Objectif :
Modéliser les liens entre la structure des paysages, les activités agrosylvopastorales, les paramètres socio-économiques et la biodiversité et autres services environnementaux sur deux régions amazoniennes contrastées.
Dans deux régions de l’Amazonie Brésilienne et Colombienne représentant la diversité des paysages anthropisés de l’écorégion, ce projet analysera et modélisera les liens qui unissent 1. les paramètres socio-économiques, 2. la composition et la structure des paysages, 3 .
les productions agrosylvopastorales, 4 la biodiversité et divers autres biens et services écosystémiques (BSE) utilisés par les populations humaines. La connaissance de ces liens, jamais analysés d’une façon aussi systématique, donnera une base fiable au choix des politiques locales et régionales de gestion durable.
· Un protocole original permettra une collecte de données socioéconomiques, paysagères, agronomiques et écologiques 100% compatibles permettant une analyse statistique rigoureuse et la formulation de nouvelles hypothèses sur les mécanismes reliant ces divers groupes de variables.
· Phase 1: Dans chaque pays, 150 exploitations appartenant à trois paysages différant par l’histoire de la colonisation et l’usage de la terre seront décrites par un ensemble de variables socio-économiques et paysagères. Le choix de deux pays et 6 fenêtres paysagères ayant des histoires et des contextes différents permettra une exploration riche de la diversité des relations existant entre des variables très rarement analysées conjointement.
· Phase 2: Après l’établissement d’une typologie sur l’ensemble des 300 exploitations ainsi caractérisées, on choisira les 54 exploitations (9 par fenêtre paysagère) les plus représentatives pour mesurer en détails les productions agrosylvopastorales, les principaux biens et services écosystémiques liés au sol (stockage du C, infiltration et stockage de l’eau, fertilité du sol) et la biodiversité des plantes et de la macrofaune du sol.
· Il sera alors possible d’analyser par la méthode des analyses multitableaux et d’autres méthodes d’analyse multivariée, les relations entre ces divers caractères des exploitations, de repérer les plus significatives et les analyser en recherchant notamment l’existence d’effets de seuil.
· L’ensemble de ces relations et diverses données empiriques proposées par les acteurs locaux sera alors intégré dans un modèle multi agents pour simuler des scénarios de développement durable. On testera les trois hypothèses génériques suivantes:
H1: Trajectoires individuelles et formation: Il existe une relation entre d'une part,1. la trajectoire d'un individu, son origine sociale et géographique et la formation qu’il a reçue et, d'autre part, 2. la façon d'utiliser la terre, 3. le paysage et 4. la diversité et la qualité des services écosystémiques produits.
H2: Investissements et techniques: il existe une relation «en cloche», dans une exploitation ou dans une région, entre le niveau des investissements réalisés (équipement, intrants, innovations technologiques), la composition du paysage et la diversité et la qualité des BSE produits.
H3: Effets des politiques: les politiques (locales, régionales et nationales) qui stimulent la durabilité et la diversification des activités ont un effet sur le paysage et la diversité et la qualité des BSE.
Jean-François TOURRAND
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