Le communiqué de presse de la conférence
Sur le site du Cirad Innovons ensemble pour les forêts de demain
16/12/2011 - Communiqué de presse
Les connaissances acquises depuis plus de 100 ans dans le domaine de la sylviculture tropicale sont très peu prises en compte par les gestionnaires des forêts. Pourtant il est urgent de convaincre. De nouveaux acteurs tout comme de possibles compensations du coût de la sylviculture pourraient faire effet de levier. C’est ce qu’ont montré les experts lors de la conférence internationale « Priorités de recherche en sylviculture tropicale : vers de nouveaux paradigmes ? » organisée à Montpellier du 15 au 18 novembre dernier.
En forêt tropicale, l’exploitation rime-t-elle forcément avec dégradation ? La réponse est non. Les exposés de la conférence internationale IUFRO « Priorités de recherche en sylviculture tropicale : vers de nouveau paradigmes ? » organisée à Montpellier du 15 au 18 novembre dernier l’ont clairement démontré. En effet, d’une part, les forêts exploitées selon de bonnes pratiques de gestion conservent une forte biodiversité et d’autre part, des interventions sylvicoles après exploitation permettent d’assurer une production soutenue et durable de produits forestiers. Mais à l’heure actuelle, les recommandations formulées par la recherche ne sont pas appliquées par les gestionnaires. Comment alors inciter ces derniers à mettre en œuvre une sylviculture ? C’est là tout l’enjeu de la recherche qui a été mis en exergue lors de la conférence.
Appliquée à grande échelle, la sylviculture comporte un coût que peu de gestionnaires forestiers se déclarent prêts à assumer. Aujourd’hui, les chercheurs montrent que, si la sylviculture est reconnue comme un outil permettant de préserver les forêts tropicales tout en tirant des bénéfices économiques, son coût reste élevé. Un financement par des mécanismes de paiements pour services environnementaux pourrait cependant être envisagé. Reste encore à donner vie à cette idée pour espérer convaincre. Pour cela, les sciences forestières devront tester à grande échelle des traitements sylvicoles post-exploitation afin d’en évaluer les coûts et bénéfices tant d’un point de vue économique que d’un point de vue environnemental.
Les forêts tropicales, dont l’exploitation a débuté il y a plus de 60 ans, présentent aujourd’hui un appauvrissement flagrant de leurs ressources. Pourtant, au-delà du bois d’œuvre, les produits forestiers non ligneux (fruits, graines, résines, écorces, gibier) ou l’écotourisme représentent aujourd’hui d’autres revenus offerts par les forêts tropicales. Les populations rurales - communautés forestières ou agriculteurs - l’ont bien compris. Constituant de nouveaux acteurs dont la sylviculture doit tenir compte dans le domaine de la gestion forestière, ces populations pourraient également servir de levier d’action.
L’émergence de nouveaux marchés de paiements pour services environnementaux ouvre des opportunités de valorisation économique des services fournis par les forêts, en particulier la biodiversité et le stockage de carbone. La sylviculture de demain doit trouver les meilleurs compromis entre production de biens et préservation des services. Elle s’adressera en outre, inévitablement, à des forêts perturbées, parfois dégradées, qu’il faudra gérer de façon rigoureuse.