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Village et oasis dans le désert, Niger. © Cirad, Claire Lanaud

Un dossier constitué à l'occasion de l'année internationale des déserts et de la désertification, 2006.

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La désertification

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Intensification et savoirs locaux

Champ de mil et niébé dérobé, Sénégal. © Cirad, C. Dancette

Les premières démarches techniques, à l'image de la révolution verte, cherchaient à transformer et à artificialiser le milieu. Les savoirs traditionnels, peu pris en compte, étaient considérés comme archaïques. Or, durant des siècles, les habitants des zones arides se sont adaptés aux contraintes du milieu.

Dans ces systèmes de production, l'utilisation des ressources, eau et biomasse, s'est toujours préoccupée du lendemain. Ce sont des systèmes d'élevage transhumant où l'agriculture est limitée aux zones les plus favorisées. Les connaissances précises des éleveurs et des paysans sur les mécanismes de la vie ont été le moyen et l'acquis d'une vie de complicité avec un milieu difficile. Ce mode de vie était fondé sur la mobilité des hommes et des troupeaux, et sur le renouvellement d'un stock important de variétés végétales ou de races animales domestiques traditionnelles.

La gestion durable de ces ressources et de la biodiversité est à la fois un objectif et une nécessité pour des systèmes de production complexes, régulés par des droits coutumiers stricts et par des organisations sociales souvent hiérarchisées. Or la pression sur les ressources s'exerce aussi sur les espaces.

L'intensification est plus que jamais nécessaire. Face aux limites de la révolution verte, une autre forme d'intensification est-elle possible en partant des savoirs locaux ? Ces savoirs locaux sont inadaptés aux besoins actuels. Mais ils peuvent servir, confrontés aux acquis des sciences de la vie, à une meilleure valorisation des ressources disponibles localement, en particulier l'eau, le sol, avec ses nutriments, et la biodiversité. Les sciences de l'écologie proposent des démarches de recherche en partenariat explorant cette voie.

L'enjeu est d'améliorer, par une action agronomique de l'homme, la durabilité de systèmes plus productifs et plus autonomes, en constituant notamment des stocks pour passer les périodes difficiles, saisons sèches et sécheresses prolongées. Les ressources pouvant être stockées sont l'eau (petites retenues), les semences et les grains, en particulier les céréales, et les fourrages.

L'objectif est d'augmenter la production de biomasse sur l'ensemble des espaces. L’élargissement de la gamme d’espèces végétales disponibles, endogènes ou exotiques, la diversité des situations de production potentielle de biomasse (allées, haies, clôtures, jachères, bosquets, berges de rivière) peuvent être valorisées dans la production de bois d’œuvre ou de feu, de piquets, de fruits, de fourrages, de plantes alimentaires et médicinales, etc.

La mise en œuvre de ces principes n'est guère aisée. Elle exige un fort investissement en recherche agronomique en partenariat, pour étudier lesprocessus écologiques et les pratiques, pour mieux comprendre et évaluer les interactions et les impacts des actions de l'homme sur la désertification.

Sommaire :

  • Lutter contre la désertification
  • Intensifier
  • Intensification et savoirs locaux

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