Dossier constitué à l'occasion de la participation du Cirad au Salon international de l'agriculture de Paris, février 2007.
Les palmiers, plus de 2 800 espèces !
Les premiers palmiers sont apparus sur terre durant l’ère secondaire, au Crétacé, il y a 85 millions d’années. A l’ère tertiaire, la flore des palmiers était particulièrement abondante. Mais une succession de périodes glaciaires a réduit l’aire des palmiers, au point d’isoler certaines espèces et de provoquer la dégénérescence de leur population.
Aujourd’hui, on répartit les 2 800 espèces connues en 226 genres, (regroupés en 6 sous-familles formant une famille unique), les Arécacées ou Palmacées.
Sur tous les continents
Les palmiers ont conquis des milieux très divers, mais leur répartition correspond aujourd’hui à la zone intertropicale.
On les retrouve aussi bien sur les rivages des îles du Pacifique qu’en haute altitude dans la cordillère des Andes, dans les forêts humides que dans les savanes africaines.
Certaines espèces comme le cocotier ont une aire de dispersion exceptionnelle.
D’autres sont largement répandues comme les Elaeis et les raphias afro-américain.
Quelques-unes, à fort endémisme, ne sont présentes que sur des territoires très limités (le coco-fesses aux Seychelles) ou ne sont plus représentées que par quelques individus.
Des végétaux aux mille usages
De tout temps, les palmiers ont fourni aux populations des ressources vivrières, des matériaux, ... De la couronne de feuilles aux racines en passant par les fibres et les fruits, chaque partie de ces végétaux fournit des produits utiles à l’homme.
Les racines, les fleurs, les fruits, l’huile extraite de la pulpe du fruit et de l’amande de différentes espèces de palmiers ont été utilisés pour les besoins quotidiens. Ils servent à élaborer des préparations médicinales ou des produits d’hygiène.
Mais c’est surtout dans le domaine de l’alimentation que les palmiers tiennent une place sans équivalent dans le monde végétal.
Des arbres qui n’en sont pas !
Les palmiers sont des végétaux pérennes de grande taille. Mais ce ne sont pas des arbres au sens botanique du terme.
On ne parle donc pas de tronc – ce n’est pas du bois – pour les palmiers, mais de stipe !
Les feuilles portent le nom de « palmes ». Elles sont généralement groupées en ombrelle sphérique au sommet du stipe. Avec les racines et le stipe, elles forment l’appareil végétatif et assurent la nutrition du végétal et sa croissance, grâce à la photosynthèse.
Les fleurs mâles et femelles sont portées par des inflorescences apparaissant à l’aisselle des feuilles. Certaines espèces ont leurs palmiers exclusivement mâles ou femelles, d’autres portent les deux sexes sur une même inflorescence, ou des inflorescences distinctes pour chaque sexe. Blanches, jaunâtres, verdâtres, elles sont minuscules et très nombreuses.
Les fruits sont soit des baies (dattes) soit des drupes (noix de coco) et certains peuvent peser jusqu’à 20 kg (coco-fesses). Les fruits issus du développement de l’inflorescence sont rassemblés dans un régime.
Le stipe
ne présente pas de cernes annuels de croissance, et n’a presque jamais de branches. Il peut être unique ou multiple selon les espèces, inexistant ou enterré comme chez le Geonoma
, arborescents ou lianoïdes (rotin), nus, lisses, annelés, épineux, couvert de feuilles ou de fibre.
Le stipe doit atteindre son diamètre maximal les premières années avant de se développer en hauteur, grâce à son bourgeon terminal qui peut être consommé sous le nom de chou palmiste ou coeur de palmier.
Les racines , nombreuses, longues et ramifiées, assurent la nutrition hydrique et minérale ainsi que l’ancrage des palmiers. Ainsi, ils résistent aux cyclones et même aux tsunamis (cocotier).
Les Palmacées sont des monocotylédones ! Elles appartiennent aux Angiospermes, qui réunissent toutes les plantes, herbes ou arbres (feuillus) dont les graines sont protégées au sein d’un fruit, comestible ou non, qui succèdent à la fleur.
Nombreuses, les fleurs des palmiers sont regroupées en inflorescences qui, après fécondation, fourniront des régimes de fruits ou infrutescences.
Comme les agaves ou les bambous, plusieurs espèces de palmiers, ne fructifient tardivement qu'une seule fois dans leur vie. C'est leur bourgeon terminal qui se transforme alors en bouquet floral, puis en une multitude de fruits qui assureront sa reproduction, une fois pour toutes, car ils en meurent, après plusieurs décennies de vie végétative.
Le rotin est un palmier grimpant : feuilles et stipe sont armés d’épines crochues qui les aident à s’accrocher aux arbres voisins. Pour utiliser leurs cannes, on enlève les feuilles engainantes, puis la canne est chauffée et courbée à la forme désirée.
Le raphia est une fibre provenant des feuilles d'un palmier le Raphia ruffia originaire de Madagascar. Avec le raphia, on produit de la ficelle, des sacs, des chapeaux... Il est aussi utilisé dans les loisirs créatifs et la décoration.