Le site du Lycée de la Canourgue
Le site de l’ Itavi
Le site de l'Asian Institute of Technology
Le site de l’
ARDA
16/02/2012 - Communiqué de presse
Utiliser les effluents des bassins d’élevage de poissons pour nourrir des plantes tout en retraitant naturellement l’eau : tel est le principe de l’aquaponie. C’est aussi un projet ambitieux intitulé Apiva (Aquaponie, innovation végétale, aquaculture). Il réunit le Lycée de la Canourgue en Lozère, l’Itavi, le Cirad de Montpellier et de Bangkok et de nombreux professionnels de l’aquaculture.
Le Cirad et son Unité mixte de recherche Intrepid, Intensification raisonnée et écologique pour une pisciculture durable, se sont donc investis pour cette technique innovante d’aquaculture qui associe à bénéfices réciproques des élevages aquacoles avec la l’hydroponie (cultures hors-sol sur solutions nutritives).
L’initiative vise aussi à développer une plateforme innovante de recherche et d'enseignement autour de cette nouvelle forme d'aquaculture intégrée . Un important partenariat s’est également développé à ce jour entre des centres de recherche et de développement, des lycées agricoles, des universités françaises et internationales, des entreprises, des organisations professionnelles et des représentants des pouvoirs publics.
Dans un système aquaponique, les cultures végétales traitent l’eau en prélevant l’azote et le phosphore produits par les élevages aquatiques. L’atelier aquacole fournit quant à lui les éléments fertilisants nécessaires à la croissance des plantes, grâce aux déchets d'élevage qui sont alors valorisés au lieu d'être rejetés et de polluer l'environnement. Le système peut alors fonctionner en circuit fermé, avec recyclage intégral de l'eau.
La technique connaît un engouement important, notamment en Australie et aux Etats-Unis, mais aussi dans les zones arides où l’eau est rare et dans les zones urbaines où le foncier est coûteux.
Des kits d'aquaponie sont déjà disponibles tout en restant plutôt destinés à une utilisation de loisir qu'à une production économique. Pourtant, et dans une perspective d'intensification écologique, l'aquaponie est appelée à se développer dans le monde entier dans les années qui viennent.
Le Cirad travaille actuellement sur ces systèmes avec l’AIT (Asian Institute of Technology), une université internationale très réputée dans le domaine de l'aquaculture asiatique. En Asie et notamment en Thaïlande où l'aquaculture est une activité traditionnelle largement répandue, la production aquaponique se trouve confrontée à la concurrence des modes de production traditionnels.
Dans le contexte actuel, la technique n’est en effet économiquement rentable qu’avec des espèces à haute valeur ajoutée, mais elle est très pertinente pour alimenter le marché de la capitale Bangkok. Aussi l'AIT et le Cirad, via l'encadrement d'une étudiante en PhD, s'attachent-ils à concevoir un système original de recyclage aquaponique associant le tilapia rouge, un micro-crustacé filtreur recherché sur le marché aquariophile et la laitue. Ces espèces ont été sélectionnées en fonction de leur prix de vente en Thaïlande, ce qui permet d’envisager un système économiquement rentable face à la concurrence des produits issus de systèmes agricoles et aquacoles traditionnels.
Cette collaboration Cirad-AIT sera prochainement étendue à l'île de la Réunion par le biais d'une expérimentation avec l'ARDA (Association Réunionaise pour le Développement de l'Aquaculture). C’est aussi aux fins d’optimiser au mieux le système qu’un prototype à grande échelle de cultures hydroponiques de laitues associées à des élevages de tilapia, a déjà été mis en place.
Il est à noter qu’un pilote d’aquarium fonctionnant en aquaponie sera exposé sur le stand du Cirad au prochain Salon de l’agriculture de Paris.