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 Aedes albopictus – le moustique tigre ©  Institut Pasteur

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EDENext : haro sur les tiques, insectes, rongeurs, autres vecteurs et réservoirs de maladies émergentes

28/03/2011 - Communiqué de presse

« Biologie et contrôle des infections vectorielles en Europe » , tout un programme pour EDENext, un projet de recherche (2011-2014) du volet Santé du 7e programme cadre pour la recherche et le développement technologique de la Commission européenne, qui vient d’être signé par le Cirad et ses 46 partenaires (dans 22 pays).

Comme l’explique d’emblée Renaud Lancelot, chercheur au Cirad et coordinateur d’EDENext : « ce projet s’inscrit dans la continuité d’ EDEN (2004-2010) qui ciblait l’effet des changements environnementaux sur l’émergence de maladies à transmission vectorielle (moustiques, tiques, etc.). EDENext va plus loin qu’EDEN dans la compréhension des mécanismes écologiques et biologiques aboutissant à des épidémies de telles maladies. Nous mettons un fort accent sur les facteurs sociaux et économiques favorisant les contaminations pour proposer des actions de prévention adaptées aux contraintes des populations exposées ».

Des questions de santé publique au Nord comme au Sud

Parmi les nombreux « tandems » vecteurs – agents pathogènes étudiés dans le projet, un accent particulier est mis sur les aspects de santé publique pour deux d’entre eux : les Hantavirus causant la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), transmis par des rongeurs, et le Nairovirus responsable de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, transmis par des tiques.

Plusieurs Hantavirus sont présents en Europe et dans les régions voisines. Ainsi, le virus Puumala est très répandu dans les écosystèmes forestiers d’Europe de l’Ouest et de Scandinavie (3500 cas détectés en Finlande durant l’hiver 2008). Les facteurs environnementaux contrôlant les populations de rongeurs sont différents dans les deux cas, soulignant le besoins d’études comparées. Cependant, le mode de contamination de l’homme est identique : inhalation de poussières contaminées par l’urine ou les fèces de rongeurs infectés. L’infection humaine est souvent liée à la profession des victimes (travaux forestiers, agriculture), ou à leurs activités récréatives. Les situations de crise économique sont également favorables à l’émergence des maladies transmises par les rongeurs.

La fièvre hémorragique de Crimée-Congo est en forte émergence en Turquie et dans le sud-est de l’Union européenne. Elle est endémique dans de nombreux pays d’Afrique et du Moyen Orient. L’homme s’infecte par des morsures de tiques ou lors d’abattage de ruminants porteurs du virus. C’est également une maladie nosocomiale, le personnel des dispensaires et hôpitaux de ces régions lui payant un lourd tribut.

Les travaux de recherches sont organisés par groupe de vecteurs

• Les tiques et le risque de transmission de « nouveaux » pathogènes, ou du virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo.

• Les moustiques comme Aedes albopictus (photo) et le risque de transmission des virus de la dengue, de chikungunya ou encore de West Nile, ou les Culex et le risque de transmission du virus West Nile. Ce dernier a causé un important foyer d’encéphalite humaine en Grèce l’été dernier, et plusieurs autres en Roumanie, en Europe centrale et autour du bassin méditerranéen.

• Les phlébotomes et le risque de transmission de l’agent de la leishmaniose ou de virus responsables d’encéphalites dans plusieurs pays du pourtour méditerranéen.

• Les moucherons piqueurs culicoïd es et le risque de transmission de virus responsables de maladies animales : fièvre catarrhale ovine, ou peste équine qui touche une grande partie de l’Afrique dont le Sénégal, partenaire du projet EDENext, tout en menaçant la Méditerranée et l’Europe.

• Les rongeurs et insectivores transmettant des virus tels que les Hantavirus, les Orthopox virus, et les virus du complexe de la chorioméningite lymphocytaire. : il est important de comprendre les mécanismes d’émergence et de transmission de ces agents pathogènes dans les écosystèmes européens.

Dans chaque groupe, les activités concernent d’une part les mécanismes d’émergence et de diffusion des populations de vecteurs et d’agents pathogènes, et d’autre part l’évaluation des méthodes disponibles pour le contrôle des populations de vecteurs. Il s’agit de proposer en fin de compte des stratégies de lutte adaptées et respectueuses de l’environnement. Des équipes spécialisées viennent en appui pour fournir les données géographiques, environnementales ou climatiques nécessaires, ou les aider à développer des modèles des risques d’introduction, d’émergence ou de diffusion des vecteurs et pathogènes.

Outre la compréhension et la modélisation de ces risques, la ligne de force du projet porte sur les stratégies d’intervention et de contrôle. « Comment intervenir contre ces maladies pour lesquelles des vaccins sont rarement disponibles ? » souligne Renaud Lancelot. « Nous cherchons à comprendre les mécanismes biologiques et épidémiologiques pour développer des modèles et cartes de risque permettant d’améliorer la prévention et l’intervention en tout début d’épidémie, quand on peut encore éteindre l’incendie. Il est également capital de comprendre comment les gens se contaminent, quelle est leur perception des risques sanitaires associés aux vecteurs et agents pathogènes transmis, afin de délivrer des messages qui leur soient compréhensibles et acceptables. »

C’est un ensemble cohérent de méthodes de lutte et de stratégies de contrôle intégrées qui sont ainsi fournies aux gestionnaires de santé aux fins d’informer et protéger les populations au Nord comme au Sud.

A noter que le Kick-off meeting EDENext se déroulera du 29 au 31 mars 2011 à Budapest, Hongrie.

  • Catégories : Science

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