Cet ouvrage part d'un constat. Les échanges internationaux ont fortement progressé ces deux dernières décennies et représentent une source importante de revenus pour les pays en développement. Pourtant, si nombre d'entre eux sont depuis longtemps producteurs et exportateurs de produits tropicaux, ils sont toujours aussi pauvres.
A partir de l'étude de la « chaîne globale de valeur » du café, les auteurs considèrent de manière nouvelle le problème du développement des pays exportateurs de produits de base. Ils analysent ainsi le paradoxe du café — la coexistence d'un boom du café dans les pays consommateurs et d'une crise du café dans les pays producteurs — et prouvent que le paradoxe du café existe parce que le café que les agriculteurs vendent et celui que les consommateurs achètent sont de plus en plus différents. Les consommateurs ne payent pas une qualité matérielle, mais plutôt des attributs symboliques. Et tant que les caféiculteurs et leurs organisations ne contrôleront pas, au moins en partie, cette production « immatérielle », ils continueront d’être faiblement rémunérés. Au-delà de l'étude de cas, cet ouvrage contribue à un profond renouvellement de l'analyse de la filière.
Benoît Daviron, benoit.daviron@cirad.fr
Upr Normes et régulation des marchés agricoles
Daviron B., Ponte S., 2005. The coffee paradox: global markets, commodity trade and the elusive promise of development. Londres, Zed Books, 296 p.
Daviron B., Ponte S., 2006. La paradoja del café: mercados globales, comercio de bienes primarios y la esquiva promesa del desarrollo. Bogotá, Fedecafé de Colombia, Fondo Nacional Cafetero, International Coffee Organisation, 288 p.