C’est la dernière ligne droite pour EntomoChik, le projet de recherche sur les facteurs entomologiques d’émergence du Chikungunya, financé par l’Agence nationale de la recherche de 2006 à 2010. Ce projet implique l’IRD, le Cirad, l’Institut Pasteur, la Drass et l’Iremia (université de la Réunion).
Le projet a permis de mieux connaître la biologie et la génétique des populations du moustique vecteur du Chikungunya, Aedes albopictus, mais aussi sa capacité à transmettre le virus. On sait désormais que ce moustique préfère l’homme à l’animal même s’il est capable de piquer une gamme d’hôtes très variée, « du gecko au cabri ! ». La femelle peut piquer de jour comme de nuit, à l’intérieur et à l’extérieur, même si des pics d’activités sont observés au lever et au coucher du soleil. Aedes albopictus est présent jusqu’à 1 200 mètres d’altitude à la Réunion et parfois au-delà en été. Son cycle de développement, en fonction des conditions de températures et d’humidité, et sa répartition sur l’île de la Réunion sont désormais décrits. La femelle vit plus longtemps que le mâle, jusqu’à 40 jours, et pique en moyenne 4 à 5 fois dans sa vie pour se nourrir de sang, dont les protéines aideront à former ses œufs (en moyenne une soixantaine par ponte). La lutte a ainsi pu être adaptée au fur et à mesure de l’avancée des connaissances : la priorité est de cibler les adultes et de limiter le nombre de gîtes larvaires.
De plus, les scientifiques ont montré qu’une fois contaminé par le virus, le moustique devenait infectieux en l’espace de deux jours. Enfin, grâce à un modèle prenant en compte l’ensemble de ces paramètres, il est désormais possible de prédire le risque épidémique et de simuler différents moyens de lutte antivectorielle.
Pour en savoir plus sur le vecteur du Chik et le projet Entomochik :
Voir le site internet de l'unité de recherche.
Et le virus ? En 2006, l’Institut Pasteur a lancé un programme de recherche sur le virus du Chikungunya : la génération d’outils pour le diagnostic, le séquençage de souches virales isolées récemment dans l’océan Indien, leur caractérisation moléculaire et biologique, la recherche de déterminants de leur virulence, l’étude de la pathogénie de l’infection virale chez l’homme, l’identification des cellules humaines cibles de l’infection virale, et la mise au point d’un modèle murin d’infection expérimentale.
Pour en savoir plus sur le virus du Chik :
Voir le site internet de l'Institut Pasteur.
Le saviez-vous ?
Ces maladies qui apparaissent ou réapparaissent Les maladies émergentes ou réémergentes sont des maladies apparues ou découvertes récemment, des maladies auparavant rares ou limitées à une aire géographique, ou encore des maladies que l’on croyait maîtrisées et dont on observe une recrudescence. Elles concernent aussi bien les hommes que les animaux et les plantes. Les causes de l’émergence sont multiples : elles dépendent à la fois du pathogène (bactérie, virus) et de son mode de transmission. L’émergence du Chikungunya dans l’océan Indien en 2006 par exemple, s’explique à la fois par la diffusion et l’adaptation au milieu de son vecteur, le moustique Aedes albopictus, que par le virus lui-même, dont une mutation aurait facilité la pénétration dans le vecteur.
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Références bibliographiques :
- Lacroix R., Delatte H., Hue T., Dehecq J.S., Reiter P. 2009. Adaptation of the BG-sentinel trap to capture male and female Aedes albopictus mosquitoes. Medical and veterinary entomology, 23 : 160-162
- Bagny L., Delatte H., Elissa N., Quilici S., Fontenille D. 2009. Aedes (Diptera: Culicidae) Vectors of Arboviruses in Mayotte (Indian Ocean): Distribution Area and Larval Habitat. Journal of medical entomology , 46 (2) : 198-207
- Bagny L., Freulon M., Delatte H. 2009. Première mention d’Aedes albopictus, vecteur d’arbovirus, dans les îles Eparses du canal du Mozambique et actualisation de l’inventaire de la faune culicidienne. Bulletin de la Société de pathologie exotique, 102 (3) : 192-198
- Delatte H., Gimonneau G., Triboire A., Fontenille D. 2009. Influence of Temperature on Immature Development, Survival, Longevity, Fecundity, and Gonotrophic Cycles of Aedes albopictus, Vector of Chikungunya and Dengue in the Indian Ocean. Journal of Medical Entomology. vol. 46 n°1. p. 33-41.
- Lacroix R., Delatte H., Hue T., Reiter P. 2009. Dispersal and Survival of Male and Female Aedes albopictus (Diptera: Culicidae) on Reunion Island. Journal of Medical Entomology, 46 (5): 1117-1124.
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