Un dossier constitué à l'occasion de l'année internationale des déserts et de la désertification, 2006.
Les tentatives d'intensification des zones arides datent du début du XXe siècle.
La sédentarisation et l'intensification ont été les maîtres mots, en particulier par le développement de l'irrigation. De grands périmètres ont été créés de toute pièces (l'Office du Niger, le Soudan en Afrique, le São Francisco au Brésil…) ou en transformant les oasis. Les lois du marché aidant, la spécialisation et la monoculture se sont imposées.
Mais les succès, réels, n'ont pu répondre aux besoins de l'ensemble des populations, d'autant plus que la concentration des revenus a provoqué une marginalisation économique et géographique. La rareté de l'eau soulève, là comme ailleurs, le problème de son utilisation agricole.
Au-delà des limites des périmètres irrigués, les tentatives d'implantation des techniques de la révolution verte (augmentation de la production et la productivité par travailleur et par unité de surface ou de cheptel, recours accru au capital pour la mécanisation et les consommations intermédiaires), n'ont pas connu les succès espérés. Ces politiques se sont heurtées à des problèmes environnementaux, à l’exclusion sociale, à l’endettement. Les difficultés à prendre en compte les risques climatiques et économiques, l’absence de mécanismes de régulation des marchés (assurances, prix garantis…) ont aussi été déterminantes.
Une agriculture à faible utilisation d’intrants s’est maintenue. L'accroissement de la production agricole s'est fait au prix d'une pression accrue sur l'espace, les ressources naturelles et l'environnement, entraînant des risques importants de dégradation.