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  • Le semis direct sur couverture végétale, une solution pour améliorer les sols des savanes du Laos

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Levée de riz semé directement dans un paillage d’éleusine (Eleusine coracana) et de pois d’Angole (Cajanus cajan), 25 jours après semis : sur le sol couvert et nivelé, les résidus forment une barrière physique contre le ruissellement des eaux de pluie, qui limite les risques d’érosion, d’autant que le sol présente moins d’aspérités en surface ; le couvert va également servir de protection contre le rayonnement solaire et permettre de conserver plus longtemps l’humidité du sol. (© P. Lienhard/Cirad)

Photo

Levée de riz sur sol labouré, 25 jours après semis : le sol nu et irrégulier entraîne une plus grande sensibilité à l’érosion et à l’évaporation, avec, de façon visible, une irrégularité dans la répartition de l’humidité du sol − présence de zones sèches et de zones encore humides − et donc une discontinuité dans l’alimentation hydrique des plantes. (© P. Lienhard/Cirad)

Partenaires

  • AgroSup Dijon (France)
  • Institut national de la recherche agronomique (Inra, France)
  • National Agriculture and Forestry Research Institute (Nafri, Laos)
  • Programme sectoriel en agroécologie (Prosa, Laos)

Pour en savoir plus

Lienhard P., Tivet F., Chabanne A., Dequiedt S., Lelièvre M., Sayphoummie S., Leudphanane B., Prévost-Bouré N.C., Séguy L., Maron P.A., Ranjard L., 2012. No-till and cover crops shift soil microbial abundance and diversity in Laos tropical grasslands. Agronomy for Sustainable Development , Doi : 10.1007/s13593-012-0099-4

Contact

Pascal Lienhard
Vientiane, Laos
Systèmes et ingénierie agronomique

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Le semis direct sur couverture végétale, une solution pour améliorer les sols des savanes du Laos

08/2012

Les savanes herbacées du Laos sont des terres acides et lessivées, aujourd’hui peu exploitées. Une équipe du Cirad s’est intéressée à leur mise en valeur agricole en analysant, pour différents modes de culture, l’évolution des propriétés physico-chimiques des sols et des communautés de micro-organismes qui y vivent, deux composantes essentielles de la fertilité des terres. Elle a ainsi mis en évidence l’intérêt du semis direct sans labour. Associé à la restitution d’un maximum de résidus de récolte, il améliore rapidement les propriétés physico-chimiques et biologiques des sols, autorisant ainsi une production agricole pérenne.

Les pratiques agricoles modifient les propriétés physico-chimiques des sols, qui à leur tour affectent les micro-organismes qui y vivent, entraînant ainsi des changements dans le fonctionnement biologique et la qualité des sols. Les interactions entre ces trois composantes sont cependant mal connues, en particulier dans les milieux tropicaux.

Une équipe du Cirad, en partenariat avec des chercheurs laotiens et français, s’est penchée sur leur étude dans les sols de savanes herbacées des régions montagneuses du nord-est du Laos. Ces espaces fortement acides et lessivés, aujourd’hui peu mis en valeur, pourraient être convertis en terres agricoles et, moyennant de bonnes conditions d’exploitation, permettre d’augmenter et de pérenniser la production agricole dans ces régions qui doivent faire face à une pression démographique croissante.

Une évolution rapide des caractéristiques physico-chimiques

Deux modes de travail du sol -- avec ou sans labour -- ont été testés sur une rotation triennale de riz, maïs et soja ; la rotation étant conduite selon quatre modalités : trois systèmes sans labour de semis direct sur couverture végétale, qui se différencient par les plantes de couvertures associées avant et avec les cultures principales, et un système conventionnel basé sur un labour annuel. L’étude a débuté en 2008 et, deux ans après la conversion de ces terrains en terres agricoles, une évaluation a été réalisée en prenant pour référence le pâturage naturel environnant.

Malgré un nombre limité d’années de culture, les pratiques culturales ont profondément modifié les caractéristiques des sols. L’effet a été particulièrement significatif dans les parcelles cultivées selon les systèmes du semis direct sur couverture végétale, qui, contrairement à celles conduites de manière conventionnelle, ont connu une amélioration de leurs caractéristiques physico-chimiques : la stabilité structurale et la teneur en matières organiques des sols ont augmenté et leur capacité d’échange cationique, qui mesure la disponibilité des éléments nutritifs pour les plantes, a progressé.

Un effet positif sur les micro-organismes

Le semis direct a également eu un effet positif sur l’abondance microbienne : la biomasse totale a augmenté de même que les densités bactérienne et fongique. La structure génétique des communautés bactériennes du sol a, elle aussi, été affectée par les pratiques culturales et des différences ont été relevées entre semis direct sur couverture végétale, système conventionnel et pâturage naturel environnant.

Mais l’abondance et la diversité bactérienne ne sont pas influencées par les mêmes facteurs : alors que la densité bactérienne dépend, entre autres, de la diversité des résidus de récolte restitués au sol, ce facteur n’intervient pas dans la structure génétique bactérienne, qui est, quant à elle, principalement déterminée par le pH du sol.

Cette étude représente l’une des évaluations environnementales de pratiques agricoles les plus complètes en milieu tropical acide. Elle débouche concrètement sur un certain nombre de recommandations quant à la mise en valeur des savanes herbacées du Laos et, plus généralement, des milieux tropicaux soumis aux mêmes contraintes.

Il est, en particulier, préconisé d’y conduire les cultures sans travail du sol en favorisant une restitution maximale de résidus de récolte. On peut ainsi rapidement améliorer les propriétés physiques, chimiques et microbiennes des sols, et y établir les bases d’une agriculture pérenne.


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