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Illustration de Nathalie Le Gall

Actualités

Communiqués et actualités sur la biodiversité

La biodiversité dans les Dom

L'intensification écologique en partage

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J. Weber. © Cirad

Jacques Weber : "Conserver la disponibilité des services offerts par la nature est vital."

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Philippe Feldmann : "Une assurance-vie pour l'humanité."

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Biodiversité et pays du Sud

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Ce qu'il faut savoir

Du gène à l'écosystème

La biodiversité est un concept complexe qui recouvre un grand nombre d’interprétations possibles. Assez classiquement, on distingue trois niveaux principaux de la biodiversité :

  • la diversité intraspécifique, correspondant à la diversité génétique : il s’agit de la diversité des populations, des espèces ;
  • la diversité interspécifique, correspondant à la diversité entre les espèces qui peut être estimée par exemple par un nombre d’espèces dans un milieu donné ;
  • la diversité des écosystèmes , et donc des interactions entre ces différents niveaux et ces différentes espèces : ce niveau peut être considéré comme le plus important, il assure les capacités d’évolution ou d’adaptation.

Les points chauds (hotspots)

Un point chaud de biodiversité est une zone géographique contenant au moins 1500 espèces végétales endémiques mais qui a déjà perdu au moins 70 % des espèces présentes dans leur état originel.
La surface totale des points chauds ne représente que 2,3 % de la surface de la Terre. A l’heure actuelle, 34 zones sont des points chauds. Plus de 50 % des espèces végétales et 42 % des espèces de vertébrés terrestres vivent dans ces points chauds (source : www.biodiversityhotspots.org).
La Réunion, Mayotte, la Guadeloupe, la Martinique, la Nouvelle Calédonie, la Polynésie et Wallis-et-Futuna sont répartis dans quatre points chauds alors que la France métropolitaine n’est concernée que par un seul point chaud, celui de la région méditerranéenne.

Ecosystèmes : mieux connaître la richesse de la nature

mils, sorghos et maïs au Niger. © J. Chantereau, Cirad

Pour maintenir la richesse de la nature et la valoriser, il faut avant tout mieux la connaître. On sait que les champignons et les micro-organismes décomposent la matière organique pour transférer au sol des substances nutritives ; que les abeilles, les papillons, les oiseaux et les chauves-souris pollinisent les arbres fruitiers ; que les forêts empêchent les inondations et réduisent l’érosion… Ainsi, en préservant l’intégrité des plantes, des animaux et de leur environnement, on maintient une série de fonctions essentielles de la nature.

Quand une espèce clé disparaît, elle entraîne avec elle toute une série d’autres espèces qui en dépendaient. Il est donc important d’étudier ces liens et ces interactions entre les espèces. Mais aussi appréhender les phénomènes de « compétition », prédation, parasitisme ou symbiose qui existent entre elles, comme leur capacité à s’acclimater, à s’adapter, voire à coloniser des espaces. Il faut en outre connaître leur « cadre de vie », les écosystèmes et leur aptitude à se reconstituer ou se modifier, à faire face à de nouvelles conditions climatiques...

Bref, étudier et comprendre la complexité de ce monde biologique, qui n’a rien à envier à celle des sociétés humaines ! Pour cela, les chercheurs s’appuient sur de nombreuses disciplines scientifiques et surtout sur les connaissances et les savoir-faire locaux qui constituent une source inestimable d’informations.

Diversité entre espèces : restaurer et mieux gérer l'agrobiodiversité

L’agrobiodiversité, ce sont les espèces cultivées ou utilisées par l’homme, leurs variétés et cultivars sélectionnés depuis l’origine de l’agriculture (biodiversité génétique), mais aussi les systèmes agricoles dans lesquels on les trouve et les espèces sauvages associées qui contribuent au fonctionnement de ces systèmes. Complémentaires de la protection des espèces et des espaces naturels, réservoirs de biodiversité, les utilisations actuelles ou potentielles de la biodiversité contribuent à l'agrobiodiversité.

Les pratiques des agriculteurs assurent un brassage des semences et l’introduction de nouvelles plantes dans les champs. Sous les tropiques, où se concentre la plus grande partie de la biodiversité de la planète, les espèces sous-utilisées sont légion, d’où l’importance de la protection des espaces naturels, mais la très grande diversité de l’agriculture permet aussi de cultiver un très grand nombre d’espèces dans des milieux très divers.

Pour sauvegarder le contexte naturel dans lequel s’inscrit l’action de l’homme, il ne suffit pas de connaître les mécanismes de la nature et de proposer des stratégies écologiquement efficaces pour sa préservation. Il faut aussi, et surtout, élaborer des stratégies compatibles avec le développement économique des populations qui doivent les appliquer ! Il s’agit en effet de permettre un développement durable des sociétés humaines, en prévision des besoins des générations à venir. C’est pourquoi il est indispensable d’impliquer les populations locales dans la gestion de la biodiversité.

Pour cela, la recherche développe une approche globale dans laquelle l’ensemble des acteurs concernés, ou « porteurs d’enjeux », sont pris en compte. Cela passe aussi par la gestion des conflits qui apparaissent inévitablement pour l’accès aux ressources. Par exemple, les espaces protégés également utilisés pour la chasse traditionnelle. Deux conflits sur trois sont des conflits environnementaux. Ceux-ci sont dus, la plupart du temps, à l’absence de règles d’appropriation et d’accès à ces ressources.

Face à ce défi, les scientifiques privilégient une approche pluridisciplinaire, mobilisent des technologies de pointe, s’intéressent aux dimensions écologiques, économiques et sociales de la question, mais aussi juridiques (régime de propriété et de gestion…).

Réguler l'accès aux ressources génétiques et aux espèces protégées et les valoriser

Des problèmes d’accès à ces richesses de la nature et de leur appropriation se posent également à l'échelle internationale. L’enjeu à relever est celui des interactions entre la société et la biodiversité.

La circulation et les échanges liés aux espèces protégées et aux ressources génétiques font ainsi l'objet d'accords et de législations spécifiques. Par ailleurs, désigner des produits agricoles et agroalimentaires originaux par leur lieu de récolte ou de fabrication, usage ancien et répandu, a conduit à la notion d’indication géographique. Les indications géographiques, qui désignent des produits dont une qualité, une caractéristique ou la réputation est due essentiellement à leur zone d’origine, sont devenues un élément important du débat sur le commerce mondial.

Les pays émergents commencent à s'approprier ce concept, conscients que ce signe distinctif leur permettra, dans le contexte d’un marché de plus en plus ouvert, de mieux valoriser leurs productions originales, tant sur le marché intérieur qu'à l'exportation.


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