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Village et oasis dans le désert, Niger. © Cirad, Claire Lanaud

Un dossier constitué à l'occasion de l'année internationale des déserts et de la désertification, 2006.

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La désertification

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Les processus

Parcelle de monoculture de soja détruite par une pluie au Brésil. © Cirad, L. Séguy

L'augmentation des besoins et la pression sur les ressources ont engagé les populations dans des pratiques inadaptées, qui peuvent conduire à une spirale de dégradation :

  • les superficies cultivées augmentent au détriment des réserves foncières, les choix de terres sont plus limités, des terres peu fertiles ou fragiles sont mises en valeur ;
  • une compétition accrue s'installe entre les diverses activités humaines : agriculture, élevage, coupe de bois ;
  • le surpâturage détruit le couvert végétal qui protège les sols contre l’érosion, la surexploitation épuise les sols, le déboisement détruit les arbres qui maintiennent la terre sur le sol (le bois est la principale source d’énergie domestique dans de nombreuses régions arides) ;
  • les pratiques inadéquates d’irrigation entraînent une augmentation de la salinité et assèchent parfois les cours d’eau.

En résumé, le cycle de dégradation et d'appauvrissement se met d'autant plus en place que les mécanismes traditionnels de contrôle et de gestion des ressources par les sociétés deviennent obsolètes.

Dans les zones irriguées, l'augmentation de la production n'est pas sans conséquences. En particulier, dans les petits périmètres, l'irrigation avec des eaux de mauvaise qualité a augmenté la salinité des sols, les stérilisant en quelques années. Les conséquences économiques et sociales sont d'autant plus graves que les premières récoltes donnaient de grands espoirs.

Les manifestations de ces dégradations sont de nature physique, économique et sociale.

Manifestations physiques

La désertification se traduit par une dégradation plus ou moins irréversible, progressive (érosion) de la biodiversité (végétation et faune), des sols et des eaux.

Biodiversité

La surexploitation des terres et la destruction des habitats constituent le principal facteur de perte de biodiversité en zone sèche. Du point de vue de la végétation, elles entraînent une modification de la composition floristique et une diminution du recouvrement, de la biomasse produite et des capacités de croissance et de reproduction. Les conséquences les plus préoccupantes se manifestent au niveau :

  • de la faune sauvage, et même de la faune domestique, dont les conditions de bonne gestion ne sont plus garanties ;
  • de la flore, où certaines espèces constitutives de la pharmacopée et des systèmes de culture traditionnels se font rares, voire disparaissent ;
  • de certains cours d’eau, jadis permanents, qui dont devenus intermittents, bouleversant des biotopes de nombreuses espèces ;
  • des oiseaux migrateurs, qui constituent un patrimoine mondial et qui trouvent au Sahel des habitats de plus en plus précaires dans les zones humides résiduelles.
Sols et eaux

La dégradation des sols résulte surtout de modes d'exploitation inappropriés des terres : un sol laissé nu, un travail non adapté, une mauvaise gestion de la biomasse. Cette dégradation peut être :

  • physique, principalement due à l'érosion éolienne ou hydrique (augmentation du ruissellement) ;
  • chimique, par perte des éléments minéraux due à l’érosion ou à l’utilisation par les cultures et à l’acidification des sols ;
  • biologique, due à la baisse du taux de matière organique, qui aggrave les dégradations physiques et chimiques.

Dans les périmètres irrigués, la dégradation des sols prend des aspects spécifiques liés à la concentration de sels, ou salinisation. Les périmètres irrigués sont aussi sujets aux ensablements, liés aux conditions climatiques et géomorphologiques.

Manifestations économiques et sociales

La désertification a d’énormes conséquences économiques et sociales.

Les facteurs contribuant à la désertification ne sont pas déconnectés des processus généraux d’évolution des sociétés et de la mondialisation. Par exemple, l'affaiblissement des pouvoirs locaux, voulu par les pouvoirs centraux des Etats, a contribué à la disparition d'un certain nombre de règles de gestion des espaces, règles contraignantes mais favorables à une gestion plus durable des ressources. L'évolution des valeurs, des relations entre société et nature, ont modifié les modes d’appropriation des ressources et de régulation foncière.

Le déclin irréversible et la destruction du potentiel biologique des terres les rend impropres à supporter ou à nourrir les populations. La production est insuffisante. La crise s'installe. Les niveaux de vie chutent. La vie devient impossible. L'émigration reste la seule voie.

Les mouvements de populations sont l’une des principales conséquences de la dégradation des ressources. Les migrations peuvent être saisonnières. Elles traduisent alors l’adaptation temporaire de familles au manque de ressources. Des membres de la famille partent louer leur force de travail dans des zones plus prospères ou en ville, ce qui permet de pallier la baisse de revenus liée à la désertification. Les migrations peuvent aussi être définitives, vers les villes ou sur les fronts pionniers, souvent dans la continuité des migrations temporaires. Bien sûr, la désertification alimente une partie des flux migratoires, lesquels peuvent engendrer ou alimenter des conflits nationaux et internationaux.Entre 1997 et 2020, quelque 60 millions de personnes quitteront les zones désertifiées de l’Afrique sub-saharienne pour gagner le Maghreb et l’Europe.

À l’inverse, l’afflux en un lieu de nouveaux immigrants est souvent dénoncé comme un facteur de dégradation des terres et de désertification. Dans les villes, on observe parfois une aggravation de la désertification des zones périurbaines en raison d’une pression accrue sur les terres. C’est également le cas dans les zones rurales densément peuplées ou sur les fronts pionniers, où l'émigration contribue souvent à des mises en valeur minières.

La désertification est synonyme de famine et de pauvreté : ici, parce que la rareté des ressources ne garantit plus une production suffisante ; là, parce que la condition de migrant est souvent synonyme d'exploitation et de misère, ou parce que l'accès aux ressources est précaire ou assujetti.

La Banque mondiale estime qu’à l’échelle planétaire, le manque à gagner des régions affectées par la désertification pourrait s’élever à 42 milliards de dollars américains, alors que le coût annuel de la lutte contre la désertification atteint seulement 2,4 milliards.

Sommaire :

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  • Les programmes de lutte
  • Quelques ouvrages de référence

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