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Fleur jaune et capsule ouverte de cotonnnier Gossypium hirsutum, variété Palmari. © Lanaud, Claire

Dossier constitué à l'occasion de la participation du Cirad au Salon international de l'agriculture de Paris, février 2006.

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Actions face aux crises

© Cirad

Les actions menées pour prévenir les crises ou pour en réduire les effets négatifs sont diverses.

Promouvoir la demande en coton fibre textile

Depuis quelques années, une initiative internationale est enfin lancée pour promouvoir la demande en coton auprès des consommateurs. Cette initiative est coordonnée par l'ICAC dans le cadre de l’IFCP (International Forum for Cotton Promotion), créé en 2000.

Les américains ont été les seuls, depuis le début des années 1970, à avoir été actifs pour favoriser la demande adressée au coton. Avec des résultats très probants, puisque la consommation moyenne en coton fibre textile des Etats-Unis est la plus élevée des pays développés et où elle dépasse celle en fibres synthétiques. Les femmes des producteurs américains jouent un rôle notable en s'impliquant à valoriser le coton dans les collections de couturiers. Elles participent aussi aux campagnes de sensibilisation des jeunes sur les avantages du coton dans les écoles, suivant le principe de bon sens que ce sont les jeunes d'aujourd'hui qui feront la demande de demain.

Lutter contre les distorsions du marché

Les pays africains se sont levés depuis 2001/2002 pour dénoncer les distorsions du marché provoquées par les politiques de soutien de quelques pays.

Les impacts de la réduction/suppression des subventions ont donné lieu à de nombreuses estimations qui sont très discutées. Un consensus semble se dégager pour indiquer que le relèvement du prix mondial qui résultera, même faible, ne serait que de court terme. Sur le long terme, on pense que ce sont les pays disposant de grandes ressources de production et de la capacité de les mobiliser rapidement qui seront les gagnants. Ce devrait être le cas du Brésil et de l'Australie.

L'incidence monétaire d'un relèvement du prix mondial dépend des modes de production. Les paysans cultivant quelques hectares peuvent espérer un surplus en centaine de dollars alors que les gros planteurs brésiliens cultivant des milliers d'hectare vont empocher des centaines de milliers de dollars de plus.

Le credo libéral a ainsi ceci de puissant qu'il parvient à pousser des centaines de milliers de petits paysans en Afrique à se mettre au front, au plus grand profit de quelques centaines de gros fermiers au Brésil, pour le plus grand malheur des paysans sans terre de ce pays. Voilà une solidarité bien curieuse.

Réformer les filières cotonnières

Pour beaucoup, c'est une réforme structurelle et organisationnelle des filières cotonnières qui permettra d'augmenter la production et d'être plus compétitif.

En Afrique, cette réforme institutionnelle a été engagée dès 1985 dans les pays anglophones avant de gagner les pays francophones au début des années 1990. Cette réforme est orientée par l'option de la privatisation des sociétés cotonnières et des fournitures de biens et services, dont la production cotonnière a besoin, et de la libéralisation. La mise en concurrence dans la fourniture des biens et services pour produire le coton est censée améliorer la qualité des services fournis et à un coût moindre pour les paysans producteurs.

Or dans les pays anglophones, la plupart des pays concernés n'ont pas connu d'augmentation de la production cotonnière, et le sort des paysans producteurs ne semble pas s'être amélioré (Nigeria, Ghana, Tanzanie…). Les effets positifs observés un moment au Zimbabwe se sont estompés avec le temps. La Zambie tend aujourd'hui à être citée en exemple, mais c'est un pays où n'opèrent pour ainsi dire que deux sociétés cotonnières ce qui n’en fait pas un réel exemple de libéralisation.

Dans les pays francophones, les résultats sont divers et pour le moins mitigés, sans doute parce que les modalités de mise en œuvre sont très variées et s'écartent même parfois de l'esprit de privatisation et de libéralisation.

Promouvoir le gain de productivité au champ

La proposition de l'Initiative européenne pour le soutien au coton africain, en 2004, a le mérite de remettre à l'honneur l'aspect technique de la production cotonnière.

Parmi un nombre encore limité d'idées techniques, l'on tend à considérer que la proposition de variétés génétiquement modifiées constitue une opportunité à saisir, parfois à partir d’un constat assez simpliste : si d'autres pays les ont adoptées, les pays africains ne peuvent pas faire autrement que de les adopter aussi.

Promouvoir une coordination pour faire valoir la qualité

Certains pays sont parvenus à réaliser des actions collectives tout à fait remarquables pour faire valoir la qualité de leur coton auprès des filateurs.

Il serait préjudiciable de ne regarder les Etats-Unis que comme un pays qui subventionne son coton alors qu'il a su initier d'importantes actions de marketing dont d'autres pays peuvent s'inspirer, même si les moyens financiers disponibles ne sont pas les mêmes. Le label Cotton USA accolé au coton de ce pays incite les pays textiles à l'utiliser, notamment parce que les vêtements qui en sont issus peuvent bénéficier d'avantages fiscaux pour leur importation.

L'Australie est en train de s'engager pour instaurer son label de coton afin de faire valoir la pratique de techniques de production respectueuses de l'environnement.

L'insertion du coton dans le Programme Qualité de l'UEMOA avec l'assistance technique de l'ONUDI offre une opportunité pour l'engagement d'actions spécifiques de promotion du coton africain. Le CIRAD a contribué à aider l'ONUDI à identifier un plan d'actions dans ce sens.

Sommaire :

  • Origines des crises
  • Conséquences
  • Actions face aux crises
  • Le coton en Afrique francophone
  • Production

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