Adaptation et développement de l'agriculture protégée aux conditions climatiques et parasitaires de la Côte d'Ivoire - HortiNet Côte d'Ivoire

Le projet développe des méthodes agroécologiques pour la protection des cultures maraichères combinant la lutte physique et la lutte biologique, permettant de produire plus et mieux, tout en limitant les impacts sur l’environnement.
Cultures maraichères fertilisées avec des engrais organiques et protégées par des méthodes de lutte agroécologiques © T. Martin, Cirad
Cultures maraichères fertilisées avec des engrais organiques et protégées par des méthodes de lutte agroécologiques © T. Martin, Cirad

Cultures maraichères fertilisées avec des engrais organiques et protégées par des méthodes de lutte agroécologiques © T. Martin, Cirad

Enjeux

La filière maraîchère ivoirienne est peu organisée et sa structuration tarde à se mettre en place. Il n’y a plus de programme national d’introduction et de sélection variétale. Le niveau de production des principales cultures légumières est très faible et parfois insuffisant pour alimenter le marché local. En zone péri-urbaine, les légumes exotiques à forte valeur ajoutée sont préférés aux légumes locaux pourtant plus robustes, plus faciles à cultiver et plus riches en nutriments et en vitamines. Les cultures maraichères sont généralement conduites de façon conventionnelle, en monoculture sur des grandes parcelles et avec des intrants chimiques en fréquence et quantité excessive. Ceci entraîne une baisse de la qualité des produits, réduit la biodiversité et pollue l’environnement. Les sols s’appauvrissent en raison de l’intensification des pratiques et du faible apport de matière organique. La qualité sanitaire des produits est très rarement contrôlée et peu étudiée par la recherche (résidus de pesticides, métaux lourds, germes pathogènes). Enfin, l’arrivée régulière de nouveaux ravageurs accroît le recours aux pesticides chimiques, réduisant encore d’avantage des ennemis naturels qui pourraient contribuer à mieux les réguler.

Descriptif

Le projet Hortinet vise à développer une pratique agroécologique pour protéger les cultures maraichères, permettant de produire plus et mieux tout en étant durable, adaptée aux conditions climatiques de la Côte d’Ivoire et profitable tant aux producteurs qu’aux consommateurs. Plusieurs méthodes de protection sont combinées : la protection physique (haut et bas tunnels), la lutte biologique par biopesticides, la lutte par conservation avec le recours aux ennemis naturels. Ce projet se focalise sur la tomate, qui est la culture horticole la plus cultivée au monde, et sur deux insectes invasifs responsables de dégâts directs (Tuta absoluta) et indirects (Bemisia tabaci, vecteur de bégomovirus). L’impact de l’utilisation d’un bas tunnel sur pépinière pour la production de transplants et d’un haut tunnel couvert d’un filet après repiquage sur l’abondance des ravageurs mais également sur les auxiliaires naturels est étudié. La lutte biologique par pulvérisation d’extraits de plantes locales et l’attraction d’ennemis naturels viennent en complément, afin de réduire l’abondance des populations de ravageurs. Les régulations biologiques sont favorisées en étudiant les interactions entre les ravageurs et les plantes mais également entre les auxiliaires et les ravageurs. Les avantages et les limites d’une protection agroécologique sont évaluées, et une analyse coût/bénéfice réalisée. L’amélioration de la qualité, du rendement, de l’impact sur l’environnement et de la faisabilité de la technique sont évalués à travers des enquêtes auprès des producteurs de Korhogo, de Bouaké et de Yamoussoukro. Ce projet de recherche apporte une complémentarité au projet TAMCI (en partenariat avec l’ONG IECD) dont l’objectif est de former 450 maraîchers à l’agroécologie.

Impacts attendus

  • Les pratiques phytosanitaires des maraîchers en zone péri-urbaines sont caractérisées ;
  • Une étude économique comparative démontre l’intérêt des pratiques agroécologiques ;
  • Des alternatives à la protection chimique efficaces, complémentaires et adaptées aux conditions climatiques de la Côte d’Ivoire sont mises en évidence ;
  • 450 maraîchers ivoiriens sont formés à l’agroécologie ;
  • 4 doctorants et 10 étudiants en master 2 ou ingénieur sont formés dans le cadre de ce projet.

 

Cultures de salades « bio » sous tunnels bas chez un producteur de Bouaké © T. Martin, Cirad

Cultures de salades « bio » sous tunnels bas chez un producteur de Bouaké © T. Martin, Cirad

Partenaires contractuels

Centre national de recherche agronomique (CNRA, Côte d’Ivoire -coordinateur), Centre d’Excellence WASCAL de l’Université Felix Houphouet Boigny d’Abidjan