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Diversité des tiges de canne. © J.-Y. Hoarau

Dossier constitué à l'occasion de la participation du Cirad au Salon international de l'agriculture de Paris, février 2008.

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Tout savoir sur la canne à sucre

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La canne à "sucre"

© Cirad

Présente dans plus de cent pays, la canne à sucre est cultivée par des millions d’agriculteurs indépendants et par de grands complexes agro-industriels. Si les marchés du sucre et du rhum ont toujours été l’apanage de cette culture, d’autres marchés s’ouvrent, comme l’énergie et les carburants, la chimie, la construction ou le papier…

Le sucre
Côté production… En 2006-2007, la production mondiale de sucre a battu ses records avec 162 millions de tonnes de sucre. La canne à sucre en a fourni les trois quarts et la betterave le quart restant.
114 pays produisent du sucre : 67 pays cultivent uniquement de la canne, 38 cultivent uniquement de la betterave, 9 cultivent canne et betterave. La France, qui cultive la canne dans ses départements d’outre-mer et la betterave en métropole, est 8e producteur mondial de sucre (3,9 millions de tonnes).

Les cinq premiers pays producteurs couvrent plus de la moitié de la production sucrière

Pays

Production de sucre brut (millions de tonnes)

Brésil

33,0

Inde

25,5

Chine

12,2

Etats-Unis d’Amérique

7,8

Thaïlande

6,8

La montée spectaculaire de la production sucrière mondiale répond à la très forte hausse des besoins de consommation (source FOLICHTS, 2007).

Côté consommation…
En 2006-2007, 150 millions de tonnes de sucre ont été consommées dans le monde, soit 20 kilos par habitant et par an. Mais cette moyenne ne reflète pas les disparités entre les pays. Alors qu’elle tend à diminuer dans les pays industrialisés, elle augmente dans les pays en développement. Pour ces pays, la croissance démographique n’explique pas tout, ce sont aussi les modes de vie qui changent, et le sucre en fait partie. Au Vietnam par exemple, elle est passée de 9 kilos à plus de 15 kilos par habitant et par an ces dix dernières années. En France, elle s’est stabilisée autour de 40 kilos — elle était de 2 kilos en 1826 ! Au Brésil, elle atteint 57 kilos et aux Etats-Unis, 32 kilos.

La consommation de sucre : l’usage alimentaire d’abord
La consommation de sucre est très largement dominée par l’usage alimentaire direct en « sucre de bouche » (20%) et les usages alimentaires indirects (75%) — agroalimentaire, restauration hors de la maison. Il ne reste qu’une maigre part aux utilisations pharmaceutiques et chimiques (5%).

Le sucre courtisé par les édulcorants
Le sucre est devenu un produit alimentaire de première nécessité, alors que nous n’avons pas besoin d’en consommer : fruits, céréales et féculents suffisent à apporter les hydrates de carbone nécessaires à l’organisme. La prise de conscience des problèmes sanitaires liés à l’excès de sucre dans l’alimentation (excès de poids, obésité, maladies cardiaques, diabète…) pousse les agroindustriels à développer des produits de substitution, les édulcorants. Ces édulcorants, pour la plupart moins chers à produire que le sucre, explosent dans les pays industrialisés, notamment aux Etats-Unis et au Japon. Toutefois, leurs effets sur la santé restent controversés…

Très instable, le marché mondial du sucre
Le sucre est avant tout destiné à la consommation locale des pays producteurs. Ce sont les surplus de ces pays qui alimentent le marché mondial : en 2006-2007, 52,7 millions de tonnes de sucre ont ainsi été exportées (moins de 30 % de la production mondiale). Comme il s’agit de surplus, la concurrence est rude et les prix pratiqués sont bas et très variables. Toutefois, en marge de ce marché mondial, qui régit 80 % des exportations, des pays ont établi des accords préférentiels qui portent sur les 20 % restants. Ces accords, fondés sur un prix du sucre fixé à l’avance, existent entre la Russie et Cuba, entre les Etats-Unis et certains pays d’Amérique latine et des Caraïbes, à l’intérieur de l’Europe et entre l’Europe et les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique).

Europe et sucre : une note salée
Jusqu’à présent, l’Europe garantissait à ses producteurs de sucre de canne et de betterave des quotas de production, des subventions et un prix d’achat jusqu’à trois fois supérieur au cours mondial ! L’Europe apportait aussi une aide aux importations de sucre des pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique). Mais, depuis 2006, sous la pression de grands pays producteurs (Brésil, Thaïlande et Australie) et de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), l’Europe a programmé la diminution progressive des aides à ses producteurs et aux pays ACP, pour s’aligner sur le prix mondial. Cette réforme se déroulera jusqu’en 2013 et des compensations transitoires sont prévues. Elle aura néanmoins de lourdes répercussions sociales et économiques dans les pays ACP sucriers. Côté Europe, le secteur de la betterave à sucre devra se restructurer : deux tiers des usines sucrières et près de 40 % des exploitations agricoles betteravières devraient disparaitre ! La filière canne à sucre des départements outre-mer français devrait mieux s’en sortir, à condition de trouver de nouveaux débouchés.

Sommaire :

  • La canne à "sucre"
  • La canne à "énergie"

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