30/01/2013 - Communiqué de presse
Le Cirad et l’université de Wageningen joignent leurs forces pour explorer la faisabilité d’un partenariat de recherche Europe - Afrique sur les “les voies d’une intensification durable de l’agriculture”.
Intensification durable, agro-écologie, nouvelle révolution verte… Tous ces concepts apparaissent tour à tour dans plusieurs documents stratégiques sur le futur de l’agriculture en Afrique, depuis le document cadre du Fara sur la productivité agricole jusqu’au rapport d’Olivier de Schutter aux Nations Unies sur l’agro-écologie.
Il y a de fait un accord général sur le fait que l’agriculture africaine évoluera rapidement dans les prochaines années pour faire face aux défis du continent en termes de sécurité alimentaire et d’emploi pour ses populations, de bonne gestion de ses ressources naturelles et de contribution à la croissance économique sans dégrader la fourniture des services environnementaux. Mais la multiplication des concepts et les visions souvent divergentes sur le futur de l’agriculture africaine illustrent en même temps que cette « modernisation » peut suivre une large diversité de voies et que nous ne disposons pas d’une analyse comparative des conditions et des conséquences de chacune d’entre elles.
Bien que diverses institutions européennes et africaines conduisent conjointement des recherches dans ce domaine, ces investissements manquent d’intégration, de visibilité et ils ne constituent pas une approche coordonnée permettant des comparaisons sur des bases scientifiques ou produisant des éclairages utiles pour les producteurs et les décideurs politiques.
C’est sur la base de ce double diagnostic, et reconnaissant en même temps que le besoin de comparer les diverses voies d’intensification est aussi important pour le futur de l’agriculture européenne et cadre parfaitement avec les priorités du futur programme cadre Horizon 2020, que le Cirad et l’Université de Wageningen ont initié des discussions sur cette ambitieuse initiative de partenariat, entre l’Europe et l’Afrique, sur les voies de l’intensification durable.
Une première consultation avec les partenaires européens a eu lieu à Wageningen le 24 septembre 2012, réunissant 13 institutions provenant de 12 pays européens. Les participants ont exprimé leur soutien à l’initiative et ont travaillé à une première note de cadrage. Dans l’approche proposée, l’intensification durable serait considérée à différentes échelles avec une attention spécifique à la question des risques et des vulnérabilités. L’intensification ne serait pas limitée à la question du rendement à l’unité de surface mais serait analysée comme une dynamique d’amélioration globale de la production des divers biens et services, en tenant compte de leur poids dans la sécurité alimentaire et des moyens d’existence des populations rurales.
Cette initiative visera à questionner, comparer, évaluer les diverses voies d’intensification par rapport à leur viabilité en termes économiques, environnementaux et sociaux ; elle s’appuiera sur les sciences agronomiques et écologiques, de même que sur les sciences sociales, économiques et politiques. Elle inclura également une composante de formation et d’animation d’un réseau scientifique, et mobilisera les approches transdisciplinaires et les acteurs pour définir les agendas de recherche.
Les participants ont proposé que cette initiative se base sur – et complète - les nombreux programmes en cours dans ce domaine en Afrique avec l’ambition de fournir aux décideurs, depuis les exploitations agricoles jusqu’aux niveaux nationaux et internationaux, des éléments de connaissances et de comparaison solides.
Depuis septembre 2012, les institutions européennes intéressées ont approché leurs autorités nationales pour obtenir leur soutien dans le montage de cette ambitieuse initiative pan-européenne. Les leaders Africains, au niveau du FARA et du NEPAD, ont été informés et ont manifesté leur grand intérêt pour cette initiative.
Les étapes suivantes seront consacrées à élaborer de façon plus approfondie cette initiative, en interaction avec nos partenaires africains et à informer officiellement la Commission Européenne sur ces développements. Une réunion des partenaires est prévue en mars 2013 à Montpellier, de même qu’un rendez-vous de travail avec les services de la Commission dans les prochaines semaines. Ces étapes permettront d’avancer sur cette initiative, qui est tout à fait importante dans la mesure où la Commission est engagée dans la préparation du lancement en janvier 2014 du prochain programme cadre de la recherche, Horizon 2020.
[1] Catholic University of Leuven (BE), Centre de Cooperation Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (FR), University of Copenhagen (DK), University of Hohenheim (DE), University of Bonn (DE), University of Greenwich (UK), Szent Istvan University (HU), Netherlands Organisation for Scientific Research (NL), Instituto de Investigaçao Cientifica Tropical (PT), Czech University (CZ), Swedish University(SE), Swiss Federal Institute of Technology (CH), Wageningen University and Research Centre (NL).