet par des agriculteurs et agrotransformateurs ainsi que la phase liquide de la litière fermentée d’arbre à pain, préalablement microfiltrée grâce à une méthode mise au point par le Cirad.
Ces solutions sont testées, en conditions de cultures contrôlées, sur de jeunes plants de tomates et de bananiers afin d’évaluer leur effet sur la croissance, la résistance aux stress abiotiques.
Enfin, le Cirad anime un groupe de travail sur la biostimulation qui réunit les partenaires scientifiques et techniques du projet impliqués sur ce sujet, que sont le PARM, la Chambre d’agriculture de Martinique, l’Institut technique tropical (IT2) et la SCIC Martinique, acteur privé engagé sur le développement de solutions alternatives de fertilisation et de traitement au champ.
Recherche de propriétés biocides naturelles des plantes locales
Dans le cadre de la recherche de produits naturels de biocontrôle, les équipes étudient également l’activité d’extraits végétaux de Plantes aromatiques et médicinales (PAM) contre la bactérie phytopathogène, responsable du flétrissement bactérien, une maladie majeure en zone tropicale : Ralstonia solanacearum.
Avant toute application, les scientifiques évaluent le statut hôte des plantes étudiées afin de comprendre leur niveau de sensibilité ou de tolérance au pathogène. Par exemple, le pourpier et le gros-thym, étudiées dans le projet, sont des plantes hôtes de Ralstonia solanacearum et leur introduction dans les systèmes de culture nécessitent une vigilance particulièrement dans les associations ou rotation de cultures.
Une analyse globale de la filière « fruit à pain »
Le Cirad conduit, en étroite collaboration avec le PARM et la Chambre d’agriculture de Martinique, une Analyse du cycle de vie (ACV) et une étude économique de cette filière prometteuse afin de mesurer son impact environnemental, de proposer des itinéraires techniques durables, et de consolider sa viabilité économique pour les producteurs.
Des équipements scientifiques mutualisés au service du territoire
Le projet Bio-R a permis de moderniser/conforter les infrastructures du Campus agro‑environnemental Caraïbe (CAEC), principal site du Cirad sur l’île. Au sein de la plateforme de chimie analytique mutualisée avec le PARM, une nouvelle capacité d’analyse par chromatographe liquide couplé à un spectromètre de masse (LC-MS) permet d’identifier des molécules d’intérêts issues des plantes locales étudiées. Par ailleurs, deux phytotrons sont disponibles pour étudier la croissance et le développement des plantes dans des conditions de cultures totalement maîtrisées et contrôlées pour la température, la lumière, l’humidité et le CO₂, afin de simuler différentes conditions environnementales, y compris celles liées au changement climatique
Ces outils sont partagés entre partenaires pour accélérer la recherche appliquée et le transfert vers les filières économiques.
Un réseau inédit de douze membres fondateurs reliant organismes de recherche et acteurs du développement
Le projet répond à un besoin sur le territoire de fédérer l’ensemble des acteurs travaillant à la valorisation de bioressources végétales dans divers domaines afin de renforcer la bioéconomie territoriale. Pour cela, le projet s’appuie sur un réseau de douze membres fondateurs couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur.
On y trouve des acteurs de la recherche et du développement :
- Le Pôle agro-ressources et de recherche de Martinique (PARM), porteur du projet.
- Le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) en Martinique.
- L'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement - Centre régional Antilles-Guyane (INRAE -CRAG).
- Le Centre hospitalier et universitaire de Martinique (CHUM) et son pôle Recherche clinique.
- L’Institut technique tropical du végétal (IT2).
- La Chambre d’agriculture de Martinique.
- Le Pôle de compétitivité Qualitropic.
Et des acteurs privés économiques amont aval de la chaine de valeur :
- La SCA Vergers Jardins Tropicaux (SCAVJT) qui commercialise, collecte, stocke et conditionne fruits et légumes locaux.
- EARL SAFORE, exploitation agricole.
- La SARL Herboristerie créole, spécialisée dans la valorisation de plantes tropicales, créoles, aromatiques, cosmétiques et médicinales.
- La SCIC Martinique SAS, qui fabrique des engrais composés et complexes et s’engage sur la voie du marché de la biostimulation.
- ATOUPHARM SARL, investie dans le domaine pharmaceutique sur différents volets (recherche, fabrication et commercialisation).
Des retombées socio-économiques attendues pour la Martinique
Le projet BIO-R vise à :
- Explorer de nouvelles voies de valorisation et de nouvelles filières végétales.
- Créer des référentiels technico-économiques pour les agriculteurs.
- Développer des produits innovants en alimentation, cosmétique et biostimulation.
- Mutualiser les capacités analytiques et les connaissances via une base de données partagée.
- Sécuriser l’approvisionnement en matières premières locales.
- Rapprocher durablement producteurs et agro-transformateurs.
Le projet BIO-R est financé par le plan d’investissement France 2030.