Agrimonde. Scénarios et défis pour nourrir le monde en 2050. Versailles :
Ed. Quae , 2010. - 295 p.
Sandrine Paillard, Sébastien Treyer, Bruno Dorin, 2010.
Plaquette Agrimonde (10-2009) (PDF - 2,95 Mo)
Synthèse Agrimonde (12-2009) (PDF - 769,95 ko)
Le XXIe siècle doit relever un triple défi pour l'agriculture et l’alimentation : la sécurité alimentaire, la protection de l’environnement et la raréfaction des énergies fossiles. Dans cette perspective, en 2006, l’Inra et le Cirad ont lancé l’initiative d’une plateforme prospective sur les enjeux relatifs aux systèmes alimentaires et agricoles mondiaux à l’horizon 2050. Cette étude a été publiée en 2010 aux éditions Quae.
À travers les deux premiers scénarios étudiés dans cette prospective Agrimonde, il apparait que nourrir la planète en 2050 est possible. A ce premier enseignement s’en ajoute un second : cela pourrait se faire dans le cadre d’un développement durable des systèmes alimentaires et agricoles mondiaux.
Cela suppose toutefois que plusieurs conditions soient remplies. Ainsi, le scénario AG1 dessine un sentier de développement des systèmes alimentaires et agricoles mondiaux qui se veut durable. Il repose sur trois inflexions majeures, à savoir la réduction des consommations alimentaires excessives et des gaspillages, le développement d’une agronomie écologiquement intensive et la sécurisation des échanges internationaux de produits agricoles et agroalimentaires. Ces trois évolutions, interdépendantes, doivent être pensées dans un univers à multiples dimensions (techniques, sociales, économiques, politiques…). Elles nécessitent des investissements importants, un effort substantiel de recherche et de recherche-développement, et des politiques publiques nouvelles aux échelles internationale et nationale.
La question alimentaire est très complexe, en elle-même et dans ses interrelations avec l’environnement, l’énergie, la santé, le développement économique des zones rurales et des pays en développement, etc. Cette complexité ne doit pas effrayer et conduire à l’immobilisme. La démarche prospective invite à anticiper les défis qui s’annoncent au-delà de la situation présente. Les premières mises en débat, en France et sur la scène internationale, des scénarios AGO et AG1, de leurs résultats et de leurs implications, ont déjà permis d’enrichir le questionnement initial, de formuler de nouvelles hypothèses, d’imaginer des futurs alternatifs.
L’Inra et le Cirad ont l’ambition, si ce n’est le devoir, de poursuivre et d’intensifier l’effort ainsi engagé. La mise en place du Global Partnership for Agriculture and Food Security (GPAFS) les y invite, suite au sommet de la FAO de juin 2008 convoqué en réaction aux émeutes de la faim, et au sommet organisé par les Nations unies au début de l’année 2009. Car c’est aujourd’hui que se décident les actions et que se définissent les trajectoires qui permettront demain de couvrir correctement les besoins de chaque être humain en aliments, énergie et biomatériaux, de réduire la pauvreté et les inégalités, d’endiguer la dégradation des biens et services environnementaux. Dans un monde de ressources rares, le facteur le plus rare pourrait être le facteur temps.