05/05/2011 - Portrait
« La neige m'a accueillie à mon arrivée à Montpellier, le 7 mars 2010. Comme il s'agit d'un évènement exceptionnel, ce fut un privilège pour moi, qui n'en avais jamais vu. Mais après ce grand froid, j'ai pu également sentir la chaleur de l'accueil que m’ont réservé les gens que j’ai eu la chance de rencontrer dans les unités mixtes de recherche Amap au Cirad et Diade à l'Ird. Je les remercie ainsi que la communauté malgache qui y est fortement présente et qui m'aide à supporter l’éloignement... »
C’est ainsi que Domohina commente son arrivée à Montpellier, l’année passée. Domohina Noromalala Andrianasolo est doctorante à l’unité de recherche Amap, elle est inscrite en 2e année de thèse à l’école doctorale Sibaghe de l’Université Montpellier 2. Elle effectue une thèse en alternance (6 mois à Montpellier et 6 mois à Madagascar) jusqu’à fin 2012, sur un projet de recherche nommé Magena (Architecture et génétique chez les Mascarocoffa) et financé par Agropolis Fondation, en partenariat avec l’unité mixte de recherche Amap (botAnique et bioinforMatique de l’architecture des plantes), le Fofifa ( Foibe Fikarohana ampiharina ho Fampandrosoana ny eny Ambanivohitra), Centre national de recherche appliquée au développement rural à Madagascar et l’unité mixte de recherche Diade (Diversité adaptation et développement des plantes).
Le sujet de sa thèse est l’architecture et la génétique chez les Mascarocoffea. Elle est encadrée par Philippe de Reffye et Sylvie Sabatier de l’unité mixte de recherche Amap, en collaboration avec Perla Hamon, de l’unité mixte de recherche Diade, à Montpellier, et Jean-Jacques Rakotomalala, du Fofifa, à Madagascar.
Cinquante-trois espèces de Mascarocoffea Chev. sont endémiques de Madagascar, comprenant tous les caféiers sauvages de Madagascar, des îles Mascareignes et de l’archipel des Comores. La déforestation et les activités anthropiques ont toutefois provoqué dans l’île une forte fragmentation de la forêt et modifié les écosystèmes. C’est pourquoi certaines espèces forestières, dont les Mascarocoffea, sont fortement menacées d’extinction. Les questions qui se posent dans le cadre de cette étude sont les suivantes : comment les espèces vont-elles moduler leur croissance en réponse au changement de l’environnement ? Quelle est la part de la variabilité génétique entre les espèces, entre les populations dans la variabilité phénotypique observée par l’étude de l’architecture suivant des stimuli extérieurs comme la variation des conditions environnementales ? Parmi les paramètres déterminés agissant sur la croissance et le développement des Mascarocoffea, quels sont ceux qui sont stables et qui permettraient de comprendre l’effet de l’environnement sur leur architecture ? Pour répondre à toutes ces questions, les traits morphologiques et architecturaux inter et intra-spécifique et entre population seront mis en relation avec les facteurs génétiques et environnementaux qui les déterminent et avec le fonctionnement à travers une approche de modélisation pour comprendre les caractéristiques de la croissance et du développement des Mascarocoffea . Les résultats constitueront un outil permettant de déterminer la contribution de la connaissance des paramètres stables dans l’adaptation des Mascarocoffea et de tracer des lignes directives pour leur conservation.