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Diversité des tiges de canne. © J.-Y. Hoarau

Dossier constitué à l'occasion de la participation du Cirad au Salon international de l'agriculture de Paris, février 2008.

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Tout savoir sur la canne à sucre

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La canne à "énergie"

© Cedus

La canne à énergie est en croissance spectaculaire sur la planète, pour la production d’électricité et d’éthanol carburant. Il faut dire que la canne a de nombreux avantages. Elle est une des cultures les plus « propres » du monde. Sa rentabilité énergétique est très supérieure à celle des plantes de climat tempéré, comme le maïs ou le blé, pouvant aussi être cultivés pour l’éthanol. De plus, produire de l’énergie à la place du sucre ne compromet pas la couverture mondiale des besoins alimentaires de base. Au Brésil, le pas a été franchi depuis longtemps : la canne est « à énergie » avant d’être « à sucre ».

Le Brésil, pionnier de la filière bioéthanol
L’éthanol carburant, ou bioéthanol, peut être produit à partir de nombreuses cultures, comme le blé, le maïs ou la canne à sucre. Le Brésil développe cette filière à partir de la canne à sucre depuis le choc pétrolier de 1973. Aujourd’hui, ce pays est le premier exportateur de bioéthanol. Avec une production de plus de 17 milliards de litres par an, il dispute aux Etats-Unis la place de premier producteur.

Vers des carburants de deuxième génération
Le bioéthanol n’aurait pas que des avantages… Exemples : sa combustion présenterait des risques pour l’environnement et pour la santé, et sa production à grande échelle impliquerait d’importantes surfaces agricoles. C’est pourquoi les chercheurs travaillent sur les carburants de deuxième génération, dont la production est beaucoup plus rentable sur le plan énergétique et préserve davantage l’environnement. Dans le cas de la canne, il s’agirait alors de valoriser la plante entière, et pas seulement le sucre, par fermentation enzymatique de la cellulose.

Des marchés niches
La canne est de plus en plus convoitée pour de nouveaux marchés, comme la construction, la pâte à papier, la chimie fine.
Aujourd’hui, 10 % de la production mondiale de bagasse sont transformés en pâte à papier ! La production de pâte de bagasse est de l’ordre de 3,2 millions de tonnes par an et concerne surtout l’Inde et Cuba.
A partir de la bagasse, on fabrique des panneaux de particules agglomérées pour l’ameublement, c’est le bagapan.
Le furfural, obtenu à partir de la cellulose des tiges, est une molécule très demandée par l’industrie chimique (résines, plastiques, herbicides, acides…).
Le plastique végétal, ou bioplastique, issu du saccharose de canne a fait son apparition. Le Brésil dispose par exemple d’une usine pilote depuis l’an 2000. Les bioplastiques, qu’ils soient issus du sucre de canne, de l’amidon de maïs ou de pomme de terre, intéressent les marchés des sacs, de l’emballage, de l’agriculture et des produits d’hygiène, car ils sont biodégradables très rapidement.

Quelques exemples…
A Cuba, la bagasse est transformée en papier, en carton et en panneaux agglomérés. En Inde, on fabrique du papier journal de qualité. A Porto Rico, on cultive des variétés riches en fibre pour produire de l’électricité, des produits chimiques, des jus, des sirops, du sucre et de l’éthanol carburant.

Sommaire :

  • La canne à "sucre"
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