Dossier réalisé à l'occasion du Salon international de l'agriculture 2003.
Les recettes longtemps utilisées, comme l’encadrement de la filière par les États ou le système des quotas internationaux de production, ne sont plus opérationnelles.
Face à l’échec des mécanismes traditionnels de régulation, de nouvelles propositions émergent. Elles sont mises en œuvre ou défendues par l’OIC, par des États, seuls ou associés, par des ONG ou encore par des observateurs.
Agir sur le volume de l’offre
L’OIC
propose d’agir sur les quantités par un rehaussement de la qualité minimale
. L’idée est simple. Si des normes de qualité plus strictes sont imposées aux opérateurs, le volume potentiellement exportable serait réduit. L’ONG Oxfam
, entre autres, soutient ce plan, en insistant sur la nécessaire compensation financière à apporter aux petits exploitants, afin de favoriser la transition vers une production de qualité.
Oxfam fait pression pour détruire 5 millions de sacs de stock grâce au financement des industriels et des gouvernements des pays consommateurs.
L’OIC suggère également de soutenir la diversification des produits cultivés par les caféiculteurs, afin d’agir sur les volumes de café..
Agir sur la consommation
La stimulation de la consommation du café est l’une des activités de l’OIC depuis sa création, en 1964. A l’avenir, les consommateurs des pays producteurs de café
seront les principales cibles des campagnes de promotion du café. L’organisation interafricaine du café (OIAC) souhaite également stimuler la consommation à l’échelle du continent africain
, par des actions auprès du public scolaire et par une amélioration de la qualité.
Agir sur la rémunération des producteurs
Le gouvernement du Costa Rica
vient de détruire 220 000 sacs de moindre qualité. En se concentrant sur le très haut de gamme, ce pays cherche à faire profiter ses caféiculteurs d’une réputation « nationale » de qualité, qui leur permette d’écouler leur production à un meilleur prix.
Des analystes comme Stefano Ponte , chercheur en économie au Center for Development Research, considèrent que les niches commerciales des cafés éthiques et des cafés fins, si elles se développaient encore, pourraient faciliter la sortie de crise. Comme ces marchés reposent sur la confiance des consommateurs, il faut que ces derniers disposent d’informations fiables et objectives pour juger de l’équité ou de la qualité du produit qu’on leur propose.
Le Cirad met en place une démarche qui s’apparente à celle qu’a connu la France avec le vin et les appellations d'origine (AOC). Les viticulteurs avaient fini par voir leurs revenus augmenter, à la fois parce que leur produit était meilleur et parce que les consommateurs étaient capables de s’en rendre compte. Ainsi, des recherches tracent les déterminants des qualités, définissent les modes de culture permettant de maîtriser ces déterminants, décomposent la perception gustative des qualités des cafés afin de donner aux consommateurs les outils leur permettant « d’évaluer » les cafés qu’ils dégustent.