Dossier constitué à l'occasion de la participation du Cirad au Salon international de l'agriculture de Paris, février 2006.
Face aux crises, les exploitations à production capitalistique (au Brésil, en Australie par exemple) sont plus exposées, contrairement aux exploitations familiales à production peu intensive. En effet les premières sont directement en contact avec le prix mondial alors que les deuxièmes ne le sont qu'indirectement. En revanche, dans les pays à production familiale peu intensive, comme c'est le cas des pays africains, les crises cotonnières menacent directement la survie des sociétés cotonnières.
N'eut été la solidarité des agences d'aide au développement, ces sociétés auraient pu sombrer à plusieurs reprises au cours des vingt dernières années.
Toutes les exploitations familiales ne disposent pas des mêmes capacités pour faire face à une baisse du prix mondial.
Dans les pays comme la Chine où les familles agricoles disposent de revenus non-agricoles importants, elles peuvent décider de stocker plus longtemps leur coton pour attendre la remontée du prix ou décider d'en faire moins. Ce n'est pas le cas des pays africains, où les crises ont induit des modifications de politiques de fixation du prix payé aux paysans. Ces derniers ont donc aujourd'hui le sentiment que le coton ne leur fournit plus la garantie d'un prix stable et continuellement orienté à la hausse.
Les filières cotonnières ont longtemps représenté une niche attrayante pour l'agro-fourniture (engrais, pesticides) et le système bancaire. La sensibilité financière des sociétés cotonnières aux crises cotonnières tend à modifier les conditions de fourniture de ces biens et services, dans un sens moins favorable qu'auparavant.
Pour compenser la baisse du revenu cotonnier, plusieurs pays mettent en œuvre des mesures de soutien. La Turquie a plusieurs fois alloué un complément de prix à ses paysans cotonniers. Plusieurs mesures de soutien des Etats-Unis ne sont mises en œuvre que si le prix mondial descend en deçà d'un certain niveau. Ces pratiques témoignent que c'est aussi la baisse du prix mondial qui provoque les subventions, tout comme les subventions peuvent provoquer cette baisse.